CRAMPE DES ÉCRIVAINS GUÉRIE PAR SUGGESTION
quand il écrit, une légère tendance à la flexion, mais qui n aboutit pas entièrement ; il redresse les doigts immédiatement. De plus, avant la suggestion, il ne pouvait pas écrire un seul chiffre, avec un crayon court, n'appuyant pas sur la commissure interdigitale enlre le pouce et l'index. La flexion était immédiate, aussitôt que le crayon était sur le papier; il lui fallait le tenir presque horizontalement. — Depuis hier, il a pu écrire avec un crayon court.
Le 23, ce résultat se maintient; il n’a plus ressenti ni crampe, ni flexion dans les doigts. — Suggestion quotidienne.
Le 24, il dit que cela va bien, sauf le poignet qui reste immobile ; les doigts sont plus souples. Je le fais écrire pendant le sommeil, en suggérant de la souplesse dans le poignet. Les jours suivants, même état; il accuse toujours de i immobilité dans le poignet, qui se manifeste surtout quand il a écrit quelaue temps.
Obligé de m’absenter le 30, pendant deux mois, je prie M. Liébeault de continuer les suggestions.
Voici ce que le malade a noté :
Le 30, j écris après la séance : le poignet est toujours immobile, il ne fait aucun mouvement, ce qui gêne beaucoup pour écrire; les doigts vont bien.
Le Ier décembre, le poignet a remué un peu, et il me semble en ce moment moins raide.
Le 2, après la séance etavant de quitter M. Liébeault, j'ai très bien écrit au crayon, lepoignet étant plus mobile, mais en ce moment, il redevient moins mobile, le pouce appuie plus fort que les autres doigts.
Le 5, en écrivant très lentement et en pensant toujours qu il ne faut pas appuyer, cela vamieux; maisc’est toujours le pouce qui presse sur la plume. Après avoir dormi, le pouce exerce bien moins de pression «ur la plume; j’écris mieux, surtout en écrivant lentement. Le poignet lui-même est moins raide.
Le 7, il y a certainement du mieux dans le poignet; le pouce n’a plus qu’une petite tendance à presser la plume.
Le 17, IL G. .. dit avoir écrit trois lettres, les deux premières allaient bien: la troisième allait moins bien, et il écrivit de nouveau assez mal. I.e poignet fonctionne un petit peu ; c’est le pouce qui exerce une pression sur la plume.
Le \i>, le pouce continue à appuyer toujours davantage, cependant des spécimens d écriture de chaque jour montrés par le malade indiquent qu’il écrivait très bien.
OBSERVATION
Mais lesommeil hypnotique est moins profond depuis quelques jours, ce qu’il attribue à ce que M. Liébeault l'endort dans une salle pleine de monde, où il y a beaucoup de bruit, tandis que chez moi, il dormait seul et sans bruit dans mon cabinet. Il ne retourne plus chezM. Liébeault et discontinue le traitement jusqu’au 29 janvier , après mon retour à Nancy. La flexion du pouce appuyant sur la plume avait augmenté, et entravé l'amélioration.
Le 29, cetle flexion avec un moment d’arrêt dans l’écriture se produit assez souvent, tous les trois mots : les autres doigts ne s’infléchissent plus, mais le poignet est immobile.
Après une nouvelle séance le 29, le pouce ne fléchit plus immédiatement après la séance, dans mon cabinet; mais, chez lui, la flexion se reproduit.
Le 30, il écrit quatre lignes chez lui et ne peut plus continuer, le pouce et l'index fléchissant tous deux ; la plume lui échappe de la main. Il essaya en vain de continuer: les lettres n’avaient plus déformé.
Ier février, il écrit assez bien avant la suggestion et très bien après.
Le 2, il dit qu'il écrit bien à de certains moments, d'autres fois le pouce et l’index fléchissent, et alors il est obligé de s’arrêter; une fois que ses doigts commencent à fléchir, il sent un picotement dans l’avant-bras; ce picotement, il l'éprouve aussi, surtout le soir, quand il est tranquille et sans écrire.
Je le mets en somnambulisme et je le fais écrire dans cet état, les yeux ouverts : il écrit très bien ; je lui suggère la disparition du picotement.
Le 3, il dit n avoir plus ni douleur, ni picotement; il écrit bien. Mais quandil écrit chez lui, en dehors de ma présence, au bout d'un certain temps, le pouce et l'index fléchissent ; les picotements douloureux ont cessé.
Le 4, il écrit trèsbien chez moi. Toujours un peu de flexion dans le pouce chez lui et la main devient lourde au bout d'un certain temps.
Le 5, il a pu écrire chez lui une lettre d’une page et demie; l’écriture se maintenait bonne jusqu'à la fin; mais il sentait une fatigue dans la main. — 11 continue à très bien écrire lesjours suivants.
Le 8, il accuse encore une flexion du pouce et de l'immobilité dans le poignet. — Après chaque suggestion dans mon cabinet, il écrit très bien sans llcxion et sans raideur. Celles-ci ne se produisent que chez lui.