‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 27 sur 265 · DE LA VOLONTÉ DES SOMNAMBULES · texte numérisé non relu

DE LA VOLONTÉ DES SOMNAMBULES

la responsabilité de l'erreur ne lui incombait pas, que j’agissais en lui.

Je le répète: c’est un homme intelligent, qui n’est pas hystérique, qui n’est pas nerveux, dont l’imagination est calme; ce n'est pas un esprit malade. J’insiste, puisque certaines personnes non suffisamment éclairées sur la question, persistent à admettre que les névropathes seules sont susceptibles d’être mis en somnambulisme.

« La façon dont les suggestions s’établissent chez les sujets, dit M. Feaunis, donne des renseignements précieux sur l’état de la volonté dans le somnambulisme. Rien de plus curieux, au point de vue psychologique, que de suivre sur leur physionomie l’éclosion et le développement de l’idée qui leur a été suggérée. Ce sera, par exemple, au milieu d’une conversation banale qui n’a aucun rapport avec la suggestion. Tout à coup, l’hypnotiseur qui est averti et qui surveille son sujet sans en avoir l’air, saisit à un moment donné comme une sorte d’arrêt dans la pensée, de choc intérieur qui se traduit par un signe imperceptible, un regard, un geste, un pli de la face; puis la conversation reprend, mais l’idée revient à la charge, encore faible et indécise; il y a un peu d'étonnement dans le regard; on sent que quelque chose d’inattendu traverse par moments l'esprit comme un éclair ; bientôt l’idée grandit peu à peu ; elle s’empare de plus en plus de l'intelligence, la lutte est commencée, les yeux, les gestes, tout parle, tout révèle le combat intérieur; on suit les fluctuations de la pensée ; le sujet écoute encore la conversation, mais vaguement, machinalement, il est ailleurs; tout son être est en proie à l’idée fixe qui s'implante de plus en plus dans son cerveau; le moment est venu, toute hésitation disparaît, la figure prend un caractère remarquable de résolution ; le sujet se lève et accomplit l’acte suggéré.

« Cette lutte intérieure est plus ou moins longue, plus ou moins énergique, suivant la nature de l’acte suggéré

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