‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 29 sur 280 · HALLUCINATIONS COMPLEXES POST-HYPNOTIQUES · texte numérisé non relu

HALLUCINATIONS COMPLEXES POST-HYPNOTIQUES

suçant avec délice, jetant les pédicules, s’essuyant les mains de temps en temps avec une apparence de réalité dont l imitation serait difficile.

Au même sujet, je fais manger aussi tantôt des cerises, tantôt des pèches, ou des raisins imaginaires ; ou liien je lui fais prendre, quand il est constipé, une bouteille d’eau de Sedlitz imaginaire. 11 prend la bouteille fictive, verse dans un verre fictif, en boit successivement trois ou quatre, faisant tous les mouvements de déglutition, la trouve amère, remet le verre en place et a quelquefois dans la journée plusieurs (jusqu'à quatre ou cinq) selles provoquées par ce purgatif imaginaire. Toutefois, certains jours de grande constipation, l’imagination ne suffit pas à provoquer un effet aussi considérable.

Chez une dame intelligente, impressionnable, nullement hystérique, dont je relaterai l’observation, je provoque à son réveil les hallucinations les plus complexes intéressant tous les organes sensoriels. Je lui fais entendre de la musique militaire dans la cour de l'hôpital : des soldats montent, entrent dans la salle ; elle voit un tambour-major faire des pirouettes devant son lit; un musicien s’approche d’elle, lui parle ; il est ivre, il lui lient des propos inconvenant ; il veut l’embrasser; elle lui applique une paire de soufflets et appelle la sœur et l'infirmière : celles-ci accourent et mettent l’ivrogne à la porte. Toute cette scène suggérée pendant le sommeil se déroule devant elle, spectatrice et actrice, avec autant de lumière que la réalité. Elle a beau avoir subi nombre de fois des hallucinations analogues ; elle ne peut s’y dérober. Elle regarde autour d’elle etdemando aux autres malades si elles n’ont pas vu et entendu. Elle ne peut distinguer l’illusion de la réalité : quand tout est terminé et que je lui dis: « C’est une vision que je vous

SUGGESTION, ÉUIT.

SUGGESTIONS POST-HYPNOTIQUES

ai donnée », elle comprend bien que c’est une vision, mais elle affirme que c’est plus qu’un rêve, que c'est aussi net que la réalité même.

A une jeune fille, je fais voir à son réveil une bague à son doigt, un bracelet au bras, ou bien je lui donne un bel éventail orné des portraits des personnes qu’elle connaît. Elle est tout heureuse du cadeau, mais au bout de trois à quatre minutes, chez elle, l’objet a disparu, et, depuis que l’expérience lui a appris la volatilité de ces cadeaux, elle me supplie chaque fois de les lui laisser, de ne plus les lui enlever.

Chez d’autres, ces hallucinations durent plus longtemps. A une dame, M'n0 L..., je fais voir au réveil le portrait de son mari ; elle le voit et continue à le voir encore le lendemain, au bout de vingt-quatre heures, sachant fort bien que le portrait n’existe pas. Un autre jour, je lui dis: « A votre réveil, vous verrez assise sur cette chaise M"‘c E... » (C’était M"18 H... qui occupait cette chaise.) Réveillée, elle voit M"10 E... et parle à la personne supposée. Après dix minutes de conversation, je lui dis :« Mais vous vous trompez, ce I n’est pas M,ne E... c'est M,nu R... qui est devant vous. » Elle est convaincue alors que c’est Mm0R... elle sait que I c'est une illusion sensorielle et cependant ne peut s’y dérober. Comme l’illusion persiste et lui est désa- I gréable, au bout d’une demi-heure je la rendors, sur sa demande, pour rendre à Mmc R... sa véritable physio- I nomie.

Ces suggestions d’hallucinations, dont je pourrais I multiplier indéfiniment les exemples, ne réussissent pas I chez tous les somnambules.

A D... j’affirme qu’à son réveil il verrait unchiendans i son lit et le caresserait. Réveillé, il chercha sous l’édre- {

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don sans rien trouver, disant qu’il croyait avoir rêvé qu’un chien était dans son lit.

A un autre, je «.lis : « A votre réveil, vous nie verrez saigner abondamment du nez. » Réveillé, il me regarde et dit: « Vous avez dû saigner du nez abondamment. » Il ne voyait pasdesang; l'idée seule de mon épistaxis existait dans son cerveau.

Ainsi, parmi les somnambules, les uns n’obéissent qu’aux suggestions d’actes, d’autres sont susceptibles en même temps d’illusions sensilivo-sensorielles plus <ui moins complètes; tel peut être a lier té de démangeaisons, de douleur, c’est-à-dire d'illusions de la s«* lisibilité tactile, mais non d’illusions sensorielles. < >n ne réussit point, par exemple, à lui faire sucer du sel pendant son sommeil, lui disant que c’est du sucre, et h lui faire conserver le goût sucré dans la bouche ; à son réveil, il perçoit le goût du sel et non du sucre ; on ne peut lui faire voir les objets en rouge ou en jaune: l’illusion sensorielle ne réussit pas, pas plus que l'hallucination.

Chez d’autres, suggest ions d’actes, d’ illusions sensilivo- Sensorielles, d'hallucinations, tout réussit. Le même sujet d’ailleurs qui, dans les premières séances, restait rebelle aux illusions sensorielles et aux hallucinations peut se perfectionner par l'habitude et arriver, au bout de séances multipliées, à réaliser toutes les conceptions hallueinaioires commandées à son cerveau hypnotisé.

Chez certains, on peut suggérer pendant le sommeil une hallucination néyatire; ceci ne réussit que sur les somnambules profonds. Un jour, je me trouvais chez le Dr Liébeault: il suggéra à une femme endormie — ce n ' tait pas une hystérique — qu’à son réveil elle ne me

HALLUCINATIONS NÉGATIVES

verrait plus, je serais parti, ayant oublié mon chapeau, Avant de partir, elle prendrait mon chapeau, le mettrait sur sa tête et me l’apporterait à mon domicile.

Quand elle se réveilla, je me plaçai en face d’elle. On lui demanda: « Où est le docteur Bernheim? » Elle répondit: « Il est parti ; voici son chapeau. « Je lui dis : « Me voici, madame, je ne suis pas parti, vous me reconnaissez bien. » Elle ne répondit rien. Au bout de cinq minutes, après avoir laissé la première impression s’effacer, je m’assis à côté d’elle et lui demandai: « Y a-t-il longtemps que vous venez chez M. Liébeault?» Elle ne me répondit rien, comme si elle ne m’avait ni vu ni entendu. Une autre personne lui lit la même question. Elle répondit immédiatement : « Depuis quinze jours. » Là-dessus, je continuai : « Et vous allez mieux, madame, n’est-ce pas, depuis ce traitement? » Même silence. Réponse à la personne voisine. Je mis mes mains devant scs yeux pendant deux minutes ; elle ne sourcilla pas, je n’existais pas pour elle. Enfin quand elle partit, elle prit mon chapeau, le mit sur sa tête et sortit. M. Liébeault la suivit dans la rue et lui redemanda le chapeau, disant qu’il se chargeait lui-même de me l'envoyer.

J’ai répété cette expérience d’hallucination négative avec succès sur plusieurs de mes somnambules.

Je cite un de ces faits : A la dame G..., de mon service, je suggère, en présence de deux dames de la ville qui étaient venues visiter l’hôpital, qu’à son réveil elle ne me verrait plus, elle ne m’entendrait plus; je ne serais plus là. Réveillée, elle me cherche; j’ai beau me montrer, lui corner à l’oreille que je suis là, lui pincer la main qu elle relire brusquement sans découvrir l’origine de celte sensation; les dames présentes lui disent que je suis là, que je lui parle; elle ne me voit pas et croit

HALLUCINATIONS NÉGATIVES fô

que ces daines veulent se moquer d'elle. Cette illusion négative, que j’avais déjà produite chezelle dans d'autres séances, mais qui n'avait persisté que cinq à dix minutes, persiste cette fois-ci pendant tout le temps — plus de vingt minutes — que je continue à rester auprès d’elle.

L’une des deux dames présentes était une hystérique que je traitais par l’hypnotisme pour une aphonie nerveuse, et qui était susceptible aussi d’hallucinations hvpnotiques et post-hypnotiques. Or, le lendemain de , cette scène à laquelle je l'avais fait assister, je la mis en somnambulisme et je lui dis: « Vous savez, à votre i réveil, vous ne me verrez plus. » Hile se mit à sourire. « Vous riez, lui dis-je, parce que vous vous rappelez la I femme d'hier qui ne m'a plus vu a son réveil. Eh bien ! ce sera la même chose pour vous. Seulement, vous ne me verrez plus, parce que je serai réellement parti. Au i moment de vous réveiller, je partirai et je resterai absent pendant dix minutes. Vous me verrez rentrer par la porte en face. » Quand je l'eus réveillée, elle me chercha inutilement et parut fort contrariée de ne pas me voir. « .le suis là. lui dis-je. Vous me voyez bien, je vous |t touche, je vous chatouille le front. > Elle ne bougea pas. » Vous voulez vous moquer de moi, ajoutai je ; vousjouez la comédie. Vous ne pouvez vous empêcher de rire : vous allez partir d'un immense éclat. » Elle ne sourcilla pas. Comme elle témoigna son mécontentement, je dis aux personnes présentes de lui affirmer qu’on m'avait mandé en toute hâte pour un client qui venait d’avoir une attaque dans le voisinage. Elle continua à être de mauvaise humeur et se rendormit spontanément; au bout de dix minutes précises, elle rouvrit les yeux, regarda du côté le la porte, comme si elle me voyait rentrer, me salua.

HALLUCI NAT IONS N ÉG ATI V FS

sc monlra contente de me revoir, et attribua son mécontentement à la crainte qu’elle avait eue d’une crise nerveuse produite par le réveil, sans mon influence. Je lui avouai alors que j’étais présent, mais que je lui avais donné une suggestion négative semblable à celle qu’elle avait vu réaliser la veille sur une autre personne; elle affirma ne m'avoir ni vu ni entendu; l’escamotage de ma personne était complet.

L’expression hallucination négative par laquelle nous désignons à Nancy ce phénomène a été critiquée par MM. Binet et Feré. » Ce nom est singulièrement mal choisi, disent ces auteurs, car il ne s’agit pas d’hallucinations du tout. On ne peut bien comprendre la nature de ce trouble sensitif qu’en le comparant aux paralysies systématiques du mouvement... 1 1 s’agi l pourl’œil comme pour le bras d’un phe'nomène d’inhibition qui produit i une paralysie systématique. » (Revue philosophique , janvier 1885.)

Mes honorables contradicteurs me paraissent mériter le reproche qu’ils me font d’avoir mal saisi la nature et la signification du phénomène.

Quand je fais voir par suggestion hypnotique ou par I suggestion à l’étatde veille, à un sujet hypnotisable, une I personne ou une chose qui n’est pas devant ses yeux, I j’ai créé une image évoquée par son cerveau, j’ai fait if naître une hallucination visuelle.

Si, chez le même sujet et par le même procédé, j’ai I rendu invisible une personne ou une chose qui est devant I ses yeux, je n’ai pas produit une paralysie de l’œil; le I sujet voit tous les objets, à l’exclusion de celui qui a été I suggéré invisible pour lui; j ai effacé dans son cerveau J une image sensorielle, j’ai neutralisé ou rendu négative

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la perception de cette image : j’appelle cela une hallucination négative.

Dans les deux cas, le phénomène psychique ou psvchosensoricl est de même ordre ; dans les deux cas, j ai lait un halluciné.

D’ailleurs, dans toutes les hallucinations complexes,

tel les que nous les réalisons artificiellement, telles qu’elles

se développent spontanément, les deux phénomènes coexistent, l'n aliéné se croit en prison ; il voit son cachot, le geôlier, la chaîne qui l’attache; voilà des perceptions sensorielles créées dans son cerveau. Dautie part, il ne voit pas les objets réels qui sont devant lui, il ne voit pas, il n’entend pas les personnes qui 1 entourent : voilà des perceptions sensorielles réelles effarées.

Dira-t-on que dans ces deux ordres de phénomènes, le premier constitue seul une hallucination, que le second n’en est pas une? De mot hallucination négative me semble, par un abus de mot autorisé dans notre langue (exemples : pression négative, valeur négative, quantité négative, etc.) parfaitement choisi pour affirmer h* mécanisme psychique du phénomène connexe de < elui qui fait l’hallucination positive.

J’ai d’ailleurs démontré que 1 amaurose suggestive, de même que l’amaurose hystérique, n’est pas une paralysie systématique, mais une amaurose purement psychique, une neutralisation de l’objet perçu |>ar 1 imagination; c’est bien une hallucination négative. Cette amaurose n’a pas de substratum organique, n'a pas de localisation anatomique. Le sujet voit avec sa rétine; il voit avec son cerveau. La première reçoit I impression; le second, par son centre cortical visuel, la perçoit . Mais 1 image visuelle perçue, l’amaurotique par suggestion et I hystérique la neutralisent inconsciemment avec leur imagination:

CÉCITÉ PSYCHIQUE

Oculos liaient et non vident ; ils voient avec les yeux du corps; ils ne voient pas avec les yeux de l’esprit; l’amaurose n'est qu’une illusion négative.

J’avais observé d’abord que parmi les sujets auxquels j’avais suggéré pendant leur sommeil qu’au réveil ils ne me verraient pas, quelques-uns paraissaient d’emblée ne pas me voir; mais d’autres commençaient par me regarder comme si le souvenir de l’idée suggérée n’existait plus, puis tout d’un coup, le souvenir renaissant, leur physionomie se modifiait, devenait inerte à mon égard; j’avais disparu pour eux, ils ne me voyaient plus ; et plus tard, quand la suggestion n’existait plus, ils croyaient et affirmaient ne pas m’avoir vu, même immédiatement après leur réveil.

Voulant expérimenter si cette amaurose unilatérale suggérée était réelle ou feinte, mon chef de clinique, M. Ganzinotty se servit de l’appareil de Stœber dont je vais parler, destiné à déjouer la simulation et constata que les indications données par lessujets étaient fausses; il fut tenté de croire à la simulation. Je lui expliquai (jue l’amaurose étant purement psychique, c’est-à-dire imaginaire, ne pouvait obéir aux lois de l’optique.

Plus tard, je pus démontrer la chose expérimentalement pour l’amaurose unilatérale des hystériques qui se comporte absolument comme celle que nous suggérons. Voici cette démonstration que j’ai faite sur un grand nombre d’hystériques de mon service. Elles avaient une hémianesthésie sensilivo-sensorielle complète d’un côté ; admettons le côté gauche, y compris une amaurose complète du côté gauche.

Or, après avoir constaté que l’œil droit étant fermé, les sujets ne voient rien de l’œil gauche et sont devenus totalement aveugles, il est facile de s’assurer que cette

ACHHOMATOPSIE PSYCHIQl'E

cécité est purement psychique. A cet effet je me sers île l'appareil du DrStœber, modification de celui de Snellen, qui sert à déjouer les amauroses simulées. On place devant les yeux des malades une paire de lunettes dont l'un des verres est rouge et l'autre vert, et on leur fait lire sur un cadre noir six lettres recouvertes de carrés de verre alternativement muges et verts. En regardant les deux yeux ouverts, on lit les six lettres; en regardant avec un seul œil, l'autre étant ferme', on n’en voit que trois, celles recouvertes par le verre à même couleur tpie celle du verre de lunette correspondant à l'œil qui regarde : les lettres rouges, si c'est l'œil à verre ronge qui regarde, les lettres vertes, si c'est l'œil à verre vert. Ceci résulte de ce que le vert et le rouge mélangés font du noir: si avec un verre rouge on regarde du vert par transparence, ou voit du noir.

Gela posé, nos hystériques regardant à travers la lunette les six lettres, les lisaient toutes sans hésiter un instant; elles lisaient celles qu’elles étaient censées ne pas voir; donc elles voyaient de l'œil tjauche , à leur insu. Si on leur fermait alors l'œil gauche, elles ne voyaient plus que trois lettres.

Une autre expérience, des plus simples, continue celle donnée. On sait qu’un prisme placé devant un o il dévie l'image correspondante et produit ainsi de la diplopie. Si l’autre œil étant fermé, il n'v a pas de diplopie, l’objet est vu simple et non double.

Les hystériques à amaurose unilatérale ne devraient voir qu’une image à travers le prisme ; or elles en voyaient deux, sans hésitation; donc l’udl amaurotique voyait.

Lachromatopsie , comme l' amaurose , par hystérie ou par suggestion , est purement psychique.

Voici une expérience due à M. le l)r Parinaud, rap-

“0 ACIIROMATOPSIE PSYCHIQUE

portée dans la thèse d’agrégation de M. Grenier. (Des localisations dans les maladies nerveuses , 1886.) Soit une hystérique achromatope de l’œil gauche, par exemple: un carré de papier vert est vu gris par cet œil et vert par l’œil droit, chacun d’eux étant fermé alternativement. Si nous plaçons sur l’œil sain un prisme à base supérieure, le malade, ayant les deux yeux ouverts, verra deux carrés de papier et les verra non pas l’un vert et l’autre gris, mais tous deux verts : c’est-à-dire que, dans ces conditions, l’œil achromatope voit la couleur. Si l’on place au contraire le prisme sur l'œil achromatope, la plupart des malades verront les deux carrés gris, les deux yeux auront cessé de voir la couleur.

L’auteur explique ce fait par cette hypothèse que dans la vision de chaque œil séparément, la rétine se met en rapport avec l’hémisphère opposé; mais que dans la vision binoculaire les deux yeux peuvent se mettre en rapport avec l’un ou l’autre hémisphère. Hypothèse qui ne repose sur aucune donnée expérimentale ou anatomique !

Il s’agit là d’un phénomène purement psychique, c’est-à-dire dans lequel l’imagination du sujet l'ait tout. Si je place devant l’œil normal du sujet un carton coloré en vert et que je lui fasse regarder ce carton à travers un prisme, au lieu de voir une image grise (fournie par l’œil soi-disant achromatique) etunejmage verte (fournie par l’œil normal), il voit deux images vertes sans hésiter. Ceci semble prouver que l'image fournie par l’œil gauche est verte, à l’insu du sujet, et que l’achromatopsie est purement psychique. Si je place le prisme sur l’œil achromatique, et que je lui fasse regarder de nouveau le carton vert, aulieu de voir un carton gris (image

CÉCITÉ PSYCHIQUE

fournie par l’œil achromatique) et un carton vert image fournie par le bon œil), il voit les deux images grises!

Pourquoi? Parce qu’il sait que l’oeil gauche voit en gris (ou du moins il le croit); parce qu’il a constaté que le prisme fait voir double, parce qu’il ne sait pas que l'une des images est fournie par l’autre œil et croit que le prisme placé devant un œil double l’objet vu par cet œil; parce qu'il se suggère ainsi logiquement et inconsciemment que l’œil achromatique voyant en gris, l’objet étant dédoublé par lui à travers le prisme, les deux images doivent être grises.

(liiez une troisième hystérique de mon service, j’ai pu confirmer mon interprétation, à savoir que tout le phénomène est subordonné a l'imagination. Son œil gauche était achromatique ; un objet rouge est devenu gris pour cet œil, il est bien rouge pour l’œil droit.

Je la fais regarder à travers le prisme, les deux yeux ouverts ; elle voit l’objet double, .le ferme l’œil gauche achromatique et je la fais regarder l'objet à travers le prisme placé sur l’œil droit : elle voit un seul objet rouge, ce qui est exact et conforme à l’optique.

Si au contraire fermant l’œil droit, je place devant l’œil gauche achromatique un objet rouge ou vert, elle le voit gris. Si alors je place un prisme devant cet œil, au lieu île voir l’objet simple, et gris, elle voit double et avec sa vraie couleur.

Le prisme a rétabli la vraie couleur, en dépit de toutes les lois de la physique et de la physiologie; il a effacé 1 illusion en troublant le jeu de l'imagination malade; d autre part le sujet s'est suggéré une image double par un nouveau jeu de l’imagination. Il s’agit donc là uniquement de phénomènes d'auto -suggestion inconsciente.

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