‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 247 sur 265 · DOULEURS ARTICULAIRES ENLEVÉES PAR SUGGESTION · texte numérisé non relu

DOULEURS ARTICULAIRES ENLEVÉES PAR SUGGESTION

A six heures du soir je V hypnotise ; les douleurs disparaissent instantanément pour ne plus reparaître.

Le 16 au soir, il accuse de nouveau de fortes douleurs au niveau des malléoles et marche difficilement en boitant. Les douleurs sont enlevées par suggestion hypnotique : il peut marcher et courir instantanément.

Le I / . Depuis cette nuit, nouvelle douleur dans la fosse susépineuse droite, vers le bord antérieur du trapèze, à la partie inférieure du biceps des deux côtés et aux cous-de-pied. Cependant le malade marche sans que les mouvementssoient trop douloureux. Le soir, suggestion hypnotique : toutes les douleurs disparaissent.

Le 18 au matin, il ne signale plus que de la sensibilité vers le trapèze qui disparait par suggestion.

Le 20, le malade ressent de nouveau une douleur dans le cou-de-pied ; il ne peut se tenir que trois secondes sur le pied gauche. Cette douleur est de nouveau enlevée le 21 par suggestion.

Cette douleur, chaque fois enlevée totalement par la suggestion, réparait avec ténacité. Nous la retrouvons le 23 au soir; enlevée par suggestion , elle réparait au bout de quelques heures pendant la nuit, surtout derrière la malléole externe et est de nouveau enlevée le 24 par suggestion.

Cela se passe ainsi encore une huitaine de jours, puis la guérison devient définitive.

Observation LXV . Rhumatisme articulaire chronique datant de trois ans, localisé aux poignets et aux cous-de-pied. Guérison rapide en six séances.

R... (Charles), trente ans, journalier entre à l'hôpital le 13 décembre 1883; venant de la maison de secours l’hôpital atfeclé aux maladies chroniques, où il est depuis le 13 septembre. Il est aifecté de rhumatisme articulaire depuis trois ans. La maladie débuta par une douleur dans les genoux, sans gonflement notable qui ne l’empêche pas de continuer son travail. Après quinze jours à trois semai ries, cette douleur disparut et fut remplacée par une autre douleur dans les talons au-dessous des malléoles et qui dura deux mois. Puis une douleur vers le milieu du bras, ensuite aux deux poignets qui restèrent pris, douloureux et gênés dans leurs mouvements depuis deux à trois ans, sans gonflement notable; le poignet droit a été tuméfié

OBSERVATION

l'année dernière en juillet pendant trois jours; ie poignet gauche, il y a un mois et demi fut tuméfié pendant deux jours. Enfin les pieds sont gonllés et douloureux, le gauche depuis deux ans, le droit depuis un mois et demi. Les douleurs rhumatismales se sont développées sans fièvre ni réaction; au moment où elles ont commencé, il couchait dans une chambre fraîchement plâtrée, lia toujours pu travailler à Frouard, malgré ces arthropalhies, jusqu'au 2 b juin; depuis ce jour les douleurs étaient trop vives, et les mouvements trop gênés pour qu'il pût continuer à travailler.

Etat actuel : Constitution bonne, tempérament lymphatique. Santé générale bonne. A la main droite, douleur à l’articulation du poignet, surtout au niveau de la cubitocarpienne; les mouvements d'adduction et d'abduction sont impossibles: passivement imprimés, ils sont très limités, et déterminent une douleur vive au niveau du ligament cubito-carpien. Les articulations carpiennes et carpo-métacarpiennes au dos de la main sont sensiblement gonflées et douloureuses. Les muscles inlerosseux et ceux du pouce (éminence thénar) sont notablement atrophiés. Les phalanges sont libres.

Même état de la main gauche; douleur surtout dans l'articulation cubito et radio-carpienne. Donc dans les deux mains, ce sont surtout les mouvements du poignet qui sont presque totalement entravés.

Le pied droit est gonflé au niveau de l'articulation du coude-pied, il est douloureux surtout au cou-de-pied et au niveau de la malléole externe.

Le pied gauche est plus gonflé au niveau du cou-de-pied ; la douleur existe surtout autour et en avant de la malléole externe. Les mouvements d’adduction et d'abduction sont possibles, mais douloureux. La douleur est accusée à la malléole à la pression et pendant la marche. Celle-ci est pénible : le malade écarte la jambe gauche, et ne peut se tenir sur elle seule.

Le 14, suggestion hypnotique. Sommeil assez profond. Après la séance, le malade se tient un peu sur la jambe gauche seule, ce qu’il ne pouvait faire avant. La journée est assez bonne. Dans la nuit il a encore des douleurs.

Le 16, on constate exactement le même état qu'a son entrée; même état des poignets et des cous-de-pied. Le malade marche toujours en écartant la jambe gauche : il ne peut se tenir sur la filante du pied sans s appuver avec la main.

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