‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 64 sur 280 · ILLUSIONS EXPÉRIMENTALES · texte numérisé non relu

ILLUSIONS EXPÉRIMENTALES

inférieur, dans la région où on a localisé l’hémianopsie et la cécité verbale ; pour les hallucinations de l’ouïe, dans la région antérieure du lobe sphénoïdal. »

Voici encore une expérience de ces auteurs :

« Wit... (c’est lamêmesomnambule qui aserviàtoutes ces expériences de transfert) est en état de somnambulisme. Nous lui donnons la suggestion de compter à haute voix jusqu’à 100. Réveillée, elle se met à compter. Un aimant à dix branches est pl acé près de son bras droit. (Juand elle est arrivée à 72, elle s’arrête, balbutie, ne peut plus compter, et, au bout d’une minute, elle ne peut plus parler du tout. Cependant elle tire bien la langue et comprend tout ce qu’on lui dit. Kl le est très gaie et rit continuellement. Sa tête est tournée vers la gauche. Au bout de dix minutes, on applique l’aimant du côté gauche: après deux minutes environ, son bras gauche commence à trembler; la parole lui revient; son premier mot est : « Ça m’embête, » p'uis elle a envie de pleurer; en même temps elle tourne la tète adroite.

« 11 est facile de se rendre compte, disent les auteurs, de ce qui s’est passé. Nous avons donné par suggestion au cerveau gauche, ou plus exactement à la cireonvolutionde Broca.une excitation particulière qui sc traduit au dehors par l’action de compter à haute voix. L’aimant a opéré le transfert de cette excitation dans la partie symétrique du cerveau droit; la circonvolution correspondante de ce côté n’est pas affectée à la parole; la malade s’est tue. » (Revue philosophique, janvier 188o.)

Je défie qui que ce soit de reproduire ccs phénomènes, dans des conditions telles que la suggestion ne puisse pas intervenir. Et c’est sur des expériences de ce genre que M. Binet édifie des théories de psychologie dite expérimentale l

ILLUSIONS EX PKItIM I.NTALES

Est-il utile Je dire que, chez aucun de mes hypnotisés je n’ai vu le transfert s’accompagner spontanément d une douleur de tète localisée? .Mais, chaque fois que j’annonçais qu’une douleur se produirait à tel ou tel point du cuir chevelu, le sujet la ressentait. Un second sujet hypnotisé la manifestait quelquefois spontanément quand il l’avait vue exprimée par le premier. Je n’ai pu davantage, en dehors de la suggestion, déterminer aucun phénomène par pression exercée sur certains pointsdu crâne. Voici, par exemple, une de mes somnambules endormie. Je presse le crâne successivement en divers points; rien. Je dis: « Maintenant je vais toucher la région du crâne qui correspond aux mouvements du bras gauche, et ce bras va entrer en convulsion. » Cela dit. je louche un point arbitraire du cuir chevelu ; aussitôt le bras gauche est agité de secousses.

Je dis ; « Je presse plus fort et l’excitation fera place à la paralysie, » le bras tombe inerte. Je provoque de même des convulsions localisées dans un côté de la face.

J’annonce que je vais produire de l’aphasie en touchant la région qui correspond à la parole ; je touche une région quelconque du crâne et le sujet ne répond plus à nos questions ; il répond aussitôt que j’éloigne la main du crâne. Ceci fait, j’annonce que je vais toucher d’une autre façon de manière a exciter au lieu de paralyser; la parole sera plus facile et la personne alors de répondre âmes questions de la façon suivante: « Comment vous appelez-vous ? — Marie, Marie, Marie. Marie.— Comment allez-vous? — Bien, bien, bien, bien, bien. — Vous n’avez pas mal ? — Du tout, du tout, du tout, du tout.

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