‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 179 sur 265 · RAMOLLISSEMENT DANS LES CORPS STRIÉS · texte numérisé non relu

RAMOLLISSEMENT DANS LES CORPS STRIÉS

par elle; quand il ne dormait pas une nuit à cause de l’orthopnée, je ('hypnotisais le lendemain et grâce à la suggestion, les nuits suivantes étaient calmes; la dyspnée était réduite à un minimum. Cependant l'évolution organique de l’emphysème amena graduellement une oppression avec cyanoses permanentes. — A partir du moisde septembre 1884, le malade ne put plus guère quitter le lit jusqu'à sa mort.

Autopsie : Emphysème pulmonaire considérable avec splénisation des lobes inférieurs. — Dilatation du cœur droit. — Plaques athéromateuses de l’aorte. — Congestion veineuse et du foie des reins.

Examen du cerveau : œdème sous-arachnoïdien assez notable.

Hémisphère gauche: foyer de ramollissement légèrement ocreu.t ayant Om,OI2 de largeur, 0“*,0 1 8 de diamètre antéropostérieur sur la convexité du lobe occipital, immédiatement derrière le sillon qui le sépare du lobule pariétal intérieur.

Hémisphère droit. — En taisant des coupes horizontales, arrivé au niveau de la face supérieure du corps strié, on tombe dans une cavité sphérique contenant un liquide séreux tapissé par une fausse membrane jaune oereuse, lisse, séreuse, se laissant détacher facilement; cette cavité étalée mesure 0m.02o d’avant en arrière, 0m,03 de largeur, Üm,02 de hauteur. A ce niveau, ce foyer est situé immédiatement en arrière de l'extrémité postérieure de la couche optique, et à la région de la capsule blanche interne, contigu en dehors par sa partie antérieure au segment postérieur de l’insula, vers son bord supérieur. Ce segment aminci présente un orifice de 0m,003 qui s’ouvre dans une excavation que nous trouvons dans les coupes suivantes.

Une seconde coupe à un centimètre environ au-dessous montre la couche optique et le corps strié ramollis dans leur tiers postérieur, avec la portion de la capsule blanche intermédiaire. La longueur du ramollissement à ce niveau est de 4 centimètres dont I cenlim. et demi ont conservé leur coloration blanche, le restant du tissu étant mou, déchiqueté, jaune ocreux; la capsule blanche est ramollie dans une étendue antéro-postérieure de 1 centim. 8.

Sur une troisième coupe, a un centimètre environ audessous, on voit la cavité se prolonger dans le tiers postérieur de la capsule blanche externe de l avant-mur ; sa paroi externe est constituée par la substance grise du tiers postérieur du lobule de l’insula. La capsule blanche externe mesurant à ce niveau 5 centim. et demi de longueur, le foyer en

OBSERVATION

comprend 2 centim. 3. A ce niveau, presque toute la moitié postérieure du segment externe du corps strié est détruite: les deux segments internes, dans une étendue de 7 millimètres depuis leur extrémité postérieure, présentent une teinte ocreuse. Enfin, sur la même coupe, la lésion s'avance dans la capsule blanche interne, juste à l’origine du tiers postérieur; le tissu est ramolli là dans une étendue de 5 millimètres seulement d’avant en arrière et la lésion affleure le bord externe de la couche optique sur lequel elle empiète dans une profondeur de 4 à 5 millimètres.

Une quatrième coupe au-dessous ne montre plus rien.

Le mésocéphale, le bulbe et la moelle conservés ne présentent pas de sclérose descendante du faisceau pyramidal.

Cette observation présente un très grand intérêt à divers points de vue. Il s'agit d'un foyer de ramollissement central ayant donné lieu à une hémiplégie gauche incomplète avec hémianesthésie complète sensitivo-sensorielle, tremblement post-hémiplégique et contracture secondaire.

L’aimant appliqué au bout de un an sur le coté gauche de la face a ramené en quelques heures la sensibilité sur tout le corps et celle des sens spéciaux; les jours suivants, la sensibilité continue à se perfectionner, la force musculaire s’est considérablement accrue, la raideur musculaire a disparu momentanément, le tremblement qui entravait les fonctions des membres supérieurs a diminué dans de très grandes proportions au point de ne plus gêner la fonction de préhension perdue, et a fini par disparaître complètement. La contracture seule au bout de quatre mois a envahi de nouveau graduellement les muscles, surtout ceux du membre supérieur et la main s’est refermée. Vingt mois plus tard cette contracture reproduite avec l’exagération des réflexes tendineux, a cédé définitivement à la suggestion hypnotique.

Une première question se pose : L’aimant a-t-il une vertu thérapeutique spéciale? Ou bien n'a-t-il agi que comme influence suggestive chez un malade que nous avons vu par la suite être éminemment suggestible même a l’état de veille? Est-ce la foi en l'aimant est-ce

Page 1