‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 127 sur 265 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Applications générales de la doctrine de la suggestion. — Point de vue moral et psychologique. — De l’éducation — Point de vue juridique. — Suggestions criminelles. — Observation. — Des hallucinations rétroactives. — Affaire de Tisza-Eslar. — Imbécillité instinctive. — Réponse à M. Paul Janet.

A tous les points de vue, la doctrine de la suggestion, telle que nous l’avons établie sur les faits d'observation, soulève les questions les plus palpitantes. En psychologie, c’est une révolution ! Que de problèmes cette étude, encore dans l’enfance, n’est-elle pas appelée à résoudre! Jusqu’à quel point la suggestion a-t-elle prise sur les cerveaux les plus divers choisis dans les classes intelligentes raffinées par l’éducation comme dans les classes modestes offrant moins de résistance cérébrale? Jusqu’à quel point les passions, les instincts, les goûts, les facultés psychiques peuvent-elles être modifiées par une suggestion prolongée et habilement conduite, soit à l’état de veille, soit à l’état hypnotique ? L'éducation de l’enfant, les nolionset les principes inculqués à son cerveau par la parole et par l’exemple, les doctrines philosophiques et religieuses dans lesquelles il est bercé dès son plus jeune âge, n’est-ce pas déjà une véritable suggestion à l’état de veille qui, si elle est méthodiquement pratiquée, dirigée dans un sens uniforme, si elle n'est, pas contrecarrée par des idées ou des exemples contradictoires, s’impose souvent avec une force irrésistible? Les hommes mûrs, dont l’expérience personnelle a plus tard affranchi le cerveau, conservent souvent, en dépit de toute leur indépendance d’esprit, de toute leur libre raison, un vieux fonds d'idées dont ils ne peuvent plus se départir, parce qu’elles se sont incarnées dans leur

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