‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 73 sur 280 · CAUSES D’ERREURS · texte numérisé non relu

CAUSES D’ERREURS

pour le sujet aussi nette, aussi éclatante, aussi vivante que la réalité même. Mais, née tout entière dans l’imagination du sujet, celui-ci la voit comme il la conçoit, comme il l’interprète, comme le souvenir conscient ou inconscient la fait renaître dans le sensorium. C’estune image cérébrale psychique et non physique, qui ne passe pas par l’appareil visuel périphérique, qui n’a pas de réalité objective, qui n’obéit pas aux lois de l’optique, mais aux seuls caprices de l’imagination.

M. Binet a, je dois le reconnaître, signalé dans ses articles « Hallucinations » de la Revue philosophique, l’existence de points de repère qui serviraient de substratum matériel à l’hallucination. Mais, s’il en est ainsi, ces expériences constituent-elles, comme le croit l'auteur, une méthode d’ objectivât ion du phénomène, méthode qu’il me reproche d'avoir négligée? L’hallucination n’a pas de caractères objectifs, mais seulement des caractères subjectifs objectivés par l’imagination.

Et, maintenant, me sera-t-il permis de redire à MM.Féré et Binet et à tous ceux qui voudraient répéter leurs expériences :

1° Prenez des sujets neufs qui n’aient pas servi à ce genre d’expérimentation, qui n’aient pas assisté à celles faites sur d’autres, qui n’en aient pas entendu parler;

2° Faites l’expérience sans dire un seul mot, même à voix basse, devant le sujet, car, à tous les degrés de l'hypnotisation, il entend tout et enregistre tout, avec une acuité de perception souvent remarquable.

J’affirme que la conclusion ne sera pas douteuse. Et j’aime à croire qu’après ces contre-épreuves expérimentales, le jeune écrivain de la Revue philosophique , mieux éclairé sur la question, aura à cœur de rectifier certaines de ses appréciations criliques !

Page 1