ANESTHÉSIE HYSTÉRIQUE GUÉRIE PAR SUGGESTION
et le sens musculaire ont reparu partout complètement, au pied et à la main. Pendant le sommeil, je fis la suggestion du retour de la sensibilité à la douleur; je la pique avec une épingle: malgré mon dire, elle ne manifeste aucune sensation, mais immédiatement après le réveil, elle retire vivement sa main quand on la pique.
Le 9, la sensibilité persiste. A bien dormi. Mange de bon appétit.
Le 10, continue à bien aller. La main droite donne 15 au dynamomètre et après suggestion hypnotique 31 ; la main gauche donne 20 avant et 30 immédiatement après.
Le 1 1 , va très bien. La main droite donne 36 avant et 38 après hypnotisation, la main gauche 31 avant et après. Le 14, main droite 39, main gauche 31. La malade continue à bien aller et demande sa sortie.
Observation XIV. — Hystérie. — Paraplégie {incomplète) avec anesthésie des jambes. — Restauration de la sensibilité en une séance, de la motilité en six séances.
M. G..., vingt et un ans, cigarière, entre à la clinique le 18 octobre 1884. Mariée depuis quatre ans, elle n'aurait vécu avec son mari, qui est très violent, que pendant deux jours, et est séparée de lui. A l'âge de douze ans, elle aurait eu une fièvre typhoïde, suivie de pleuro-pneumonie.
Réglée à quinze ans, elle a toujours été régulièrement menstruée, n'a pas de leucorrhée, n’a pas eu de grossesse. D’un tempérament névropathique, elle est sujette aux colères et a souvent des migraines et des névralgies, elle paraît aussi avoir quelques habitudes alcooliques. Son père est mort poitrinaire, sa mère est nerveuse, mais n'a jamais eu de crises hystériques; elle a un frère bien portant.
En 1 879, à la suite d’une violente colère, elle eut une crise hystérique qui dura six heures et fut suivie d une anesthésie et d’une contracture généralisée dans les membres et la mâchoire qui persista complète pendant huit jours; elle resta six semaines à l'hôpital avant d’être totalement guérie.
En 1881, à la suite de contrariétés, elle eut une nouvelle crise hystérique violente qui dura deux heures et fut suivie de paraplégie avec anesthésie. Cette paraplégie persista pendant, quinze jours ; elle resta trois semaines à l'hôpital.
Le 18 novembre 1884, en arrivant le matin à six heures et demie à la manufacture de tabac, elle eut, sans cause appré-
OBSERVATION
ciable, une nouvelle crise gui avait été précédée de céphalalgie pendant deux a trois jours. Elle sentit que tous ses « nerfs» se tordaient; elle cria, appela au secours, puis tomba sans connaissance. Elle resta ainsi pendant une neure, se débattant, se roulant par terre, heurtant la tête contre le sol Environ un quart d’heure avant de lomber. elle ava|t une sensation de boule a la gorge qui l’empechait de respirer. A son réveil, elle eut une soif vive; ses jam hs étaient raides et incapables d'exécuter aucun mouvement.
. Le 19 novembre, on constate : intelligence nette. Les jambes sont dans l’extension ; elle tlechit un peu les pieds et les orteils, mais ne peut fléchir les genoux; elle peutsoulever les deux jambes à huit centimètres de hauteur seulement. Anesthésie avec analgésie complète depuis les rotules jusqu aux extrémités des orteils. Les mouvements réflexes existent, mais peu accentués. Le sens musculaire est aboli dans es jambes. Pas d ovarialgie. — Accuse une douleur à la région tronto-pariétale gauche.
J essaie d abord pendant quatre minutes la suggestion à état de veille sans résultat. Alors je l' hypnotise ; elle vient en sommeil profond , sans souvenir au réveil : elle obéit aux suggestions pendant le sommeil, mais ne réalise pas les suggestions post-hypnotiques.
Au réveil, la sensibilité tactile et à la douleur est revenuela malade plie les deux genoux, encore difficilement, à anrlé obtus. La douleur fronto-pariétale a disparu.
Cette douleur revient dans l'après-midi, pour redisparaitre spontanément Je soir. De plus, à une heure, elle est prise une douleur a I épaulé gauche, dans la fosse sus-épineuse, empêchant 1 élévation des bras au-dessus de l'horizontale La malade e.-saie de se lever, mais ne peut se tenir sur ses jambes.
Le 20, la sensibilité est restée intacte. A bien dormi la
iamhM* d°U 6UJ a,lePaule Persiste; elle peut fléchir les jambes a angle droit.
Réveü7enStai!i0” ! so,1,meil raPide el profond. Suggestion.
Ap? es le i éveil, la douleur à l'épaule a complètement dis-
f Pei!L CVCr le üraS complètement; elle fléchit les jambes plus vite el a angle droit.
~ ^nie état : elle plie les jambes à arnfle aigu, mais conserve toujours une certaine raideur.