‹ De la suggestion et de ses applications à la thérapeutiqueChapitre 95 sur 265 · ACTES AUTOMATIQUES INSTINCTIFS · texte numérisé non relu

ACTES AUTOMATIQUES INSTINCTIFS

touches et de mouvements qui se réalise avec précision, alors que ces mouvements pour ainsi dire assimilés par la moelle, grâce à leur fréquente répétition, sont devenus une opération mécanique.

Les phénomènes de 1 activité automatique des centres nerveux peuvent être instinctifs; les actes se réalisent naturellement, sans avoir jamais étéappris, par l’initiative spontanée, inconsciente, du cerveau et de la moelle. « Les plus remarquables de ces actes, dit Prosper Despine ‘, sont ceux qui manifestent les expressions de la physionomie, les gestes, les altitudes du corps, phénomènes mimiques qui sont constamment en rapport avec les sentiments si divers et si nuancés et que chacun sait accomplir, bien que leur exécution n’ait jamais été enseignée par qui que ce soit. Ces actes sont encore les difiérentes inflexions que prend la voix dans ces circonstances, les balancements de tête eu rapport avec le rythme que font certains instrumentistes lorsqu’ils jouent, et même certains de leurs auditeurs.

« La haine, la colère, l’orgueil, la ruse, l’admiration, etc., déterminent chez tout individu qui les éprouve, les mêmes contractions musculaires, et par conséquent une expression semblable, et cela, non seulement chez 1 hom me, mais encore chez les animaux. Ces divers actes réalisés par le mécanisme automatique des centres nerveux sont tellement préétablis par des lois, qu’ils se trou\ en t être toujours identiques chez tous les individus soumis aux mêmes causes excitantes.

t “ Un autre effet de cette disposition automatique s observe dans la minauderie. On croit que les phénomènes qui la constituent sont voulus et étudiés ; c’est là une erreur. On est minaudier, maniéré, par suite d’une facilité exagérée qu’ont les organes nerveux automatiques à suivre d'eux-mêmes tout ce qui se passe dans la pensée. Selon les moindres sentiments éprouvés, la voix prend alors les inflexions les plus variées, les muscles de la figure produisent les grimaces les plus

> Etude scientifique sur le somnambulisme. Paris, 1880.

Page 1