‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 262 sur 280 · ROLE DYNAMIQUE DE LA SUGGESTION · texte numérisé non relu

ROLE DYNAMIQUE DE LA SUGGESTION

mont altérés! Prétendez-vous suggérer à la lésion de se résoudre, à la synoviale de reprendre sa structure normale, au cartilage détruit de se reconstituer?

Je ne prétends pas cela. Je constate par l’observation que la thérapeutique suggestive est quelquefois incontestablement utile dansdes maladies de ce genre. Beaucoup verront et nieront, aveugles de parti pris devant l’évidence des faits, parce qu’ils sont pénétrés de l’infaillibilité de leur propre jugement, parce qu’ils ferment systématiquement les yeux aux vérités qui ne s’adaptent pas à leurs idées préconçues !

Sansdoute, contre une articulation luxée, contre une ankylosé osseuse ou fibreuse, contre des fongosités articulaires anciennes, la suggestion ne peut rien. Mais tel n’est pas le cas de toutes les arthropathies rhumatismales chroniques. Voici un homme dont les jointures restent gonflées et douloureuses; mais la lésion n’est pas incompatible avec le fonctionnement de la jointure; elle est susceptible de se résoudre; les cartilages elles synoviales n’ont pas subi encore une altération irrémédiable; c’est l’immobilité de l’articulation qui peut entretenir en partie la lésion : elle crée la rétraction du tissu cellulo-fibreux articulaire et périarticulaire : elle enlève peut-être à la synovie ses qualités onctueuses ; elle rend lessurfaces cartilagineuses inégales, elle maintient une stase passive dans les capillaires; les chirurgiens connaissent l’arthrite par repos prolongé. La suggestion calmant la douleur, rendant au malade la possibilité d’imprimer à l’articulation les’ mouvements nécessaires à son intégrité, restituant ainsi aux tissus fibro-séreux leur souplesse, à la synovie son onctueux, à la circulation capillaire son activité, peut agir efficacement pour améliorer et guérir l’arthropathie.

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M. Del bœuf a montré par des expériences ingénieuses qu’une plaie, produite par brûlure, par exemple, détermine moins de réaction inflammatoire et se cicatrise plus vite, si on l’a préalablement insensibilisée par suggestion. « La douleur, dit l'éminent psychologue, fait que le patient pense à son mal; et, en y pensant, il l’exaspère. L'hypnotisme, qui distrait cette attention, opère en sens inverse de la douleur; il diminue le mal en faisant que nous n’y songeons plus. » {De l'origine îles effets curatifs de V hypnotisme. H ni Ici in de (' .[endémie royale de lielgique, IK77.)

La suggestion attaque la maladie par un de ses éléments, et la suppression de cet élément morbide peut retentir heureusement sur tout l’appareil pathologique dont tous les éléments sont réciproquement subordonnés les uns aux autres. El quelle autre chose fait la thérapeutique habituelle? L’opium, la quinine, la salicylato, les frictions, les révulsifs, les vésicatoires, le massage, l’électricité, font-ils autre chose que d’attaquer la maladie par un de ses éléments? Avons-nous beaucoup de médications qui aient la propriété de modifier directement la lésion matérielle? C’est la restauration fonctionnelle «pii amène la restauration organique, quand elle est possible.

J’en ai dit assez pour indiquer le point de vue auquel je me place pour expliquer les résultats de la psychothérapeutique suggestive.

Je ne connaissais pas cette méthode thérapeutique, lorsque j’écrivais en IN7.’i dans \c Dictionnaire encyclopédique, à l’article Henri ion :

« Souvent le moral, c’est-à-dire la mise en activité des fonctions psychiques opère des réactions salutaires. Consoler un malade, soutenir son courage ébranlé.

•’8<’ DANGEIIS DE L’HYPNOTISME

oloigner de sou Ame les angoisses terrifiantes qui le minent, c’est souvent réagir efficacement sur la maladie. A la voix douce et persuasive du médecin, le malade restauré comme par un baume salutaire sent la confiance renaître cl son malaise se dissiper. Sans doute les altérations organiques une lois consommées persistent en dépit de toutes les influences morales. Mais les troubles fonctionnels si nombreux, l’anxiété précordiale, les palpitations nerveuses, la respiration haletante, les idées tristes peuvent être amendés par une modalité nouvelle imprimée aux centres nerveux. Ainsi s’explique ou plutôt se conçoit cette influence immense qu’un médecin de cœur et de tact peut exercer sur son malade par cette médecine morale, vraie réaction névrasthéniquequi n’est pas le moins puissant parmi les agents de la thérapeutique. »

Un mot encore, avant de terminer ce livre, sur les dangers de l'hypnotisme.

L’hypnotisation par elle-même est-elle dangereuse pour celui qui y est soumis? Je n’hésite pas à affirmer, fort de l’expérience acquise, que lorsqu’elle est bien maniée, elle n’offre pas le moindre inconvénient. Elle ne trouble en rien les fondions de la vie organique; nous avons vu que la respiration et la circulation ne sont pas influencées chez les sujets dont l’esprit est au repos. Si quelques-uns ont, lors des premières séances, quelques phénomènes nerveux, tels que secousses musculaires, respiration haletante, malaise, accélération du pouls, si quelques hystériques peuvent avoir des crises convulsives pendant l’opération, ces symptômes, auto-suggestifs pour ainsi dire, dus à l’émotion morale, à un sentiment de crainte, disparaissent toujours dans les séances

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suivantes, à la faveur d’une suggestion calmante qui ramène une confiance tranquille. L’habitude prise, les sujets s’endorment paisiblement comme du sommeil naturel et se réveillent de même, sans le moindre malaise, si on a soin de suggérer l'absence de malaise au réveil.

Jamais dans ma pratique déjà longue je n’ai vu d’inconvénient succéder au sommeil provoqué, comme nous b- faisons; car la suggestion est toujours là comme correctif de tous ceux < ] 11 i pourraient se déclarer.

Il en est qu’il importe de connaître et que je vais signaler. Certaines personnes, après avoir été hypnotisées un certain nombre de fois, conservent une disposition facile à s’endormir spontanément. Quelques-unes à peine éveillées, se rendorment de nouveau d’elles-mèmes, peu d'instants après le réveil, du même sommeil hypnotique. D'autres s’endorment ainsi dans le courant île la journée. Celte tendance aulo-hypnotisante peut être réprimée par la suggestion. Il suffit d’aflirmer au sujet pendant son sommeil qu'une fois réveillé, il le sera complètement et ne pourra plus se rendormir spontanément pendant la journée, pour prévenir cette propension au sommeil spontané.

D’autres deviennent trop facilement hypnotisables, lorsqu'ils ont été souvent mis en somnambulisme. Le premier venu peut quelquefois les mettre par surprise dans cet état, par simple occlusion des yeux. C est un danger réel qu’une pareille suggestibilité hypnotique ! Livrés a la merci il un chacun, dépourvus de résistance psychique et morale, certains somnambules deviennent ainsi des êtres taillables et malléables, au gré des suggestionnâtes !

Us ont raison, les moralistes soucieux de la dignité

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