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HYSTÉRIE ET SOMNAMBULISME

disparition des convulsions, retour de l’appétit; elle ne se lèvera pas pendant la nuit, elle songera à rester très tranquille dans son lit. Au réveil, elle n'a souvenir de rien.

Le 20, sa maîtresse me raconte qu’en sortant de chez moi, elle a eu faim et a acheté un petit pain. Elle n’a pas eu de crise le soir , simplement quelques mouvements nerveux sans perte de connaissance; elle a soupé avec appétit. — Je la remets en somnambulisme , elle me dit pendant son sommeil qu’elle s’est levée à dix heures du soir. Je lui suggère vigoureusement de ne plus se lever.

Le 21 , elle a été très bien hier; a bien mangé, ne s’est pas levée lanuit. Tout s’est borné encor e k quelques tremblements dans les bras vers huit heures et demie du soir. Suggestion.

Le 22, a encore eu, vers 8 heures et demie hiersoir, pendant une demi-heure, un léger tremblement nerveux dont elle n'a pas conscience et qui ne s'accompagne d’aucun trouble psychique. Nuit calme, appétit bon. Suggestion.

Pendant son sommeil, la malade étant quelque peu agitée, je suggère vivement le cal me, la tranquillité d’esprit, l’absence de tout mouvement nerveux, et elle continue à dormir calme.

23. — La malade parait guérie. Elle va très bien, est plus active, plusgaie; elle n'a plus eu de tremblements nerveux du tout. Je l’endors une dernière fois; bonne somnambule, elle réalise les hallucinations suggérées; elle me dit qu’elle ne se lève plus la nuit et n’a plus de crises nerveuses. Je suspends le traitement hypnotique; sa maîtresse doit me la renvoyer si la guérison ne se maintenait pas.

Observation XIII. — Hystérie. — Anesthésie. — - Rachialgie.

Efficacité de la première suggestion pour la restauration

de la sensibilité. — Augmentation de la force dynamométrique. Guérison totale en trois séances.

E. M..., quarante-deux ans, festonneuse, entre à l’hôpital le 4 novembre 1884. Mère de onze enfants dont sept vivants; la dernière couche remonte à trois ans. — Elle a nourri huit enfants. Elle vit séparée de son mari qui la battait, depuis deux ans.

Depuis un mois elle a des douleurs entre les deux épaules et au niveau de l’appendice xiphoïde; elle aurait eu, au début, en même temps, des douleurs abdominales avec oppres-

OBSERVATION

sion qui la tinrent alitée pendant huit jours. Dans lanuit du 1er au 2 novembre, elle dit avoir eu trois fois des faiblesses avec perte de connaissance; elle ne peut mieux spécifier. Le 2, elle dut rester alitée, se sentant trop faible pour se lever, et ne pouvant manger. Le 3, elle se leva, mais eut peine à se tenir debout, ne put encore rien manger et dut se recoucher à six heures du soir. A huit heures du soir elle sentit une violente oppression épigastrique et pp-rdit connaissance toute la nuit; elle ne se rappelle rien; mais on lui a dit qu’elle était très agitée et voulait se sauver.

A 1 âge de vingt et un ans, elle aurait eu déjà des crises (hystériques) semblables, et, depuis, elle en a eu, a diverses reprises, a la suite d’émotions; la dernière aurait été provoquée par des contrariétés avec ses enfants. Depuis son entree a 1 hôpital, elle ne se plaint que d’abattement.

Le 6, on constate : constitution délicate. — A.pvréxie pouls 68 régulier égal. - Intelligence nette. Respiration et bruits du cœur normaux. - Appétit faible ; elle mange cependant delà viande; le ventre est un peu ballonné; pas de selles depuis avant-hier. Le ventre est sensible, surtout dans la. région .sous-ombilicale. Leucorrhée abondante depuis deux ans. — Sensibilité très vive de la quatrième à la sixième apophyse épineuse dorsale.

Les doigts de la main droite sont sensibles ; le dos de la main est sensible au tact, mais analgésique; le bras, le thorax ta face et le membre inférieur du côté droit sont aussi analgésiques, mais ont conservé la sensibilité tactile :à qauche, analgésie générale, sans anesthésie, sauf à la main qui est complètement anesthésiée. Le sens musculaire est aussi peidu; la malade n a pas la notion de la position des mem- .ores. La sensibilité des muqueuses est conservée.

.a malade est hypnotisée et arrive au troisième degré suggestion. Au réveil la sensibilité tactile est revenue dans les doigts; l analgésie persiste, ainsi que la douleur rachiaienne. — I nc seconde suggestion hypnotique fait presque disparaître celle-ci. 1 1

, ^.e '> Ia rachialgie et la douleur abdominales continuent a cire très diminuées. Une nouvelle suggestion les fait disparaître complètement.

Le 8, l’anesthésie existe de nouveau jusqu’au milieu de i avant-h ras, avec analgésie et abolition du sens musculaire. Ue mune dans le pied droit. La rachialgie n'a pas reparu.

A mieux dormi cette nuit que les précédentes. — Suggestion hypnotique : au réveil la sensibilité tactile à la douleur

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