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CHAPITRE II

De la suggestibiliié. — Définition. — Idéodynamisme. — Transformation de Vidée en mouvement, sensation émotion, acte organique. — Neutralisation par ridée. — Causes qui empêchent la suggestion de se réaliser. — États qui favorisent cette réalisation, — Crédivité et contrôle.

La suggestibiliié, c'est l aptitude du cerveau à recevoir ou évoquer des idées et sa tendance à les réaliser, à les transformer en actes.

Un cerveau comateux n'est pas suggestible parce qu'il n'a pas d'idées. Un cerveau d'idiot est peu suggestible parce qu'il a peu d'idées. Toute idée, qu'elle soit communiquée par la parole, par la lecture, par une impression sensorielle, sensitive, viscérale, émotive, qu'elle soit évoquée par le cerveau, est en réalité une suggestion. La parole est une suggestion par voie auditive, la lectureest une suggestion par voie visuelle, une odeur désagréable qui fait fuirest une suggestion par voie olfactive, un goût répugnant qui fait rejeter

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un aliment est une su^i^estion par voie gustative, une émotion agréable qui réjouit l'Ame est une suggestion par voie émotive, une caresse significative est une suggestion tactile, une sensation de faim qui donne ridée de manger, voilà une suggestion d'origine viscé raie. Toute impression transféréeau centre psychique, devient une idée, devient suggestive.

Tout phénomène de conscience est une suggestion. L'auto-suggestion n'est pas, comme on le croit, une suggestion qu*on sedonne volontairement à soi-même, mais unesuggestion néespontanémentchezquelqu'un, en dehors de toute influence étrangère appréciable. Telles sont les suggestions que déterminent les sensations internes, une douleur précordiale qui donne l'idée d*un anévrysme, une céphalée qui donne l'idée d'une méningite, une faiblesse de jambes qui donne l'idée de myélite : la plupart des conceptions hypochondriaques sont de Tauto-suggestion greffée sur des sensations réelles.

Chaque cerveau d'ailleurs interprète l'impression à sa façon. Car la suggestion n est pas un simple fait passif, une simple image psychique déposée dans le cerveau. La vue d'un bel objet provoque chez les uns de rindiflérence, chez les autres de l'admiration, chez le troisième le désir de l'acheter, chez tel l'idée de le voler, chez tel l'idée de se l'approprier par des voies détournées, de façon à ne pas se compromettre. En toute circonstance le cerveau psychique intervient activement, chacun suivant son individualité, pour transformer l'impression en idée, et pour élaborer

celle-ci : chaque idée suggère d'autres idées, et ces idées se transforment elles-mêmes en sensations, émotions, images diverses : cette association d'idées, de sensations, d'images aboutit à une synthèse suggestive que chaque individualité réalise à sa façon.

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