TROUBLES NERVEUX GUÉRIS PAR L'ÉMOTION
supprimées, etc., sont fréquemment l'occasion de ces promptes guérisons. »
J’ai vu dans cet hospice, trois cas de ce genre, que je résume brièvement :
1° Dans le premier cas, il s’agit de la contracture d’un membre inférieur datant de quatre ans au moins. En raison de l’inconduite de la malade, je fus obligé de lui adresser une vigoureuse semonce et de lui déclarer que je la renvoyais. Dès le lendemain, la contracture avait entièrement cessé.
2° Le second cas concerne une femme également atteinte d’une contracture limitée à un seul membre. Les crises hystériques proprement dites avaient depuis longtemps disparu. Cette femme fut accusée de vol: la contracture, qui avait duré depuis plus de deux ans, se dissipe tout à coup à l’occasion de l’ébranlement moral que produisit celte accusation.
3° Dans le troisième cas, la contracture avait pris une forme hémiplégique ; elle affectait le côté droit et était surtout prononcée au membre supérieur. La guérison survint presque tout à coup, dix-huit mois après le début, à la suite d’une vive contrariété. »
Charcot rappelle à ce propos un article publié par Littré dans la Revue de philosophie positive , intitulé : Un fragment de médecine rétrospective {Miracles de saint Louis), et dans lequel on trouve l’histoire de plusieurs cas de paralysies guéries après des pèlerinages faits à Saint-Denis, au tombeau où les restes du roi Louis IX venaient d’ètre déposés '.
Parmi les observations de guérison opérées à Lourdes et recueillies par M. Henri Lasserre, je vais en relater quelques-unes, en les résumant :
Catherine Latapie-Chouat, tombée du haut d'un chêne en octobre 183(1, s’était fait une forte luxation au bras droit et surtout à la main. La réduction fut opérée avec succès; mais, en dépit des soins les plus intelligents le
1 Ciunc.OT, Leçons sur les maladies du système nerveux. Paris, 1 872-73.
GUÉRISONS DK LOURDES
pouce, l'index et le médius demeurent absolument recourbés, sans qu il soit possible ni de les redresser, ni de leur faire faire un seul mouvement. L’idée lui vint d’aller à la grotte de Massabielle, à 6 ou 7 kilomètres de chez elle. Elle y arrive à la naissance du jour, et après avoir prié, va baigner sa main dans l’eau merveilleuse. Et aussitôt sa main se redresse; elle peut ouvrir et fermer ses doigts qui avaient pris leur souplesse naturelle, comme avant l’accident.
On trouvera parmi nos observations des exemples analogues de contracture de la main, même d’origine organique, entretenue par une modalité fonctionnelle nerveuse, instantanément guérie par la suggestion.
.Marie Lanou-Domengé, âgée de quatre-vingts ans, était depuis trois ans atteinte dans tout le côté gauche d’une paralysie incomplète ; elle ne pouvait faire un pas sans un secours étranger. Un jour la paysanne, entendant parler de la source de Massabielle, envoya quelqu’un à Lourdes chercher, à la source même, un peu de cette eau qui guérissait. Elle se lit lever, habiller; deux personnes la soulevèrent et la mirent debout, en la souten.int sous les épaules. Alors elle étendit sa main tremblante vers l’eau libératrice, y plongea ses doigts, fit un grand signe de croix, porta le verre à ses lèvres, en but lentement le contenu. Puis elle se redressa, tressaillit et poussa comme un cri de joie triomphale : «Lâchez-moi ! lâchez-moi vite ! Je suis guérie.» El elle se mit à marcher comme si elle n’avait jamais été malade.
Nous relatons aussi le fait d’une vieille femme qui ne pouvait depuis deux mois se tenir debout, et qui marcha après deux séances de suggestion hypnotique.
L enfant Tambourné, âgé de cinq ans, présentait, d’après les rapports des médecins, depuis quelques mois, les symptômes d 'une coxalgie au premier degré : douleurs très vives au genou, obtuses à la hanche, déviation en dehors de la pointe du pied, claudication d’abord, puis impossibilité de marcher sans provoquer