QUESTION DE PRIORITÉ
« ment ». Ce papier était fourré dans son oreille gauche. « Or, quoiqu'on lui eût ôté ce papier, il ne laissa pas que « d’être insensible aux tourments, parce que, lorsqu'on « l’y appliquait, il prononçait à voix basse entre ses dents « certaines paroles qu'on ne pouvait entendre, et comme « il persévéra dans les négations, on fut obligé de le « renvoyer en prison ».
Un mot encore, avant de terminer ce chapitre, sur une question de priorité.
Ces phénomènes de suggestion à l’état de veille, je les ai le premier signalés dans ma communication au Congrès pour l’avancement des sciences, tenu à Rouen, en août 1883. Ces phénomènes ont été vérifiés depuis par Bottev, par Dumonlpallier, par Charles Richet et par tous les observateurs.
Quatorze mois après ma communication, Charles Richet, dans une note intitulée : De la suggestion sans hypnotisme , relatant quelques faits semble revendiquer la priorité de la découverte et rappelle une communication faite en 1882 à la Société de biologie (nu 3).
Dans cette communication, il s’agit d’une personne qui, sans hystérie et sans hypnotisme, présentait des symptômes remarquables de contracture par pression des masses musculaires, contracture disparaissant par excitation légère telle que insufflation ou bruit soudain. De plus, en imprimant à la main un léger mouvement oscillatoire pendant une demi-minute, ce mouvement ne pouvait plus être arrêté par la volonté du sujet; il continuait indéfiniment.
L'auteur pense à une excitabilité médullaire réflexe exagérée, telle que les centres psychiques ne peuvent plus exercer leur autorité sur la moelle. Voilà tout ce que dit alors M. Richet : il ne vit pas qu’il s’agissait là d’un phénomène de suggestion. Sa communication est intitulée : Note sur quelques faits relatifs à /’ excitabilité musculaire II passa à côté du fait sans en saisir la signification réelle.
Ce n’est qu’en 1884, quand j’eus démontré qu’on peut