DE L'AUTOMATISME
cerveau, il les perçoit; les images qu’on y dépose sont réalisées et extériorisées par lui.
Il semble qu’il y ait là, à première vue, un état complètement different de l’état normal, un état contre nature, antiphysiologique. L’homme, à l étal de veille, n<‘ voit que ce qu’il voit, ne fait que ce qu'il veut, n’obéit qu’à ses suggestions spontanées et personnelles! Voila l’impression première. Et cependant, si l’on réfléchit un peu, on ne tarde pas à se convaincre que la contradiction n’est pas absolue; la nature ne déroge pas à ses lois; celles qui régissent l’organisme normal régissent aussi l’organisme modifié expérimentalement et pathologiquement.
Beaucoup d’actes se font automatiquement, sans notre volonté ou sans notre conscience, dans notre vie habituelle. Les fonctions propres île la moelle épinière s’exercent à notre insu; les phénomènes complexes de la vie végétative, la circulation, la respiration, la nutrition, la sécrétion, les excrétions, les mouvements du tube digestif, la chimie vivante de l’organisme, s’opèrent silencieusement par un mécanisme dont nous n’avons pas conscience. On sait que l’impression transmise par un nerf sensitif peut se réfléchir à travers les cornes gri-es de la moelle, sans passer parle cerveau; le mouvement suit J impression non perçue, ou la sensation, sans être voulu : c’est l’acte réflexe spinal; c’est l'automatisme spinal qui commande ce mouvement. Le chatouillement de la plante du pied détermine des mouvements réflexes, alors que la moelle épinière lésée ne permet plus la transmission des incitations jusqu’au cerveau; une grenouille décapitée continue à exécuter avec ses quatre membres et son tronc des mouvements adaptés, appropriés, défensifs; on place une goutte d acide acétique sur le haut de la cuisse, le membre
SUGGESTION, 3* ÉDIT. a i