‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 106 sur 265 · SOMMEIL SPONTANE ET PROVOQUE · texte numérisé non relu

SOMMEIL SPONTANE ET PROVOQUE

taines pratiques pour déterminer l’extase religieuse font appel à cette suggestion par fatigue visuelle; telle la contemplation d’un point imaginaire de l’espace, ou du bout de leur nez par les joguis ou dévots de l'Inde, la contemplation de leur nombril par les moines du Mont-Athos ou omphalo-psvchiens. Ajoutons que les impressions monotones, faibles, continues, sur l’un des sens, produisent chez la plupart des personnes une certaine torpeur intellectuelle, prélude du sommeil. Le cerveau, absorbé tout entier par une perception douce, uniforme, incessante, devient étranger à toute autre impression; trop faiblement stimulé, il se laisse engourdir. » Si 1 esprit, dit Cullen, s’attache à une seule sensation, il en arrive bientôt à une absence presque totale d’impressions, ou, en d’autres mots, à l’état le plus proche du sommeil. »

Le son prolongé et monotone de tambourins frappés avec la même cadence dans l'obscurité de la nuit produit l’hypnotisme extatique chez les Arabes de la secte d’Aïssaoua. L’impression faite sur l’ouïe par le murmure continu des flots, par un débit monotone et lent, amène la somnolence. « L’enfant est hypnotisé audilivement par les chants monotones de sa nourrice ; les oscillations régulières de son berceau, en lui communiquant une longue série de faibles secousses toutes semblables entre elles et séparées par des intervalles égaux, l’hypnotisent par la voie du sens musculaire . L’incantation avec ses charmes (rarmina) dont le rythme simple et invariable murmure à l'oreille et la captive sans parler à 1 intelligence, doit être considérée comme une forme particulière du braidisme s'exerçant sur le sens de 1 ouïe au lieu de s’adresser à la vue » (Dr Philips).

Entre le sommeil spontané et le sommeil provoqué, il n’y a au fond aucune différence; M. Liébeault a fort judicieusement établi ce fait. Seulement, le dormeur spontané n’est en rapport qu'avec lui-même; I idée dernière qui persiste à son sommeil, les impressions que les nerfs périphériques sensitifs et sensoriels continuent à transmettre au cerveau, les incitations venant des viscères deviennent le point de départ d’images et d’im-

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