FAUX TÉMOIGNAGE DE BONNE FOI
se battaient, etc. » Il l’avait vu, et le lendemain, 1 ayant fait mander dans mon cabinet auprès d une personne se faisant passer pour commissaire de police, il raconta les faits, donna le signalement des ouvriers ; 1 un avait eu le bras cassé, il l’avait vu porter en civière dans la salle de chirurgie; c’est lui qui avait commencé la querelle. Il se déclara prêt à témoigner en justice et à prêter serment. Le pseudo-commissaire lui avant insinué en mon absence que c'était peut-être une illusion, une idée suggérée par moi, il parut vexé de cette observation et maintint énergiquement qu'il avait vu et ne disait que ce qu'il avait vu. J'ajoute que cet homme jouit de sa raison; malade guéri, il fait office d infirmier auxiliaire au service et a des antécédents honnêtes.
Ces faits ne sont pas isolés. M. Liégeois a fait, en même temps que moi, des expériences nombreuses du même ordre, à l’état de veille et à 1 état de sommeil, sur d’autres sujets hypnotisables; il est arrivé à des résultats concordants. De graves réflexions surgissent! Qu’y puis-je ? Faut-il étouffer la vérité ?
L’idée de ces expériences m'a été inspirée par un procès récent qui a vivement passionné 1 opinion.
On connaît l’affaire de Tisza-Eslar. Une jeune fille de 14 ans, appartenant à la confession réformée, disparaît. Dix-neuf familles juives habitent ce village hongrois. Bientôt le bruit se répand que les juifs 1 ont tuée pour avoir son sang; c’était la veille de Pâques: ils ont mêlé son sang chrétien au pain sans levain de leur Pâques. Un cadavre repêché plus tard dans la llieiss est reconnu par six personnes comme étant celui de la jeune fille; mais la mère restait incrédule, et d'autres témoins, choisis par elle, refusèrent de reconnaître le cadavre. La passion antisémitique était soulevée; 1 opinion était faite. Treize malheureux juifs furent arrêtés. Le juge d instruction, grand ennemi d Israël. ? occupe avec une activité féroce à confirmer la conjecture que sa haine aveugle a conçue. Le sacristain de la gogue avait un fils âgé «le 13 ans : il le cita devant lui. L’enfant ne savait rien du meurtre. Mais le juge, voulant