APHONIE NERVEUSE GUÉRIE PAR AFFIRMATION
votre voix»; et pendant que j’applique la main sur le larynx et que j’imprime quelques mouvements à l’organe, j’ajoute : « Maintenant, vous pouvez parler à haute voix. Dites : A ». Elle dit d’une voix aphone : A. J’insiste à haute voix : « Vous pouvez parler. Dites : A, A ». Elle prononce d’une voix nette : A; puis B. Maintenant, dites : Marie ». Elle dit : «Marie», et continue à parler très distinctement. L’aphonie était bien nerveuse, elle était guérie par simple affirmation.
Je dis alors aux élèves: « Cette malade, si impressionnable par simple affirmation, doit être facilement hypnotisable ». En effet, je lui ferme simplement les yeux et je lui dis : « Vous dormez ». Elle est en sommeil profond; les bras restent en catalepsie suggestive; l’anesthésie suggestive est complète; on peut lui donner des hallucinations pendant son sommeil; mais les suggestions post-hynotiques ne réussissent pas. L’aphonie reste définitivement guérie.
L'insomnie dont elle se plaignait disparait aussi par suggestion au bout de deux jours. Le 10, la malade se plaint de céphalalgie. Sommeil provoqué et suggestion le matin. La céphalalgie disparait peu à peu dans l’après-midi.
La malade quitte l’hôpital le “26 mai, parlant bien, dormant bien, ne se plaignant de rien; l’inappétence seule a résisté jusqu’à ce jour à la suggestion.
Observation XVIII. — Epilepsie : tremblement des mains,
insomnie, céphalalgie consécutifs, guéris par suggestion.
Augmentation de la force dynamométrique.
Alphonse L...,, tisserand, âgé de quarante ans, entré le 21 octobre 1884, est un épileptique. Pas d’antécédents héréditaires directs. Pendant l’âge de six à treize ans, il a eu des abcès ganglionaires suppurés dans la région sousmaxillaire. A huit ans, première attaque sans aura ; quatre ans après, si ses souvenirs sont précis, ce qui est toujours douteux pour les épileptiques, il aurait eu la seconde précédée d’une sensation de feu qui lui traversait la tête, d’un coup sur le crâne, de pesanteur épigastrique, de frayeur, de flexion et d’extension alternatives du pouce. Il aurait été assez bien portant, sauf de petites attaquesjusqu’à vingt an s. Depuis, les attaques sont plus fréquentes; il y a quatre ans, il se cassa le bras en tombant. Sa femme raconte qu’il a quelquefois trois ou quatre attaques par semaines. Depuis
OBSERVATION
douze ans, il est resté tout au plus deux mois sans avoir d'attaque; il y a dix-sept jours, il a eu trois attaques dans la journée, après être resté huit jours sans en avoir; la semaine qui a précédé son entrée à l’hôpital, il a eu trois attaques. Il a souvent, d’ailleurs, trois ou quatre attaques dans la journée avec coma intermédiaire; il s’est quelquefois mordu la langue, mais n’a jamais d’urine involontaire. Il a eu une attaque le 18 à huit heures du soir, deux dans la journée du lendemain 19, et une dans la soirée; le lendemain, il se trouva trop faihle pour aller travailler. Chaque attaque est suivie de tremblements pendant plusieurs jours. De plus, depuis deux ans, il aurait des secousses convulsives presque toutes les nuits. Souvent, avant les attaques ou après, quelquefois à huit jours de distance, il a des divagations et des hallucinations passagères.
On constate une intelligence un peu obtuse, un tempérament lymphatique, la constitution est délicate. Léger tremblement généralisé dans les deux mains, qui existe depuis le 18. Au dynamomètre, la main droite donne 22, la gauche 37.
Le 23, le tremblement continue ; il dit avoir eu de la raideur dans les membres supérieurs pendant la journée.
Le 24, même état. Céphalalgie. Hypnotisation ; somnambulisme léger. Suggestion. Au réveil, la céphalalgie a disparu. La nuit suivante, le malade dort bien, ce qu'il n'avait pas fait depuis huit jours. Le tremblement disparait aussi.
Le 26, nouvelle suggestion ; le malade continue à se trouver mieux; le tremblement, qui était très accentué avant la première séance, n’a pas reparu; et le malade dort bien toutes les nuits, sans aucune secousse.
Le 31, la main droite donne au dynamomètre 30, et. après une suggestion hypnotique, 47. La main gauche donne 27 avant et 37 après.
Le 1er novembre, la main droite donne 40 avant et 31 après; la gauche reste à 37.
Le 2, le malade continue à bien aller; il n’a eu ni crise, ni tremblement. La main droite donne 37 avant et 43 après; la main gauche 39 à 46. Le malade reste encore jusqu'au 9 novembre; il ne se plaint plus de rien et demande son exeat.
Il ne s’agit que de troubles nerveux consécutifs à des attaques d’épilepsie : céphalalgie, tremblement, afTai-