RHUMATISME ARTICULAIRE
Depuis, il ne se plaint plus que d’une légère sensibilité a la l'esse quand il marche; celle sensibilité diminue tous les jours. Le 17, il se tient droit en marchant. Il sort le 18, n’accusant plus que cette légère sensibilité qui est très tenace.
Observation XCI. — lihumatisme articulaire apyrétique. —
Amélioration passagère après ch ique suggestion ; guérison
graduelle. — Augmentation de la force dynamométrique par
In suggestion.
W..., seize ans, maçon, est malade depuis quarante-cinq jours ; il a, depuis le début, une douleur au talon droit et à la partie interne postérieure du pied, à la tubérosité interne du calcanéum ; il a mal quand il marche >ur le talon. Dans le même pied, on constate de la douleur avec gonflement et rougeur à l’articulation métatarso-phalangienne du gros orteil. Il y a vingt-cinq jours, le poignet gauche était enflé et l’est resté pendant huit jours; cela l'empêchait de soulever les moellons, et, après une ou deux heures de travail, il était obligé de s’arrêter. Il a encore un peu de gonflement du poignet et une douleur au carpe, surtout vers la lete du deuxième métacarpien.
Entré à l’hôpital le 2"> octobre 1883. je l' hypnotise : il n'arrive qu'à un sommeil léger : engourdissement avec un commencement île catalepsie suggestive. Lotie première séance ne détermine pas il changement .
Deuxième séance le ï(>. Il dit que la douleur est moindre après et marche un peu mieux toute la journée.
Le 27, les. douleurs sont revenues, peut-être un peu moindres à l'articulation du gros orteil droit et au talon droit, certainement moindres à la pression du poignet et du carpe.
Troisième séance. Amélioration immédiate quant aux douleurs. Cette amélioration persiste de II heures du matin jusqu'à 4 heures; puis les douleurs reparaissent. Il est sorti dans la journée.
Le 28, le poignet va mieux : le malade le plie plus facilement. Mais il ne peut se tenir debout sans douleur. — Une nouvelle hypnotisation (entrourdissement simple) avec sng-
OIISKItV ATIO.N
gestion diminue un peu les douleurs; il marche mieux. Dans la nuit il a de nouveau très mal. .
2'.». — Lu main gauehe amène le dynamomètre à 31 ; après suggestion hypnotique a 40. Dit avoir moins mal qu'avant ; mais la douleur n'est pas complètement disparue.
La suggestion amène chaque fins une diminution notalde des douleurs articulaires ; le malade marche chaque fois mieux, mais le résultat obtenu ne se maintient pas complètement.
Le 31, la main gauche au dynamomètre donne 43 avant la suggestion et 32 après.
lor novembre. Les douleurs deviennent tous les jours moindres, bien que nous fassions marcher le malade pour exclure l'influence curative du repos; il marche mieux. Les deux talons ne sont presque plus douloureux ; mais la douleur est plus accusée aux articulations métatarso-phalangiennes. A la main, il n'y a plus qu’une légère sensibilité. Continuation île la suggestion.
Le 2, il va bien ; n'accuse pas île douleur spontanée et presque rien à la pression. La main an dynamomètre donne 30 avant et 33 après la suggestion.
Le 4, il dit avoir plus mal à la tubérosité du calcanéum ; mais n'accuse plus de douleur à l’articulation métatarsophalangienne, ni à la main. Nouvelle suggestion; la douleur calcanéenne est moindre. Lo malade, notablement amélioré, quitte l’hôpital.
Oiiservation XC1T. — Douleurs rhumatismales datant de trois
ou quatre mois aux articulations acromio - claviculaires.
Guérison totale en deux séances; sommeil léger.
Emile L..., verrier, âgé de soixante et un ans, vient à la consultation le 31 novembre, pour des douleurs rhumatismales datant de trois à quatre mois. Il n'a jamais eu de rhumatisme articulaire aigu, mais, il y a neuf ans, une sciatique pendant trois ans.
Actuellement les douleurs existent dans les deux épaules, surtout à droite ; leur siège est au niveau des articulations acromio-claviculaires ; un autre point douloureux existe audessus de l’épine iliaque antérieure et supérieure gauche. Il
non. mis miumatismai.ks •••’>
so manifeste surlout quand le malade se baisse, el donne alors lieu à des élancements. De plus douleurs vagues dans les deux genoux.
Le malade est hypnotisé le :il ; hr degré, sommeil léger. Au réveil, les douleurs d s genoux ont dùparu; celles des épaules sont beaucoup moins rives; le malade qui, depuis trois semaines. ne pouvait s’habiller peut le faire maintenant, l’épaule gauche surtout est presque dégagée.
Devient le 3 novembre. Nouvelle hypnotisation, sommeil léger. Au réveil il ne sent plus aucune douleur nus épaulés , mais toujours une sensation douloureuse < r< l epiiv dingue antérieure gauche. Après uw second, hypnotisation immédiate (sommeil au 2' degré . toute - n-s douleurs ont dispU’U , tous les mouvements sont libres.
Ouskrvation \<dll. Douleurs rhumatismales musculaires dans le bras gau hr, puis dans 1 1 jambe droite. — Guérison chaque fois en une seul se in e hypnotique.
Marie \.... âgée de dix aie. vient me voir le 20 février 1 880. Celte enfant, bien portante d'habitude, sans maladies antérieures, accuse depuis quatre à cinq jours une douleur dans le bras droit, Le bras est sensible à la pression : l’enfant ne peut le porter sur la tète. J rendai s par simple occlusion des paupières ; je suggéré la disparition de la douleui , je fais quelques frictions sur le bras. Au réveil, 1 enfant na souvenir de rien. Lu douleur est pies, pic complètement disparue, et elle peut porter facilement le bras sur la tète. Dans la journée, toute sensation douloureuse s'elTao' sans retour Le l i avril, l’enfant revient. Depuis la veille, Il i heures du soir, elle a une douleur dans la jambe et la cuisse droites. La pression est douloureuse à la face antérieure des deux membres. Elle marche en traînant la jambe, le genou el le cou de-pied presque raides.
Je la remets en somnambulisme, je suggère la disparition de la douleur. Au ré r il . elle n'a presque }>lus de douleur, mais trame encore la jambe, quoique moins. Je. lu rendors une seconde fois, je réitère la suggestion : je la fais marcher pendant son sommeil, en l’enlrainant rapidement, lu réi-- il, elle marche liés bien, cl ne traiue plus que très légèrement la jambe; n’accuse plus aucune douleur. Le père me dit 1*
OBSERVATION
lendemain qu’elle e«l rentrée à la maison, en sautant et qu’elle est totalement guérie.
Observation XCIV. — hhumatisme blennorrhagique datant de plus de trois mois. — Douleurs à la plante des pieds guéries ni quelques séunees de suggestion. — Douleurs malléolaires et lombo-dor sales, très tenaces. — Guérison presque complète en cinq semaines.
I)... (Eugène), âgé de trente-sept ans, voyageur de commerce, ancien cuirassier de Ueichslioffen, entre à la clinique le 19 mars 1887. Il a contracté en septembre dernier une blennorrhagie dont la période aiguë a duré trois semaines et dont il conserve une goutte militaire. Deux blennorrhagies antérieures, il y a dix-huit et onze ans,
En décembre, il fut pris de douleurs vives dans les chevilles et les cous-de-pied sans rougeur, sans fièvre. Le gonflement augmentait surtout par la marche; il continua à marcher, mais très difficilement et avec un bâton. Depuis quatorze jours il ne peut plus marcher; les douleurs n'existent plus au repos, mais par la station debout. Depuis deux mois aussi, fortes douleurs dans les reins qui sont continues et l’empêchent de dormir.
Il eut aussi une conjonctivite aiguë qui dura huit jours; au début douleur au niveau de la clavicule gauche qui a disparu. Dans les premiers jours de janvier douleurs dans les articulalions temporo-maxillaires qui ont persisté quinze jours. — N’a pas eu de maladie antérieure.
C’est un homme de forte constitution, bien charpenté, d’un tempérament mixte. 11 a les pieds plais; on ne constate à l’examen du 21 mars, ni gonflement, ni douleur à la face dorsale des pieds ; gonflement notable au-dessous des deux malléoles internes, surtout de la droite. Il les fléchit et les étend, mais le mouvement de flexion dorsale est douloureux; il localise ces douleurs au-dessous des malléoles internes. A la pression, la douleur est très vive au niveau des deux malléoles plus à droite qu’à gauche; elle est très vive aussi à la plante des pieds, au niveau de l’aponévrose plantaire: les talons sont indolores. Le malade marche difficilement et n'appuie que sur le talon; il évite île fléchir les pieds.
Il H U.M ATI SM K BLKNNOUHAGHJUE 55 3
— De plus, douleurs spontanées et à la pression de chaque côté de la colonne vertébrale depui- l’anyle des omoplates jusque vers le sacrum. — Les autres fonctions sont normales.
Le 21 mars, D... Kugène. est très facilement mis en somim il pr ifon l, avec amnésie au réveil. Suyy ■ si ion. — Malgré la suggestion, il n'a pas dormi la nuit à cause des douleurs dorsales. Toutefois la pression de cette région, le lendemain 22, provoque moins de douleurs que la veille. La suggestion hypnotique est continuée presque tous les jours.
Le 22, je le fais marcher pendant le >ommeil; il marche bien, quand pai une suggestion vigoureuse un peu prolongée avec quelques frictions, j'ai neutralisé la douleur; alors il appuie toute hi plante de* pii ils sur le sol, ce qu'il ne pouvait faire avant, et se redresse*, tandis qu'il était courbé- par la douleur dorsale. — Au réveil, il va bien, mais au bout de quelque temps, les douleurs reparaissent.
Le 24, il accuse moins de doul>uis Ions le dos et ans plantes îles pieds. Mais il ne dort pas la nuit et a de l'agitation.
-•>. — N a pas dormi cette nuit. Douleur dorsale moindre.
-»è — l. a pinot' ih-s pied s i*t beaucoup mon sensible ; les douleurs persistent vers b-s malléoles internes. Accuse un point vers le rebord costal droit. Toujours pas de sommeil la nuit. — Pendant l’hypnose, le malade marche bien sans douleur. Mais le résultat n se maintient pas. Au bout de une a deux heures, s'il veut marcher, la douleur réapparaît.
Cependant le 2s mars, la plante d ^ pù I s n’tst presque plus susdite, il 1 appuie sur le sol ; la dnul> tir mnlléolain jilus tenace et persiste. La douleur dorsale est localisée à la région lombaire et diminue.
•9. — Les pieds vont bien. La douleur des malléoles est Lien moins vive. Le malade a marché beaucoup mieux hier que les jours précédents; mais se plaint toujours des reins.
Il marche très bien dans la matinée après la suggestion; dans 1 après-midi les douleurs reparaissent .
du. — Le malade est courbé, ne pouvant pas se tenir debout, il accuse des douleurs plus vives dans le dos; elles existent surtout aujourd'hui au niveau des rebords coraux des deux cotés La douleur plantaire a disparu; et l'on ne trouve qu'un peu de sensibilité à la malléole interne droite.
— Après suyyestion hypnotique, le malade peut se redresser et
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marcher droit , sans douleur. Celle-ci revient trois heures plus tard.
Du 30 mars au 3 avril, le malade ne se plaint plus que des reins. Les pieds vont bien. Le 3 avril, il se lient courbé presque en deux par celle douleur lombaire. Après suggestion et friction pendant dix minutes, il ne sent plus rien et marche droit. Il peut se promener pendant deux heures. Puis, la fatigue amène une douleur, mais moins intense qu’autrefois, dans le pied droit.
La douleur rénale diminue les jours suivants, mais sans disparaître. La suggestion la suspend toujours pour deux ou trois heures, mais ne la supprime pas.
La suggestion est supprimée jusque vers le 18 avril pendant les vacances de Pâques; on lui donne pendant quatre jours du salicylatc de soude à la dose de A à 3 grammes qui diminue, mais momentanément, la douleur. Vers le 19, je reprends la suggestion, les douleurs lombaires n’ont plus leur intensité ; le malade marche mieux. Il existe encore un peu de gonflement avec sensibilité produite par la marche prolongée au niveau de la malléole interne droite.
A partir du 22 mars, l'amélioration fait des progrès plus rapides ; le malade se tient droit et n’accuse plus qu’une gène douloureuse dans les reins. Les pieds sont à peu près dégages. Le 0 mai, il ne sent presque plus rien et se trouve assez bien pour reprendre ses occupations.
La douleur plantaire blennorrhagique a cédé rapidement à quelques séances de suggestion; les douleurs lombaires ont été excessivement tenaces, se reproduisant avec opiniâtreté quand elles avaient disparu par la suggestion. Il a fallu cinq semaines pour en atténuer l’acuité d’une façon persistante, sans qu’elles fussent encore déracinées à coup sûr.
Observation XCV. — Rhumatisme articulaire datant de dix
jours amendé par l'antipyrine. — Persistance de douleur
acromio-claviculuire gauche , et vers l'appendice xiphdide.
— Guérison en deux jours par suggestion.
M... (Charles), trente-trois ans, tonnelier, entre à 1 hôpital
uni m \tismi: \Rïicui.\im-:
le 16 mars 1880, atteint depuis dix jours d'un rhumatisme articulaire. Douleur aux articulations acromio-claviculaires, douleur et gonflement dans les deux genoux, sensibilité avec gonflement au niveau des malléoles gauches. Douleur très vive à la pression au niveau du sacrum et des apophyses épineuses lombaires. Antécédents alcooliques.
I/antipyrine est administrée pendant trois jours : le 20, toutes les articulations sont à peu près dégagées ; la température qui montait à !18" le soir est redevenue normale.
Le 21, on constate encore de la sensibilité douloureuse dans les articulations anomio-rluciculaircs et a la tête humérale gauche. Celte douleur est très tenace, existe depuis le début et a résisté à l'antipyrine. De plus, la nuit il accusait un point douloureux v ers l'appendi e xiphoi /■ , qui l'a empêché de dormir. I.a pression a ce ni' au t > ■ rs le rebord costal des deux côtés est très d.auloiireu- .
J’hypnotise le malade, il entre en sommeil profond, sans souvenir au réveil. Après suggestion et iwcil au bout de cinq minutes, les douleurs précédent s spontané' s et à la pression ont complet' ment disparu.
22. — La douleur xiphoîdiennc n'est pas revenue. Les douleurs arrnmi"-' lacirulaire* ont reparu d ms 1 1 nuit, surtout à gauche où elle s'étend à la tête humérale et à 1 epine de l'omoplate. Après suggestion en somm> il profond n sent plus rien.
23. — Les douleurs ne sont pas rerennes depuis hier. Après suggestion, le malade qui avait alors une certaine raideur dans les jointures des membres inférieurs et marchait péniblement, marche beaucoup mieux. Il continue à bien marcher le 24, fait une demi-lieu à pied, n'accuse plus de sensibilité dans les articulations acromio-claviculaires : la pression n'y réveille plus la douleur. M... quitte l'hôpital le 20, parfaitement guéri.
Observation XC.VI. — Douleurs rhumatismal' s articulaires datant de trois mois. — Guérison par suggestion en deux jours.
Jeanne M..., âgée de dix-sept ans, demeurant chez scs parents, vient à l'hôpital le 3 août 1S77.
Au mois de mai dernier, elle lut prise de rhumatisme arti-
OBSERVATION
culaire subaigu, sans fièvre, dit-elle, l.es articulations des doigts, les pieds, les genoux furent pris. Elle continua à marcher péniblement jusqu’au l, r juillet. Elle dut alors rester couchée, et fut traitée par l’antipyrine et l’antifébrine. Elle essaya, allant mieux, de se lever le 14 juillet; mais ne put rester levée jusqu’au soir; ne pouvant plus marcher. Elle a aussi la respiration gênée. Depuis huit jours les douleurs ont augmenté dans les genoux et les pieds et la jeune malade est amenée à l’hôpital en voiture, soutenue péniblement par deux personnes et ne pouvant se tenir debout. An mois de mars dernier, elle a eu une crise de nerfs, suite de chagrins.
C'est une jeune fille bien constituée, mais lymphatique, délicate, assez maigre et pâle. La température est normale : 37,4 le 3 au soir; 30,8 le4au matin; le soir, elle s’élève à 38, le pouls étant à 108 ; depuis le 5 au matin elle reste normale.
Je constate une douleur vive à la partie externe des deux poignets, sans gonflement. Toutes les articulations des premières phalanges sont fortement tuméfiées. La pression détermine une douleur très vive au niveau de celles de l 'index et du médius. Le genou gauche est un peu tuméfié ; douleur vive à la pression des deux tendons rotuliens. Douleur en arrière et au-dessous de la malléole externe droite et au niveau des articulations de la première avec la seconde phalange des trois derniers orteils droits. Sensibilité à la pression des apophyses épineuses dorsales.
Bruits du cœur nets. Respiration normale. Digestion bonne. Leucorrhée. Dernière période menstruelle le tb juillet. Insomnie.
La malade est mise facilement en sommeil profond ; à son réveil elle ne se rappelle pas qu’elle a dormi.
Le 6 août, après deux séances, Jeanne M... se sent beaucoup mieux. L’appétit est revenu ; elle ne mangeait plus depuis un mois. À bien dormi les deux nuits , ne sent plus de douleurs dans les jambes qu’elle remue sans le moindre malaise; plus de douleur au niveau du poignet. Les jointures des doigts restent gonflées et l’on perçoit encore de la sensibilité au niveau désarticulations des premières avec les