‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 180 sur 265 · INTERPRÉTATION DES SYMPTOMES · texte numérisé non relu

INTERPRÉTATION DES SYMPTOMES

l’attention expectante du sujet repliée sur elle-même et se suggérant le retour de la sensibilité qui a mis en jeu le mécanisme cérébral de la guérison? La question ne me parait pas encore résolue définitivement.

Quoi qu'il en soit, comment expliquer la disparition soit par une action spéciale de l’aimant, soit par l’action psychique de la suggestion, de phénomènes aussi persistants, hémianesthésie, tremblement, exagération des réflexes tendineux, contracture, qui semblent au premier abord directement commandés par une lésion organique?

La conductibilité centripète des impressions sensitives interrompue par le foyer intéressant la capsule blanche interne, dans son tiers postérieur, a-t-elle pu se rétablir par d’autres voies, ou est-ce par les fibres blanches encore intactes de cette région, sur la troisième coupe, vers la base du cerveau? Êst-ce à la faveur des fibres du carrefour sensitif, encore conservées, mais affectées dans leur seul organisme fonctionnel, que l’aimant, influence suggestive ou autre, a pu restaurer la sensibilité musculaire et tactile? cela est possible.

Remarquons aussi que la partie antérieure de la capsule blanche interne n’était pas détruite, que le faisceau médullaire n’avait pas subi de dégénérescence descendante. Il s’agissait donc d’une irritation purement dynamique de ce faisceau, frappé par lésion de voisinage. On sait d ailleurs que la contracture secondaire n’est pas, comme dit très bien Charcot, fonction directe du faisceau pyramidal; mais la lésion ou l’irritation de ce faisceau retentit, grâce aux relations anatomiques directes qui paraissent exister entre lui et elles, sur les cellules motrices des cornes antérieures. De là la contracture ou l'augmentation de tonicité musculaire; delà l'exaltation de l'action réflexe excilo-molrice delà moelle se traduisant par l'exagération des réflexes tendineux. — Si cet état irritatif s'étend par diffusion aux autres éléments ganglionnaires de la région, il en résultera une exaltation des propriétés de ce système. Chaque excitation transmise par le cerveau à un groupe de

OBSERVATION

cellules motrices, au lieu de s’y localiser, pourra s’irradier à un ou plusieurs groupes voisins; de là résulte que le mouvement intentionnel se compliquera de mouvements plus ou moins désordonnés involontaires. Et l’on verra apparaître, suivant le degré plus ou moins intense de cette exaltation de la moelle, suivant le mode de réaction variable sur chaque individu, de l’hémi-tremblement, ou de l’hémichorée. Le tremblement, la contracture, la trépidation réflexes sont donc trois phénomènes dus à un mécanisme pathogénique commun, à l’exaltation de la substance grise ganglionnaire excito-motrice associée au faisceau pyramidal.

L’aimant, agissant en premier lieu, en suspendant ces phénomènes en même temps que l’anesthésie, a-t-il agi directement sur la moelle épinière dont il diminuerait l’excitabilité exagérée? Je ne le pense pas. Le tremblement et la contracture ont disparu après le retour de la sensibilité; et j’incline à penser que la disparition de ces symptômes était liée à la restauration du sens tactile et musculaire. Par quel mécanisme?

Les physiologistes admettent que le cerveau a une influence modératrice sur l’excitabilité réflexe de la moelle. Averti par les impressions qui lui arrivent de ce qui se passe dans les muscles et les organes mis un mouvement, de la position des membres, du degré de contraction des muscles, de la vitesse des mouvements, etc., le cerveau peut agir en connaissance de cause, si je puis dire, bien qu’à notre insu, par un mécanisme réflexe et contribuer à diriger l'harmonie et la régularité des mouvements. Sans doute, chez un sujet sain, dont la moelle fonctionne normalement, une fois que ces mouvements complexes de la préhension, de la locomotion, etc., tous les jours répétés, ont été pour ainsi dire assimilés par la moelle, ils continuent à se faire presque exclusivement parle mécanisme spinal, automatiquement en quelque sorte, sans que l’intervention consciente ou inconsciente de l’encéphale soit nécessaiae. Mais il n’en est plus de même lorsque la moelle fonctionne anormalement, lorsque l’excitabilité anormale de sa substance grise gan-

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