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APPLICATION A L’ANESTHÉSIE CHIRURGICALE

par le Dr Loysel, de Cherbourg; en 1845, amputation de deux cuisses par les Drs Fanton et Toswel, de Londres ; en 1845, amputation d’un bras par le Dr Joly, à Londres; en 1847, enlèvement d’une tumeur de la mâchoire par le Dr Ribaud et Kiaro, dentiste à Poitiers.

Malgré ces tentatives heureuses, les chirurgiens constatèrent bientôt que l'hypnotisme ne réussit que rarement comme anesthésique; l'insensibilité absolue est l’exception chez les sujets hypnotisables, l'hypnotisation elle-même échoue le plus souvent chez les personnes émues par l'attente d’une opération. Le braidisme, paraissant dénué d’intérêt pratique, retomba dans l’oubli.

Si Lasègue avait poursuivi plus loin ses recherches, il aurait pu ressusciter définitivement le braidisme. Dans un mémoire intitulé : Des Catalepsies partielles et passagères, Arch. génér. de médecine, 1865), il constate que la simple occlusion des yeux chez certaines hystériques et même chez certains hommes non hystériques, détermine des degrés variables de sommeil, depuis l’engourdissement simple jusqu’à la léthargie complète avec anesthésie. Ces divers états s’accompagnent d’une rigidité cataleptique des membres, qui cesse brusquement dès que le malade réveillé reprend le sens de la vue.

Mais Lasègue n’alla pas plus loin; il ne songea pas à identifier ces phénomènes avec ceux du sommeil hypnotique, tel que Braid l’avait décrit.

En 1866. le Dr Liébeault, qui depuis nombre d’années s’occupait de la question, publia un livre intitulé : Du Sommeil et des états analogues considérés surtout au point de vue de l'action du moral sur le physique ; c’est le plus important qui ait été publié sur le braidisme. Partisan de la doctrine suggestive qu’il a poussée plus loin que Braid et qu’il applique avec succès à la thérapeutique, ennemi du merveilleux et du mysticisme, l’auteur cherche à interpréter par des vues psycho-physiologiques les phénomènes observés.

Sa doctrine se rapproche de celle de Durand, de Gros : la concentration de la pensée sur une idée unique, celle de dormir, facilitée par la fixation du regard, amène

DOCTRINE DE LIEBEAULT

l’immobilisation du corps, l’amortissement des sens, leur isolement du monde extérieur, finalement l’arrêt de la pensée et l’invariabilité des états de conscience. La catalepsie suggestive est la conséquence de cet arrêt de la pensée : l’hypnotisé reste, l’idée fixe, en rapport avec la personne qui l'a endormi, qu’il entend et dont il reçoit les impressions. Incapableparlui-même dépasser d'une idée à une autre, son esprit s’en tient à l’idée qu’on lui suggère finalement; et du moment que c’est celle, par exemple, d’avoir les bras dans l’extension, il les garde étendus.

Le sommeil ordinaire ne diffère pas au fond du sommeil hypnotique : l’un comme l’autre est dû à l’immobilisation de l’attention et de la force nerveuse sur l’idée de dormir. L’individu qui veut dormir isole ses sens, se replie sur lui-même, reste immobile; l’influx nerveux se concentrant pour ainsi dire sur un point du cerveau, sur une idée, abandonne les nerfs sensitifs, moteurs, sensoriels.

Mais le dormeur ordinaire, une fois son état de conscience immobilisé, n’est plus en rapport qu'avec luimême; les impressions amenées à son cerveau par les nerfs de la sensibilité ou les nerfs de la vie organique, peuvent y réveiller des sensations ou images mémoratives diverses qui constituent les rêves. Ces rêves sont spontanés, c’est-à-dire suggérés par lui-même.

Le dormeur hypnotisé s'endort avec l'idée immobilisée en rapport avec celui qui l'a endormi ; de là la possibilité a cette volonté étrangère de lui suggérer des rêves, des idées, des actes.

L’oubli au réveil après l’hypnotisme profond provient de ce que toute la force nerveuse accumulée au cerveau pendant le sommeil, se ditTuse de nouveau au réveil dans tout l’organisme ; cette force, diminuant au cerveau, il est alors impossible, avec une moindre quantité d’elle-même, au sujet revenu à lui, de ressaisir dans sa mémoire ce dont ii avait conscience avant.

Lans le sommeil ordinaire, ou dans l’hypnotisme léger, la force nerveuse accumulée vers le siège de l'idée

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