‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 78 sur 265 · L’ABBÉ FAR IA · texte numérisé non relu

L’ABBÉ FAR IA

la personne qui aurait la faculté de lire sans le secours des yeux et de la lumière. Les prétendants vinrent; le prix ne fut pas gagné. Et à partir du 1er octobre 18ÎÛ, date de la clôture du concours, l’Académie décide qu’elle ne répondra plus aux communications concernant le magnétisme animal. Celte fois-ci encore, la vérité contenue dans le rapport de Husson était noyée dans l'absurdité chimérique du merveilleux.

Nous arrivons maintenant à la seconde période de l’histoire du magnétisme animal. La doctrine du fluide magnétique, considéré soit comme un fluide universel, soit comme une émanation de l’organisme humain, chaleur ou électricité animale, n’avait pu résister à l’observation scientifique. L’influence de l’imagination sur la production des phénomènes avait frappé tous les commissaires des sociétés savantes. Desion lui-même, le premier élève de Mesmer, avait écrit en 1780: «Si M. Mesmer n'avait d’autre secret que celui de faire agir l’imagination efficacement pour la santé, n'en aurait-il pas toujours un bien merveilleux? car si la médecine d’imagination était la meilleure, pourquoi ne ferionsnous pas la médecine d’imagination ? »

Vers 1815, un abbé Indien-Portugais venu des Indes, devenu célèbre sous le nom d'abbé Faria, professait dans des discours de forme bizarre, empreints d’idées mystiques, que la cause du somnambulisme réside dans le sujet et non dans le magnétiseur, contre la volonté duquel le sommeil peut se produire. Chaque jour il réunissait chez lui une soixantaine de personnes ; il tentait ses expériences sur huit ou dix d’entre elles et dans ce nombre, une, deux, quelquefois plus, tombaient en somnambulisme L

1 Voici ce que dit de lui le général Noizet : « Cet homme, doué à bien des égards d’un esprit supérieur, était l’abbé Faria. Tout Paris a pu voir ses expériences. Peu de personnes, cependant, sont restées convaincues . On l'a flétri du nom de charlatan, et alors tout a été examiné, tout a été dit. Bien des gens ne venaient chez lui qu’une seule fois, persuadés d'avance qu'ils ver-

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