‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 132 sur 265 · SUGGESTIONS CRIMINELLES · texte numérisé non relu

SUGGESTIONS CRIMINELLES

ni endormie ni évanouie, mais où elle ne pouvait donner un consentement libre aux actes coupables dont elle était l’objet (c’est-à-dire dans un état de léthargie lucide). Les rapports qu’il eut avec elle la seconde nuit qu’il passèrent à Capelude eurent lieu dans les conditions suivantes : Joséphine ne s’est pas doutée de l'acte coupable dont elle fut victime, et c’est Castellan qui lui raconta le matin qu’il l’avait possédée pendant la nuit. Deux autres fois il avait abusé d’elle de la même manière, sans qu’elle s’en doutât (c’est-à-dire qu’elle était dans un sommeil somnambulique).

« Depuis qu’elle est soustraite à l’influence de cet homme, Joséphine a recouvré la raison. Elle dit dans sa déposition devant la cour : « Il exerçait sur moi une telle « influence à l’aide de ses gestes (passes) que je suis « tombée plusieurs fois comme morte. 11 a pu alors faire « de moi ce qu’il a voulu. Je comprenais ce dont j'étais « victime, mais je ne pouvais ni parler, ni agir, et j’en- « durais le plus cruel des supplices. » (Elle faisait allusion à ses accès de léthargie lucide ; quant à ses états de somnambulisme elle n’en avait pas eu conscience.)

« Trois médecins, les Drs Hériart, Paulet et Théus, ont été appelés à éclairer le jury sur les effets du magnétisme. Ils ont confirmé par leurs déclarations les conclusions du rapport médico-légal rédigé à l’occasion de celte affaire par les Drs Auban et Houx, de Toulon. Castellan a été condamné à douze ans de travaux forcés. »

A l’époque où ces faits se passaient, les phénomènes du somnambulisme n’étaient pas connus comme ils le sont aujourd’hui. Nos lecteurs apprécieront sans hésitation tous les détails de cette curieuse observation.

Ici, l’état psychique de la malheureuse victime, dû à des manœuvres coupables, peut être facilement établi. Mais que de suggestions inconscientes dont l’origine reste douteuse !

Mon collègue, M. Liégeois, professeur à la faculté de droit de Nancy, a particulièrement étudié dans un mé

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