‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 235 sur 265 · GASTRITE AMÉLIORÉE PAR SUGGESTION · texte numérisé non relu

GASTRITE AMÉLIORÉE PAR SUGGESTION

pas encore dormi la nuit. Il se plaint de nouveau ce matin de céphalalgie frontale et d’élancements épigastriques q ui disparaissent par suggestion. 11 quitte l’hôpital ce jour, mais revient trois fois jusqu’au 16 se faire hypnotiser.

Le 1 6, il dit avoir, pour la première fois depuis trois mois, dormi tranquille « comme un pair de France ». Il na plus d’aigreur ni de douleur épigastrique, il se sent plus fort, a cherché de l’ouvrage hier, et s’est engagé comme fossoyeur. Il promet qu’il ne boira plus d’eau-de-vie; cependant, bien que nous lui ayons suggéré du dégoût pour l’alcool, il n'en éprouve pas. Il accuse seulement encore un manque d’assurance dans les pieds ; il ne sent pas très bien le sol, il lui semble que ses pieds s’y enfoncent. Après une suggestion hypnotique faite dans ce but, il se sent plus solide.

Il revient l’année suivante le 31 janvier 1883; dit avoir été bien portant jusqu’à il y a quinze jours. Accuse depuis cette époque des accès de fièvre intermittente, d’abord à deux heures, puis à trois et à quatre heures du matin : le dernier, le quatrième aurait eu lieu dans la nuit du 30 au 31 à quatre heures du matin. 11 avait eu, il y a vingt-deux ans en Afrique où il était soldat, de fréquents accès de fièvre, et depuis son retour il aurait tous les printemps trois ou quatre accès qui disparaissent par le sulfate de quinine. Depuis cette fièvre, il sent un brisement dans les membres, de l’inappétence, avec dégoût pour les aliments; de plus une sonnerie dans la tête et l’oreille gauche.

Le 2 février nous le trouvons anémique, sa constitution est détériorée, sa température normale. Respiration nette, sauf quelques sibilances à l’inspiration.

Bruits du cœur normaux; souffle doux mitral systolique. Udits’être bien porté et avoir bien digère jusqu'à ily aquinze jours.

S’il faut l’en croire, il n’aurait pas renouvelé ses excès alcooliques depuis l’année dernière et il se serait contenté d’une goutte le matin.

Quoi qu'il eu soit, depuis quinze jours, il a de nouveau des renvois après avoir mangé, et de l’inappétence; il ne vomit pas et a des selles régulières. Enfin depuis le même temps aussi, il a de nouveau de l’insomnie avec cauchemars.

La fièvre ne réparait plus depuis son entrée à l’hôpital.

Hypnotisé le 2 au soir, il dort très bien la nuit, sans rêves, se réveillant trois ou quatre fois la nuit. Il se plaint d’une sensation de feu dans la poitrine. — Suggestion.

OBSERVATION

Le 4, l'appétit et les digestions sont meilleurs. La sensation de feu dans la poitrine et la sonnerie dans la tête et 1 oreille gauche persistent. Continuation de la suggestion.

Le 5, va mieux. 11 a dormi, mais seulement jusqu’à une heure du matin. La sensation de feu dans la poitrine a beaucoup diminué à la suite de la suggestion. Le bruit de sonnerie persiste. 11 n’a plus de renvois. — Demande son exeat.

Observation XL1V. — Gastrite chronigue. Dilatation de l'estomac. Vomissements opiniâtres. Amélioration notable et cessation des vomissements par suggestion, sans guérison complète.

H... (Charles), vingt-trois ans, entré le 20 janvier 1885, sortant de la maison des aveugles; il a perdu la vue à quatorze ans. Aurait eu déjà à cette époque une gastrite qui dura deux mois; il vomissait tous les aliments et même en dehors des repas.

Actuellement il serait de nouveau malade depuis quatre ans; l'affection aurait commencé par une constipation opiniâtre qui persista huit à dix jours; après une purge, survint une diarrhée qui dura trois mois, accompagnée de coliques avec un peu de ténesme.

Après un mois de diarrhée apparurent des vomissements qui persistent encore, avec des intermittences de dix jours à six semaines; et pendant ce temps subsiste de la lourdeur d'estomac. Il a été souvent arrêté dans son ouvrage; exceptionnellement, il a pu travailler du 8 octobre au 6 décembre d’une façon continue. Depuis il n’a cessé de vomir. 11 y a quatre ans, a été au service de M. Parisot où il fut soumis à des lavages d'estomac.

On constate : constitution délicate. Lymphatisme, amaigrissement; apyrexie. Appétit ordinairement irrégulier, quelquefois très ho.i, actuellement perdu, sans dégoût. Accuse une sensation de douleur stomacale qui se prolonge cinq à six heures après les repas. Vomissements parfois immédiats, d’autres fois une à deux heures après les repas; quelquefois il vomit au repas du soir ce qu il a mangé le matin.

Souvent il a des renvois qui durent toute la journée, fréquemment aigi es, avec pyrosis, même en dehors des repas, surtout après les vomissements. Eructations fréquentes; par-

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