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ACTES REFLEXES

postérieur se fléeliil de façon que le pied vienne frotter le point irrité; on presse entre les mors d’une pince la région des flancs, la grenouille porte l’extrémité de son membre postérieur correspondant en avant de la pince, y appuie les doigts de celte extrémité et cherche, parfois h. plusieurs reprises, à les repousser avec force (Vulpian). Ici, le cerveau n'intervient pas ; la mécanique animale, inconsciente d’elle-mêmc, suffit à réaliser les actes complexes destinés à protéger l'organisme contre les attaques du dehors. N’en est-il pas de même de l'homme quand, fortement absorbé par une méditation profonde, décapité fonctionnellement, comme dit Malh ias Duval, il chasse une mouche qui vient se poser sur sa main, écarte un objet importun, sans en avoir conscience, sans en garder souvenir, par le fait de simples réflexes médullaires parfaitement coordonnés.

Le cerveau peut intervenir pour donner l’impulsion première ; l’acte continue alors que la pensée, que la volonté sont occupés ailleurs, par le seul fait de l'automatisme spinal. Quand nous marchons, et que des idées quelconques viennent distraire notre esprit, nous oublions que nous marchons, le trajet se continue par simple réflexe; le contact de la plante du pied avec le sol suffit pour réaliser par voie centrifuge dans la moelle les phénomènes de coordination musculaire qui accomplissent cet acte; déchargé par ce mécanisme automatique subalterne du soin île surveiller incessamment l’exécution de celte fonction complexe, notre cerveau travaille en toute liberté à d’autres conceptions; machinalement nous marchons toujours, si bien que nous dépassons le but assigné par la volonté qui a commandé le premier pas, si celle-ci faisant trêve à nos distractions ne réintervient pour arrêter l’impulsion. Il en

ACTES AUTOMATIQl ES INSTINCTIFS

est de même de la natation, de l'escrime, de l'équitation. de la musique. L’artiste qui exécute un morceau de longue haleine, se laisse souvent absorber par des idées étrangères, sa pensée n’est plus à la musique; ses doigts errent toujours sur le (davier et continuent mécaniquement, sous l’empire d’incitations médullaires s'enchaînant spontanément, ce que le cerveau distrait ne dirige plus.

Bien plus, ce que l’organe psychique a oublié, l'automatisme spinal peut le retrouver. L'artiste ne se rappelle plus toutes les phrases d'une composition musicale; des lacunes existent dans son esprit; il -erait incapable de parfaire le morceau avec les souvenirs confus de son cerveau ; la mémoire spinale supplée, -i je puis dire, à la mémoire cérébrale; souvent le- doigts retrouvent sur le clavier l’agencement difficile de touches et de mouvements qui se réalise avec précision, alors que ces mouvements pour ainsi dire assimilés par la moelle, grâce à leur fréquente répétition, sont devenus une opération mécanique.

Les phénomènes de l’activité automatique des centrenerveux peuvent être instinctifs; les actes se réalisent naturellement, sans avoir jamais été appris, par l'initiative spontanée, inconsciente du cerveau et de la moelle.

* L.-s plus remarquables de ces actes, dit Prosper Despine1, sont ceux qui manifestent les expressions de la physionomie, les gestes, les altitudes du corps, phénomènes mimiques qui sont constamment en rapport avec les sentiments si divers et si nuancés et que chacun sait accomplir, bien que leur exécution n’ait jamais été en-

Lludc scientifique sur le somnambulisme. Paris, 1880.

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