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CHORÉE. GUERISON GRADUELLE PAR SUGGESTION

de cette main. Elle traîne la jambe et tombe souvent. Ses nuits sont agitées.

Elle est mise en somnambulisme très facilement, par simple occlusion des yeux. La douleur à la cicatrice disparaît à la première séance, et sa mère peut la laver sans qu'elle accuse la moindre sensibilité.

Les mouvements diminuent d’intensité après chaque séance. Après quatre séances, ils restent manifestement moindres; le second sommeil à partir de minuit est encore agité. Avant les séances, elle ne pouvait pas dormir du tout; la petite malade est moins triste. Dans la nuit du 26 au 27, elle est encore très agitée. Elle remue la nuit, en dormant ; sa mère dit qu'elle est méchante, bat son petit frère. Tous ces symptômes disparaissent graduellement, mais ne disparaissent à peu près définitivement que dans les premiers jours d’avril ; de ce moment elle ne remue plus et écrit bien de ia main gauche.

A partir du i avril, l'hypnotisation est suspendue. L’enfant revient le 16, l’amélioration s'est maintenue; je l’hypnotise encore quelquefois, et, huit jours plus tard, toute trace de chorée a disparu.

Ainsi les (roubles localisés survivant à la chorée, secousses dans un membre, tremblement, irouble dans les mouvements de l’écriture, peuvent céder rapidement à la suggestion.

La chorée généralisée, prise dès son début, m’a paru plus difficile à influencer. Outre l’observation que je rapporte, j’ai essayé dans d’autres cas. En général, il m’a semblé que tant que la chorée est générale, intense, furieuse, avec participation des yeux et de la face, avec troubles psychiques, la suggestion n’a [tas prise. Quand la maladie est entrée dans une période d’agitation moindre, l’hypnotisation réussit souvent rapidement à diminuer l’intensité des mouvements désordonnés; mais il faut la continuer pendant des semaines avant d’arriver à leur cessation complète.

Observation XXXV. — Crampe des écrivains datant de trois ans. — Amélioration rapide dès les premières séances. — Rechutes passagères. — Guérison totale après deux mois de suggestions.

IL C..., quarante-sept ans, est comptable depuis vingt-cinq

OBSERVATION

ans; il vient me voir le 1 8 novembre 1 883, pour une crampe des écrivains. C’est un homme bien constitué, intelligent, nullement nerveux, qui n’a jamais eu de maladie. Il raconte qu’il y a environ trois ans, il a ressenti les premiers phénomènes de sa crampe, se traduisant d’abord par une flexion des cinq doigts, quand il avait écrit cinq ou six lignes; après un certain temps d’arrêt, il écrivait de nouveau quelques lignes et la crampe reprenait. Ces phénomènes allèrent en augmentant; il y a deux ans, la crampe se manifestait après trois lignes d’écriture ; il y a un an, il pouvait tout au plus écrire une demi ligne, et la crampe en flexion survenait. 11 attacha alors la plume tout de son long à l’index, et grâce à cet expédient il put écrire assez bien pendant trois à quatre mois ; mais bientôt les trois autres doigts s'infléchissaientau point de s’inscruster dans la chair, dit-il. Depuis six mois, s’il écrivait une adresse, arrivé à Mons. ,1a crampe se produisait, les cinq doigts se fermaient; la crampe disparaissait quand il rejetait la plume et reparaissait après deux ou trois lettres, avec une intensité telle quela plume perçait le papier.

La fixation de la plume sur l’index ne réussissant plus, il chercha un autre moyen; il tint la plume appuyée par son bout contre l’extrémité du pouce et sa tige était tenue horizontalement entre les doigts infléchis, l'extrémité passant entre les deux derniers doigts; mais bientôt le pouce, dit-il, appuyait tellement fort sur la plume, qu’il lui fallut arrêter. Depuis deux ans, il a dû quitter sa place de comptable pour entrer dans les assurances. Depuis trois mois, il a exercé sa main gauche à écrire.

Le 18, je l'endors; il est au troisième degré. Je suggère la disparition de la crampe. A son réveil, il écrit deux lignes et demie avant que la flexion des doigts ne l’arrête.

Le 19, nouveau sommeil; troisième degré; au réveil, il écrit très bien huit lignes sans crampe.

Le 20, je le mets en somnambulisme, sans souvenir à son réveil. Il écrit bien à son réveil: à la neuvième ligue seulement, se produit une flexion légère des trois derniers doigts qui disparaît par simple affirmation, mais qui reparaît plus légère à la ligne suivante; il éprouve aussi une certaine raideur dans le poignet.

Le 21, il me montre une lettre de commerce qu'il avait pu écrire la veille; il n’a presque plus de crampe, mais toujours de la raideur dans le poignet. — Continuation delà suggestion.

Le 22, la raideur a disparu; il écrit bien; il y a encore

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