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Amnésie rétro-active

L'amnésie peut être 7'étro-active ou rétrograde, c'està-dire qu'eilecomprend nonseulementlesfaitsdusommeil ou de Tétat de suggestion, mais encore les faits antérieurs qui ont eu lieu avant cet état pendant un lapsde temps variable. J'ai vu souventdesmaladesque

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j'ai longuement interrogés et examinés en présence des élèves et fait examiner par eux, avant de les avoir endormis et soumis à des expériences de suggestion; ils se réveillent après un certain temps et ne se souviennent de rien ; ils croient que j'arrive seulement à leur lit, ne se rappellent pas que )e les ai endormis, suggestionnés, ni mémeque jeleurai parlé longuement, en présence des élèves, avant le som meil provoqué. Les souvenirs d'une partie de la vie normale sont abolis en même temps que ceux du sommeil. Certains croient sortir spontanémentd'un sommeil naturel prolongé, et disent qu'ils ne m'ont pas vu entrer dans la salle des malades, parce qu'ils dormaient. On sait que dans la vie ordinaire, cette même amnésie rétro-active peut se manifester à la suite de grandes perturbations psychiques. On voit des malades, à la suite d'une longue fièvre typhoïde, pendant la convalescence, n'ayant plus le souvenir non seulement des faits qui se sont passés pendant leur période de délire ou de stupeur, mais encore de ceux qui se sont passés pendant la première période alors que le cerveau n'était pas pris, que l'intelligence était parfaite et normale. La mémoire n'est cependant pas lésée d'une façon générale; les souvenirs plus anciens sont présents.

Un sujet qui pendant l'ivresse a commis mille actes extravagants, quelquefois revenu à son état normal, ne se souvient de rien, même pas des circonstances qui ont précédé son ivresse.

On voit des criminels impulsifs qui ne se rappellent pas avoir perpétré le crime. Toute modification

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considérable passat^èrc d'clal de conscience peut donc déterminer de l'amnésie qui est parfois rétroi^rade. D'autrefois l'amnésie est incomplète; le sujet a un souvenir vague, confus; il n'avait pas le même état de conscience; ce n'était pas lui, c'était un autre. Tel qui a commis un acte repréhensible dans Tivresse, et qui se rappelle imparfaitement quelque chose, croit de bonne foi que ce n'est pas lui. Ainsi s'explique Tattitude singulière et naïve de certains criminels, après le crime. On se rappelle Pranzini, ce chevalier d'industrie, qui assassina une femme galante avec son enfant pour la voler. Le crime commis il alla chez sa maîtresse, et lui raconta qu'il avait assisté à un crime épouvantable qu'il relata dans tous ses détails. « Il était caché, disait-il, dans un placard et avaittout vu. Pourvu qu'on ne le soupçonne pas !» 11 demande de l'argent pour s'en aller. Tout ceci, il est vrai pouvait avoir été inventé de toutes pièces par l'assassin très conscient de son crime. Mais après il envoie poste restante les bijoux volés à sa propre adresse : M. Pranzini à Marseille. Il se rend dans cette ville, distribue les objets volés dans les maisons de tolérance et fait si bien qu'on l'arrête. Il nie toujours avoir perpétré son crime. Un autre Tavait fait, il avait assisté dans une cachette. « Et les bijoux ?» — On devait les lui avoir donnés. » Il maintint cette version jusqu'au bout, na'ivement, bêtement, sans chercher à préciser les détails, niant toujours avec fermeté qu'il fût Tauteurdu crime. Cependant c'était un escroc intelligent^ roublard. Pourquoi cette conduite

simpliste après le crime, qu'il a cependant accompli avec préméditation ? Est-ce un simple mensonge ? Il est possible qu'il ait affirmé de bonne foi que ce n'était pas lui. Ce n'est pas de sang-froid qu'un escroc, quelque immoral qu'il soit, poignarde pour la première fois deux personnes. Obsédé par l'idée du crime, décidé à l'accomplir, il était, pendant qu'il l'accomplissait, dans un état d'excitation mentale, de conscience spéciale. Puis l'acte commis, comme dégrisé, revenu à son état de conscience normal, il pouvait de bonne foi s'imaginer l'avoir vu commettre par un autre lui-même, par un autre que lui-même. Ceux qui ont vu certains sujets par suggestion commettre un pseudo-crime expérimental, et expliquer alors leur acte naïvement, ou le travestir au gré de leur imagination, et s'en tenir à une interprétation qui ne tient pas debout, comprendront mon hypothèse.

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