‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 248 sur 265 · ARTHRITES RHUMATISMALES CHRONIQUES GUÉRIES · texte numérisé non relu

ARTHRITES RHUMATISMALES CHRONIQUES GUÉRIES

Seconde séance : suggestion hypnotique, le sommeil est profond avec absence de souvenir au réveil. Immédiatement après, la douleur est beaucoup diminuée; il se tient deux à trois secondes sur la jambe gauche sans s’appuyer avec la main. Dans la journée, il a éprouvé un grand soulagement comparativement aux autres jours; dans la nuit, il n'a pas de douleur. La main droite reste encore douloureuse vers la tête du cubitus. Il trouve que les mouvements du poignet se font mieux.

17. — Les poignels sont encore douloureux; à droite, ce sont les articulations carpienne et carpo-métacarpienne. Laflexion et l’extension des poignets sont faciles, l’abduction est très limitée, l’adduction impossible. Le pied gauche est encore sensible. Après sommeil et suggestion, ces douleurs ont presque disparu. Vendant le sommeil, on a imprimé aux mains des mouvements d'adduction et d’abduction aisément et sans douleur, ce qui était impossible avant. Au réveil, ces mêmes mouvements sont possibles ; et il se tient quatre secondes sur le piedgauche. Nuit bonne. Sueurs : il a dû changer de chemise.

18. — Les mouvements d’adduction et d'abduction restent faciles dans la main gauche; ils étaient impossibles depuis un mois et demi; ils sont iaeiles aussi dans la main droite: il fait l’abduction sans aucune gêne, ce qu ilne pouvait faire, dit-il, depuis trois ans. La douleur a presque disparu. — On ne détermine non plus aucune douleur à la pression du cou-de-pied et des malléoles. Le malade marche très bien, sans écarter les jambes, sans douleur. Le pied gauche, qui autrefois tournait facilement en dehors, ne se renverse plus. Il dit que depuis deux ans, il ne marchait pas comme maintenant. Il se tient d'abord quatre secondes, puis sept secondes sur ce pied seul, ce qu'il était dans C impossibilité absolue de faire depuis deux ans.

Le 19 et le 20, cet état s'améliore encore par suggestion hypnotique. Le 20, il se tient vingt secondes sur le pied gauche ; il sort ce jour en ville et fait une assez longue course sans raideur ni la moindre douleur'.

Nous étions réellement surpris île ce grand changement : le malade était très étonné de pouvoir marcher aussi bien.

Le 21, nous apprenons par lasœur, qu'il disait auxautres malades du service qu'il ne dormait pas. Je l’interroge; il dit qu il dormait; il ne se souvient absolument de rien, ni des paroles prononcées, ni des mouvements imprimés pendant le sommeil. Mais il refuse de se laisser endormir de nouveau. Il prétend avoir été guéri trop vite (sic), que ce

OBSERVATION

n’est pas naturel, que cela reviendra. C’était au commencement de nos expériences hypnotiques; elles étaient alors mal vues par quelques personnes peu éclairées surce sujet. Nous ne doutâmes pasqu'unein/iuence contre-suggestive n’eût été exercée sur le malade, qui prit peur et quitta l’hôpital, guéri et peu reconnaissant.

Observation LXVI. — Rhumatisme musculaire , articulaire et nerveux. — Amélioration par chaque suggestion. — Retour des douleurs. — Guérison graduelle en une douzaine de jours.

J..., employé au chemin de fer, âgé d’environ cinquante ans, de forte constitution, vient me consulter le 11 octobre 1884. La semaine dernière, il a eu des douleurs rhumatismale dans les membres, qui l’ont obligé de prendre un congé de cinq jours. 11 a repris son service le 9 mars et a dû suspendre de nouveau le 11.

Je le vois chez lui; il accuse une douleur vive à la région lombaire gauche qui l’empêche de se lever.

Je l'endors; sommeil profond. Souvenir confus au réveil. La douleur est moindre. — Dans la nuit, douleurs vives; il s’agite beaucoup dans son lit.

Le 12, je constate une douleur vive à l'articulation acromio-claviculaire gauche, dans le scalène et a la région lombaire ; il ne peut s’asseoir sans douleur. — Hypnotisation à cinq heures du soir; sommeil profond et suggestion. — Au réveil, la douleur est moindre, celle de l’épaule et du scalène a disparu ; le malade peut prendre un mouchoir et semoucher de la main gauche, sans s’asseoir, ce que la douleur de l’épaule l’empêchait de faire avant la suggestion.

La nuit, toutefois, il dort mal. Les douleurs reviennent, moins intenses dans les reins, mais au cou, au bras.

Le 13, à quatre heures, température 38°, b; douleurà l’articulation métacarpo-phalangienne de l'index droit et au sterno-mastoïdien droit qui est très sensible. Douleur encore, mais légère au rein.

Apres suggestion, douleurs beaucoup moindres; on peut presser le sterno-mastoïdien en ne déterminant qu’une légère sensibilité. La douleur métacarpo-phalangienne a presque disparu.

18 octobre. — L’amélioration s’est maintenue jusque hier. Depuis, il a de nouveau des douleurs sur le trajet dessciati-

RHUMATISME GUÉRI PAR SUGGESTION

ques, aux deux fesses, aux échancrures, au jarret gauche et le long de la face postéro-exlerne de la jambe. Les parties sont très douloureuses à la pression. De plus, endolorissement du sterno-mastoïdien droit. La région lombaire est dégagée. La température axillaire est 38°, 6. — Hypnotisme et suggestion. Douleur beaucoup moindre au réveil. Après une seconde suggestion hypnotique, immédiatement après la première, avec frictions sur les régions douloureuses, les douleurs ont presque disparu.

19. — A bien dormi la nuit. Les douleurs ont reparu, mais légères. Il lève bien la jambe; au cou aussi, sensibilité moindre. Le jarret est encore sensible à lapression. Température 38°. Après deux séances consécutives, la douleur a presque disparu.

Depuis, le malade continue à bien aller. Sa femme vient me dire le 23 qu'il n'a plus qu’une fatigue lombaire.

Le 29, il vient me voir. La guérison est maintenue. Il n’accuse plus qu’une gêne dans le genou gauche qui disparait par une dernière suggestion hypnotique.

Observation LXVll. — Rhumatisme poly-articulaire guéri par i antipyrine . — Persistance de douleurs acromio-claviculaires et xiphoîdienne . — Guérison définitive par suggestion en deux séances.

M. C..., trente-trois ans, tonnelier, entre le 16 mars 1886, affecté depuis huit jours d’un rhumatisme articulaire subaigu.

C’est un homme fort bien constitué, adonné aux habitudes alcooliques. A son entrée, la température est fébrile à 38n,2, le poulsest à 112; les douleurs existent dans les articulations acromio-claviculaires, dans les genoux, aux cous-de-pied et versles malléoles gauches, au niveau desdernières apophyses épineuses lombaires eldu sacrum. Le malade prend (i grammes d’antipyrine le 1 6, 8 grammes le 17 ; les articulations se dégagent rapidement dès le premier jour de l’administration du médicament; seule la douleur acromio-claviculaire persiste.

Le 21 , la température, normale depuis le 1 9 au matin, est remontée à 38°. On constate encore delà douleur à la pression des articulations acromio-claviculaires et de la tête humérale gauche ; les mouvements articulaires sont libres. De plus, depuis la nuit, un pointdouloureux vers l'appendice xiphoïde l’a réveillé a trois heures du matin et l a empêché de se rendormir; un autre point au niveau du rebord

OBSERVATION

costal axillaire des deux côtés. La pression de ces régions détermine une vive douleur.

J’endors le malade : il tombe rapidement en sommeil profond sans souvenir au réveil; je suggère la disparition des douleurs. Au bout de cinq minutes je le réveille; la douleur xiphoîdicnnc spontanée et à la pression a totalement disparu, ainsi que la douleur aux articulations acromio-daviculaires et à la tête humérale gauche.

22. — La douleur xiphoïdienne n'est pas revenue; les douleurs acromio-claviculaires ont reparu dans la nuit, plus vives à gauche. Nouvelle suggestion hypnotique : au réveil, il n'y a plus aucune douleur spontanée ni à la pression.

23. — Les douleurs ne sont pas revenues. Le malade marche, mais assez péniblement; les articulations sont un peu raides, dit-il. Après suggestion hypnotique, la démarche est plus rapide et plus aisée.

Le 24, il marche une demi-heure, ne sent plus aucune douleur ni spontanée, ni à la pression.

La guérison se maintient; M. G... quitte l'hôpital le 26.

Observation LXVIll. — Rhumatisme musculaire lombo-erural avec névralgie sacro-sciatique opiniâtre, datant de six mois. — Amélioration notable en quelques séances hypnotiques ; guérison presque totale après cinq semaines de suggestions répétées.

H. C..., trente-deux ans, plâtrier, entre à l'hôpital le 30 janvier 1886. 11 accuse depuis six mois (mois d’août dernier) une sciatique caractérisée par des douleurs s’irradiant de la fesse au pied gauche. Au début, la douleur était limitée vers l’épine iliaque postérieure. 11 a pu marcher jusqu'en déembre, mais une douleur permanente dans les reins l’empêchait de se plier. Depuis huit jours, il ne peut se lever, ni se tenir debout; la douleur I empêche de dormir. Il y a sept semaines, il est entré A 1 hôpital dans un autre service et v a passé un mois, inutilement traité par un vésicatoire et des pointes de feu.

On constate le 31 janvier : C’est un homme fort, bien constitué, sans antécédents morbides ni alcooliques. On constate à la pression une douleur au niveau des apophyses épineuses lombaires, et du sacrum jusqu'au coccyx; cette douleur existe aussi au niveau des apophyses transverses A la hauteur de la crête iliaque, au niveau de l'articulation

NÉVRALGIE SACRO-SCIATIQUE AMÉLIORÉE 39a

sacro-iliaque, du trochanter, au bord inférieur du fessier; on la détermine encore vive, à la pression des muscles postéro-internes de la cuisse, au creux poplité, à la tête du péroné, et à la face antérieure de la cuisse dans le triangle de scarpa; enfin, il accuse une sensation de fourmillements dans le talon lorsqu il se lève; il ne peut d ailleurs se tenir debout à cause de la douleur. 11 peut plier sans douleur le pied, le genou et la cuisse.

Il reçoit successivement six grammes d’antipyrine le 1er février; un gramme de sulfate de quinine les 3, 4 et 5 ; cinq grammes de saücylate de soude chaque jour du 6 au 10, sans résultat notable; le sommeil cependant est meilleur; quand il est au repos, les douleurs n’existent pas, mais ehes se manifestent au moindremouvement.il reste couché sur le côté droit, la cuisse et le genou fléchis et ne pouvant étendre le membre.

Du 1 1 au la, le malade est hypnotisé ; bien qu'il soit au troisième degré avec catalepsie suggestive et automatisme, rotatoire, il prétend ne pas dormir, parce qu’il se rappelle tout au réveil. Cependant la douleur a diminué notablement, dès la seconde séance ; les muscles de la cuisse et le jarret ne sont plus douloureux; mais toute la fesse est encore très sensible, et il ne peut se coucher sur le dos, ni étendre le membre.

Le I o au soir, je le mets en sommeil profond, somnambulique sans souvenir au réveil. Dès lors, il est convaincu qu’il dort. Après suggession, il est tout étonné de pouvoir étendre son membre et rester couché sur le dos. Mais la douleur à la pression subsiste encoreàl’articulationsacro-iliaque, s’irradiant vers le sacrum. Le lendemain, il se traîne péniblement en boitant avec une canne; pendant la marche, il accuse une douleur au niveau du rebord costal gauche. Cette douleur disparaît instantanément par suggestion.

Continuation du somnambulisme provoqué. La douleur sacro-f essière diminue chaque fois, mais revient après un temps variable, quand il se meut et veut marcher.

Le 19 au soir, je lui suggère pendant son sommeil qu’il pourra marcher sans canne. Après son réveil, en effet, il marche dans la salle sans canne, assez bien, n’accusant plus qu’une légère douleur au sacrum. A six heures, frisson • sueurs dans la nuit.

Le lendemain, température normale. Il va bien. Il marche et couche sur le dos. Continuation de la sujgestion.

OBSERVATION

Le 23, il n’accuse plus qu’une légère sensibilité dans le coccyx, et une faiblesse générale dans le membre.

Le 28, il se plaint de nouvelles douleurs lorsqu’il appuie le pied à terre, et de douleurs lombaires. Elles disparaissent par suggestion, et il marche assez bien la journée.

Le 4 mars , l’articulation temporo-maxillaire sensible à la pression depuis la veille est instantanément dégagée par suggestion hypnotique.

Le malade marche bien, se plaignant toutefois d’une sensibilité dans le jarret.

Le 5, il marche assez bien, mais sent une gêne lombaire qui l’empêche de se redresser complètement. Après suggestion , il se redresse mieux et marche mieux.

Le 6, il accuse une sensibilité douloureuse au-dessus du rebord costal gauche, à 8 centimètres en dehors du rachis, et un autre sur la fosse iliaque externe, un peu en avant de l’épine iliaque postérieure, un autre vers l’ischion. Ces points diminuent par suggestion.

Le 7, il se plaint toujours d’une certaine gêne douloureuse vers le sacrum, et d’une certaine raideur dans la marche. Quand il a marché un peu, il éprouve un sentiment de fatigue et une douleur dans les reins. Suggestion hypnotique. Je le fais marcher vivement pendant son sommeil et, par une suggestion prolongée, je détruis la douleur; il marche sans boiter, et à son réveil ne sent plus rien.

Le 8, il accuse de nouveau une sensation de raideur sacro-lombaire qui l’empêche de se redresser. Nouvelle suggestion et entraînement à marcher pendant le sommeil. Il marche bien dans la journée ainsi que le lendemain, n'accusant plus qu’une certaine difficulté à se redresser. Le 12 mars, il éprouve une sensibilité dans la fesse, qui remonte |usque vers l’angle de l’omoplate, surtout lorsqu'il marche. Cette sensibilité à la marche diminue après la suggestion.

Mais cette sensation légère est très opiniâtre; elle se reproduit constamment quand il a marché quelque temps.

Le 14 et le 1 o , je faradise la région sensible pendant le sommeil. Il accuse une vive douleur, mais ne se souvient de rien au réveil. La sensation de raideur douloureuse à la fesse est moindre.

Depuis, il ne se plaint plus que d’une légère sensibilité à la fesse quand il marche ; cette sensibilité diminue tous les jours. Le 1 7, il se tient droit en marchant. Il sort le 18,

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n’accusant plus que cette légère sensibilité qui est très tenace.

Observation LXLX. — Rhumatisme articulaire apyrétique. — Amélioration passagère après chaque suggestion ; guérison graduelle. — Augmentation de la force dynamomé trique par la suggestion.

W..., seize ans, maçon, est malade depuis quarante-cinq jours ; il a, depuis le début, une douleur au talon droit et à la partie interne postérieure du pied, à la tubérosité interne du calcanéum; il a mal quand il marche sur le talon. Dans le même pied, on constate de la douleur avec gonllement et rougeur à l’articulation métatarso-phalangienne du gros orteil droit. Le pied gauche présente la même douleur au talon et à l’articulation métatarso-phalangienne du gros orteil. Il y a vingt-cinq jours, le poignet gauche était enflé et l’est resté pendant huit jours; cela l'empêchait de soulever les moellons, et, après une ou deux heures de travail, il était obligé de s’arrêter. Il a encore un peu de gonflement du poignet et une douleur au carpe, surtout vers la tête du deuxième métacarpien.

Entré à l’hôpital le 23 octobre \ 883, je l’hypnotise : il n’arrive qu’à un sommeil léger : engourdissement avec un commencement de catalepsie suggestive. Cette première séance ne détermine pas de changement .

Deuxième séance le 26. Il dit que la douleur est moindre après et marche un peu mieux toute la journée.

Le 27, les douleurs sont revenues, peut-être un peu moindres à l’articulation du gros orteil droit et au talon droit, certainement moindres à la pression du poignet et du carpe.

Troisième séance. Amélioration immédiate quant aux douleurs. Cette amélioration persiste de onze heures du matin jusqu’à quatre heures; puis les douleurs reparaissent. Il est sorti dans la journée.

Le 28, le poignet va mieux : le malade le plie plus facilement. Mais il ne peut se tenir debout sans douleur. — Une nouvelle hypnotisation (engourdissement simple) avec suggestion diminue un peu les douleurs; il marche mieux. Dans la nuit il a de nouveau très mal.

OBSERVATION

29. — La main gauche amène le dynamomètre à 31 ; après suggestion hypnotique à 40. Dit avoir moins mal qu'avant : mais la douleur n’est pas complètement disparue.

La suggestion amène chaque fois une diminution notable des douleurs articulaires ; le malade marche chaque fois mieux, mais le résultat obtenu ne se maintient pas complètement.

Le 31, la main gauche au dynamomètre donne 45 avant la la suggestion et 52 après.

1er novembre. Les douleurs deviennent tous les jours moindres, bien que nous fassions marcher le malade pour exclure l'influence curative du repos; il marche mieux. Les deux talons ne sont presque plus douloureux ; mais la douleur est plus accusée aux articulations métatarso-phalangiennes. A la main, il n’y a plus qu’une légère sensibilité. Continuation de la suggestion.

Le 2, il va bien ; n’accuse pas de douleur spontanée et presque rien à la pression. La main au dynamomètre donne 50 avant et 55 après la suggestion.

Le 4, il dit avoir plus mal à la tubérosité du calcanéum ; mais n'accuse plus de douleur à l’articulation métatarsophalangienne, ni à la main. Nouvelle suggestion; la douleur calcanéenne est moindre. Le malade, notablement amélioré, quitte l’hôpital.

Observation LXX. — Douleurs rhumatismales datant de trois ou quatre mois aux articulations acromio-claviculaires. Guérison totale en deux séances : sommeil léger.

Emile L..., verrier, âgé de soixante et un ans, vient à la consultation le 31 novembre, pour des douleurs rhumatismales datant de trois à quatre mois. 11 n'a jamais eu de rhumatisme articulaire aigu, mais, il y a neuf ans, une sciatique pendant trois ans.

Actuellement les douleurs existent dans les deux épaules, surtout à droite ; leur siège est au niveau des articulations acromio-claviculaires; un autre point douloureux existe audessus de l’épine iliaque antérieure et supérieure gauche. Il se manifeste surtout quand le malade se baisse, et donne alors lieu a des élancements. De plus douleurs vagues dans les deux genoux .

Le malade est hypnotisé le 31 ; 1er degré, sommeil léger.

RHUMATISME GUÉRI PAR SUGGESTION

Au réveil, les douleurs des genoux ont disparu-, celle des épaules soiit beaucoup moins vives ; le malade qui depuis trois semaines, ne pouvait s’habiller peut le faire maintenant; l’épaule gauche surtout est presque dégagée.

Revient le 3 novembre. Nouvelle hypnotisation, sommeil léger. Au réveil Une sent plus aucune douleur aux épaules, mais toujours une sensation douloureuse vers l'épine iliaque antérieure gauche. Après une seconde hypnotisation immédiate (sommeil au 2e degré), toutes les douleurs ont disparu, tous les mouvements sont libres.

Observation LXXI. — Douleurs rhumatismales musculaires dans le bras gauche, puis dans la jambe droite. — Guérison chaque fois en une seule séance hypnotique.

Marie X..., âgée de dix ans, vient me voir le 20 février 1886. Cette enfant, bien portante d’habitude, sans maladies antérieures, accuse depuis quatre à cinq jours une douleur dans le bras droit. Le bras est sensible à la pression ; l’enfant ne peut le porter sur la tête. Je l’endors par simple occlusion des paupières ; je suggère la disparition de la douleur ; je fais quelques frictions sur le bras. Au réveil, l’enfant n’a souvenir de rien. La douleur est presque complètement disparue, et elle peut porter facilement le bras sur la tête. Dans la journée, toute sensation douloureuse s’efface sansjretour.

Le 14 avril, l’enfant revient. Depuis la veille, à quatre heures du soir, elle a une douleur dans la jambe et la cuisse droites. La pression est douloureuse à la face antérieure des deux membres. Elle marche en traînant la jambe, le genou et le cou de pied presque raides.

Je la remets en somnambulisme , je suggère la disparition de la douleur. Au réveil, elle n'a presque plus de douleur, mais traîne encore la jambe, quoique moins. Je la rendors une seconde fois, je réitère la suggestion ; je la fais marcher pendant son sommeil, en l’entralnant rapidement. Au réveil, elle marche très bien, et ne traîne plus que très légèrement la jambe; n’accuse plus aucune douleur. Le père me dit le lendemain qu’elle est rentrée A la maison, en sautant et qu’elle est totalement guérie.

LISTE DES OBSERVATIONS

Jetons un coup d’œil d’ensemble sur ces observations. En voici la liste :

A. — Affections organiques du système nerveux : 7

\. Hémorrhagie cérébrale, hémiplégie, hémianesthésie avec tremblement et contracture. Guérison.

2. Affection cérébro-spinale : attaques apoplectiformes, paralysies, névrite cubitale. Guérison.

3. Epilepsie traumatique avec rhumatisme traumatique. Guérison.

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