‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 44 sur 265 · BEAUTE DES PHENOMENES · texte numérisé non relu

BEAUTE DES PHENOMENES

l'état somnambulique, comme dans l'état de veille, son individualité spéciale.

Dans les pages qui précèdent, j’ai esquissé à grands traits les phénomènes curieux que l’on peut observer dans le sommeil provoqué, phénomènes que tous ceux qui voudront s’en donner la peine pourront vérifier aisément. Sans doute, on peut rencontrer des sujets qui simulent sciemment ou qui, par complaisance, se croient obligés de simuler; on peut rencontrer des cas douteux qui n’imposent pas la conviction; l'état du sommeil est séparé de l’état de veille par des nuances graduelles ; quelquefois l’opérateur doute si tel sujet est réellement influencé ; d’autre part, celui-ci, qui se rappelle avoir tout entendu, peut croire qu’il n'a pas dormi et se figurer qu’il a simulé.

Ici, comme en toutes choses, l’expérience apprendra à discerner si l’influence obtenue est réelle. Un homme de grande science et de grande intelligence, que j'hypnotisai pendant quelque temps pour une maladie nerveuse, tomba à la première séance au troisième degré : catalepsie suggestive, souvenir conservé au réveil. Je lui demandai s’il avait dormi. Il le pensait sans en être absolument certain, ayant tout entendu. A ma demande pourquoi il n’avait ni ouvert les yeux, ni abaissé les bras soulevés, et s’il aurait pu le faire, il répondit : « Je ne sais si j’aurais pu ; je n’avais pas l'idée de le faire, la volonté me faisait défaut ». J'étais convaincu qu’il avait été influencé; il l 'était si bien qu'à la séance suivante et à toutes les autres depuis, il tomba en sommeil profond, avec perte absolue de souvenir au réveil. Journellement j’observe ce fait.

Ce n’est pas à la légère, d’après une seule observation posiliveou négative, qu'il faut prononcer un jugement. Je me rends cette justice que j’ai observé froidemment, sans parti pris, sans enthousiasme. Mais quand, après plusieurs centaines d’observations recueillies dans toutes les classes de la société, à l’hôpital et en ville, j'ai vu les phénomènes se produire constants, afleclant un mode

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