‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 28 sur 265 · RÉSISTANCE AUX ACTES SUGGÉRÉS · texte numérisé non relu

RÉSISTANCE AUX ACTES SUGGÉRÉS

et surtout suivant l’état même du somnambule. Quand le sujet a été souvent hypnotisé et surtout qu'il l’a été par la même personne, cette personne acquiert sur lui une telle puissance que les actes les plus excentriques, les plus graves, les plus dangereux même s’accomplissent sans lutte apparente et sans tentative appréciable de résistance. » Je ne puis que m’associer à ces observations de mon collègue.

L’effet de la suggestion d’actes post-hypnotiques n’est pas absolument fatal : certains sujets y résistent. L’envie de commettre l’acte ordonné est plus ou mois impérieuse; ils y résistent dans une certaine mesure.

Voici quelques exemples de résistance plus ou moins complète :

Dans le suivant, on saisit la lutte, on assiste à l’hésitation du sujet, jusqu’à ce que la suggestion finalement l’emporte :

Une jeune fille hystérique fut présentée par M. Dumont à la Société de médecine. Pendant son sommeil provoqué, on lui ordonne d’aller après son réveil prendre le verre cylindrique qui entoure le bec de gaz situé au-dessus de la table, de le mettre dans sa poche et de l’emporter en parlant. Une fois éveillée, elle se dirige timidement vers la table, semble confuse de voir tous les regards se porter sur elle; puis, après quelques hésitations, monte à genoux sur la table. Elle y reste environ deux minutes, ayant l'air toute honteuse de sa situation, regarde alternativement les personnes qui l’entourent et l’objet dont elle doit s’emparer, avance la main, puis la retire et subitement enlève le verre, le met dans sa poche et s’éloigne rapidement. Elle ne consent à restituer l’objet que lorsqu’elle est sortie de la salle.

A D... je suggère de faire, après son réveil, trois fois le tour de la salle; il ne le fait qu'une seule fois.

Au jeune G... je suggère qu’à son réveil il se mettra debout sur la table; réveillé, il regarde bien la table, mais n’y monte pas. L’envie de le faire existait sans

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