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ET CONTAGION

mssent formé deux volume».

les avoir publiées, A cette époque, le magneusme animal ayant été discrédité par les légitimistes de la science, la famille da défunt n'a pas voulu autoriser la publication de cet ouvrage ; il fut remis à la Société de magnétisme et il n'a paru qu'en extraits sous le nom de M. de Lausanne *. Ce livre a eu peu dé retentissement. Ce ne furent que de nouveaux extraits, cités par M. Aubin Gauthier ^ dans son Traité pratique, qui le firent connaître un peu plus, sans cependant pouvoir le sauver de Toubli.

Il y a des choses extraordinaires dans les expériences de Bruno, que je ne saurais garantir. Il paraît qu'il fut lui-même sensible, et peut-être l'imagination complér mentaire tfétait pas tout à fait étrangère à ce qu'il a cru avoir observé; mais comme il y a une certaine analo«^ie entre ces observations et les miennes, quoique je ne%ois nullement hypnotisable, j'en donnerai quelques

citations :

« Si la nature, dit M. de Bruno, a doué celui qui magnétise de quelque délicatesse dans la sensibilité de ses nerfs, il ressentira extérieurement une grande partie des mouvements irréguliers qui ont lieu dans la personne magnétisée, les sensations seront, pour lui, des indicar lions sûres du travail, que la nature, aidée de son action, opère dans le maladevllest vralque toutes les personnes ne sont pas douées de cette sensibilité et qu'elle nest pas toujours au même degré de délicatesse dans la même personne; mais il en est a qui cette propriété devient quelquefois à charge, et d'autres qui, dans un état de crise,

* Lausanne.— Des pinncîmes et des 'procédés du magnétisme y et de leurs rapports avec les lois de la physique et de la physiologie, 2 vol. Paris, 1819. C'est le premier volume qui contient les extraits de Bruno.

2 Aubin Gauthier. — Traité pratique du magnétisme et du somnambulisme. Paris, 18^15, p. 233-289.

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msibilité, qui rend incroyable tout ce que la déde leurs organes les rend capables de dislin- 'est à mon organisation naturelle que je dois ' une sensibilité, qui s'est perfectionnée par Mtuely que je fais de cette propriété de mes lois beaucoup à cet usage et à Tattention queje mes sensations. Si chacun en faisait autant, ariété deviendrait très commune, et il pourrait pper dans quelques individus, une délicatesse ions, qui paraîtrait bien plus extraordinaire [ue tout ce que je pourrais rapporter des ians la suite » (p. 86 et 94).

d'abord qu'on trouve dans Mesmer le passage « Le toucher à unepetite distance de la partie, )r^ parce qu'il existe un courant entre la main ducteur et le malade... »

►serve, à l'expérience, V écoulement d'une matière btilité pénètre tous les corps. » (XXIII® prop.) ;ut-êlre cette sensation subjective qui le décida e la théorie d'un fluide,

st pas douteux, dit Bruno, que Mesmer aitfort désigné les courants (illeur donne même un ial de courants toniques) et qu'il les ait connus; ne me fait croire qu'il se soit expliqué à ce ! ses disciples. »

distingue les sensations des courants et les ents des courants, A part la sensation d'un croyait ressentir encore des attractions vers parties du corps wia/arfe. Il fit part de ces expé- [ D' Deslon, qui a observé quelque chose d'anaprésentant les mains à un ou deux pouces de des malades. Il a eu des sensations particur les chairs qui bordent la racine des ongles», însations, raconte Bruno, varient selon l'état onne que vous magnétisez... Vous sentez, par que le souffle qui se projette sur vos mains est

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chaud. Cette chaleur a des nuances que l'habitude vous apprend à distinguer ; elles consistent en une chaleur plus ou moins grande, plus ou moins sèche. Quelquefois, elle vous dessèche les mains. J*ai coutume de les humecter, sans les essuyer; le courant a bientôt enlevé cet excès d'humidité : je le fais pour conserver la sensibilité de mes mains, laquelle diminue par la sécheresse.»

On voit que ces sensations sont à peu près les mêmes que celles que j'avais éprouvées sans avoir connaissance des travaux de Bruno. QuantàTinûuence de Thumidité, je Tai appliquée dans une cure faite en 1881 à Thôpital de TËnfant-Jésus, à Varsovie, non pas pour augmenter ia sensibilité de mes mains, mais pour faciliter leur action curative (un léger massage), dans un cas d'hémianeçthésie très tenace. Cette idée m'est venue instinctivement et TefTet en fut très favorable, puisque la sensibilité revenait sous mes doigts, et je gagnais du terrain beaucoup plus vite que quand les mains restaient sèches. Quatre séances suffirent (avec le concours du somnambulisme et de la métalloscopie hypnotique) pour reconstituer la sensibilité de cette malade.

«Dans d'autres circonstances, vous éprouvez des sensations de froidy et ce froid a aussi des nuances. Quelquefois ce sont des titillations très légères qui se font sentir sur l'extrémité des doigts; d'autres fois des picotements^ des engourdissements. »

« On sent aussi des frémissements nerveux. Une sensation de froid indique presque toujours une obstruction, un engorgement ou de l'atonie. Un grand ralentissement dans la circulation (p. 76, 79). Une chaleur sèche et brûlante, une tension dans les fibres ; une chaleur douce et humide est un symptôme favorable y qui annonce une circulation plus libre, et quelquefois une évacuation (d'Eslon. Aph. 14). »

Les formications au bout des doigts indiquent l'existence de la bile et d'un sang acre, surtout lorsqu'elles se

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traction et de formication, s'il n'y a pas d'inflammation, et de chaleur, s'il y a inflammation. Les contusions produisent de la pesanteur et de Fengourdissement dans la main. La présence des vers excite de la formication et un pincement dans les doigts. Dans le relâchement nerveux, on sent un aff*aiblissement du doigt et du poignet. . ,

« Je connais un homme, dit Deleuze S qui avait été fort lié avec celui dont j'ai cité l'ouvrage. // sent le mal de ceux qu'il magnétise, il éprouve à l'avance, et quelquefois d'une manière très douloureuse, les crises qu'ils doivent bientôt éprouver. » (p. 344). « Je connais, dit Gauthier, une dame d'environ cinquante ans, qui est grand'mère ; elle a présidé aux diverses couches de sa belle-fîUe, et, en posant ses mains sur le siège de la douleur, elle sentait et annonçait à l'avance les crises qui allaient survenir » (p. 278).

Je n'irai pas si loin ; mais j'ai déjà mentionné, qu'en posant les mains sur l'organe qui souffre, je peux, pas toujours, mais très souvent, préciser le moment où le mal s'en va, car c'est alors que j'ai l'impression intérieure d'une douce chaleur, d'un frisson chaud^. D'après

* Deleuze. — Instmciion pratique sur le magnétisme animal. Paris, 4825, p. 340.

2 Une dame de mes connaissances, à qui j'appris à magnétiser, sans cependant lui avoir communiqué le phénomène en question, m'écrivait toute joveuse, après sa première expérience réussie : • Commejc vouslai déjà annoncé dans ma dernière lettre, j'avais trouvé à l'aide de l'hypnoséope trois personnes sensibles. L'une d'elles est la lille de M»»* A..., une demoiselle de 18 ans. Un jour, la voyant souffrir d'une forte migraine, qui ne dure jamais moins de deux ou trois iours, je me mis à lui toucher le front et la tête, comme vous me l avez appris et comme c'est mdiqué dans le petit livre « le Magnétisme curatif ». Dix minutes après, la douleur était passée, elle est revenue plus faible, le lendemain, à la même heure, et fut dissipée de la même manière, pour ne plus revenir les jours suivants. Je ne saurais vous exprimer ma joie et mon étonnement. Mais c'est encore rien. Cette même demoiselle, depuis quelques années, souffre horriblement le premier et le troisième jour de sa période. Elle souffrait ainsi il y a quelques jours ; elle

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Bruno, une sensation semblable annonce Tëquilibre de la circulation. Au contraire, si les mains se refroidissent au lieu de s'échauffer, je commence à douter du succès. « Je connais une dame, dit encore Deleuze, qui, lorâqu'elle commence à magnétiser, éprouve beaucoup de chaleur aux mains. Après une séance de trois quarts d'heure, ses mains deviennent très froides ; alors elle n'agit plus. » (p. 334j. « Je connais aussi plusieurs magnétiseurs qui, lorsqu'ils tiennent la main sur le siège d'un mal intérieur, sentent une douleur qui se propage jusqu'au coude ; leur main s'engourdit et devient même enflée. Cet efl*et diminue avec la maladie ; il cesse lorsr de la guérison, et cette cessation indique que le magfté* tisme n'est plus nécessaire. »

« J'ai vu un médecin éprouver cette sensatrcm la première fois qu'il a essayé de magnétiser. Chez d'autres personnes, elle ne se montre qu'après des essais réitérés. Je ne l'ai point reconnu chez moi... Cependant, quelques effets que j'ai éprouvés en diverses circonstances, me font croire, que je l'aurais acquise, si j'avais

était toute en transpiration et ne faisait que pleurer de souffrance. L'idée m'est venue d'essayer le même moyen, puisque tout ceux qui ont été conseillés par les médecins, sont restés sans résultat. C'est elle qui m'a fait cette proposition tout en pleurant. Pensant qu'en tout cas cela ne peut pas lui taire du mal, j'ai posé mes mams sur son estomac, en faisant ensuite des passes. Dix à quinze minutes après, ma malade s'est endormie tranquillement, et eue dormit presque deux heures. Une lois réveillée, elle était tout à fait bien, et le troisième iour de la période s'est passé sans aucune douleur. — Est-il possible que ce soit mon action qui ait produit ce résultat? Il m'est difficile de le croire, car elle se tordait littérallement de souffrance. Dites-moi ce que vous en pensez. Et, chose étrange, en tenant mes mains sur la tète ou sur l'estomac, je sentis ta douleur s'en aller, comme si quelque chose s'apaisait sous mes mains (est-ce une illusion de ma part ?j, Je sentis une pulsation étrange dans les mains, et surtout dans tes doigts. — Après chaque traitement de ce genre, je me sentis hoi^riblement fatiguée, il m'a semblé que je perdais une partie do mes forces (est-ce encore l'effet de mon imagination?). Veuilles bien m'expliquer tout cela, et dire ce <4ue iQ dois faire dans d'autres cas. »

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jçrs

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j soin de me rendre compte de la cause qui les avait

îduits » (p. 330, 331).

)uant à moi, je n'ai jamais éprouvé de sensations dou-

ireuses directes et immédiates. Comme effet immé-

it, j*ai souvent éprouvé seulement une fatigue, un ^aisément d'un caractère particulier, et qui n'était en |ipport ni avec les mouvements exécutés, ni avec Témo- >n ou concentration psychique.

Il faut bien distinguer ces phénomènes.

L'action de magnétiser par des passes, fatigue^ comme tous les mouvements monotones, quoique lents. Mais cette tatigue, on la connaît bien, c'est une fatigue des muscles ; on peut fatiguer ainsi les bras, mais non pas les jambes, puisqu'on ne magnétise pas avec des jambes^ et dans la plupart des cas de magnétisation de personnes bien portantes, on n'a pas d'autre sensation que celle d'une fatigue musculaire.

Cheï des novices en magnétisme, dans certaines circonstances importantes, et surtout vis à vis des personnes très malades, une autre espèce de fatigue s'ajoule à la première, celle de l'épuisement par l'émotion.

La souffrance d'autrui nous fait souffrir par compassion. Or, chaque souffrance, chaque émotion pénible, épuise, surtout quand elle se prolonge. C'est encore un autre genre de fatigue qui s'empare de nous en ces moments. Elle n'est plus localisée dans les muscles. Au contraire, ceux-là peuvent être excités exceptionnellement sous l'influence d'une émotion semblable. Des personnes faibles et malades retrouvent leurs forces, dès qu'il s'agit de soigner une personne plus malade qu'elles 3t qui leur est chère. Mais enfin, une émotion peut épuiser momentanément, et donner une sensation d'abattement, de fatigue morale.

Enfin il y a encore un autre genre de fatigue, qu'on ne peut connaître qu'après une longue pratique du magnétisme. C'est aussi un épuisement, et même un épuise*

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— Pourquoi retirer ma main, puisque cela vous soulage toujours?

— Oui ; mais elle est gâtée...

Lorsque, après avoir trempé les mains dans de Teau fraîche; et après un temps de repos, je suis revenu auprès d'elle, elle ne repoussa plus ma main.

Pourquoi la retiens-tu, maintenant?

— Parce qu'elle est meilleure.

Elle ne pouvait pas m'expliquer ce que cela voulait dire qu'une main était meilleure, bonne ou gàlée, mais subjectivement, j'étais bien obligé de reconnaître ces différences, puisque ma main «gâtée » l'était aussi pour moi, à cause d'un sentiment de faiblesse de Ja peau et d'une sécheresse désagréable (subjective, car la main n'était pas plus sèche que d'habitude) et d'une chaleur énervante.

Il faut cependant des conditions exceptionnelles pour que cet effet m'arrive à un tel degré.

Voici dans quelle occasion la prédiction du vieux magnétiseur se réalisa pour la première fois :

Je donnais mes soins à un malade tabétique, dont les douleurs fulgurantes venaient par paroxysmes et duraient des heures entières. Il n'y avait qu'un seul moyen de les calmer : l'imposition des mains. On va rire de ce remède, mais la chose est pourtant vraie. Assis à côlé de son lit, je posais une main sur la cuisse du malade et j'attendais la réaction thermique. Elle n'arrivait que dix à quinze minutes après, les douleurs diminuaient graduellement et, au bout d'un quart d'heure, quelquefois plus tard, tout était fini. Mais moi, j'étais complètement fatigué...

Et pourtant, ni la fatigue physique, ni l'émotion (j'ai eu le temps de m'habituer à ces crises) ne pouvaient pas expliquer cet épuisement général. Je n'avais eu, du reste, aucune sensation douloureuse. Mais le lendemain matin, quelquefois dans la nuit, je ressentais des dou-

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leurs dans le dos ou dans le bras, d'un caractère tout à fait particulier ; d*abord, elles ne duraient jamais longtemps, et tout en étant assez fortes, elles me faisaient l'effet d'une douleur fausse, superficielle, étrangère. Ce n'était qu'un écho des douleurs fulgurantes.

Ce phénomène se reproduisait assez souvent sans aucune suite fâcheuse. J'ai depuis observé beaucoup d'autres cas où la transmission paraissait évidente. J'ai même observé plusieurs cas d'une transmission double, c'est-à-dire à une troisième personne, à son insu.

Je prenais un mal de tête ou une douleur rhumatismale chez un malade, et je le transportais involontairement à un autre, toujours avec un affaiblissement notable, et avec un certain retard. Je pouvais toujours enlever sans retour une douleur doublement transmise. Deux fois seulement, j'ai observé sur moi-même une transmission presque immédiate. La première fois, c'était une aphonie nerveuse qu'il s'agissait d'enlever le plus vite possible, parce que la personne en question devait faire une conférence publique. La voix fut restituée pour toute la durée de la conférence, mais c'est moi qui suis devenu enroué pour un bon quart d'heure. La deuxième fois, ce fut un rhume de cerveau que m'avait communiqué presque instantanément une de mes malades. Elle éprouva un peu de soulagement (quoique je l'ai magnétisée pour une tout autre maladie). Quant à moi, ce rhume me dura toute la soirée, le lendemain il était parti. Dans d'autres cas, le rhume communiqué ne se manifestait que dans la nuit, je me réveillais comme si j'étais réellement malade, pouvant à peine respirer, puis je m'endormais, et tout était fini.

Ces phénomènes de contagion nerveuse sont tellement bizarres qu'il faut du courage pour en parler ; mais il fallait bien le faire, puisque c'est assurément dans cette transmission-là qu'il faut voir le premier degré d'une transmission, mentale» Les états organiques peuvent se

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communiquer d'un individu à un autre, par conséquent, ce ne sera qu'une question de degrés, si on constate la transmission d'une pensée, qui correspond, elle aussi, à un état organique particulier.

La contagion nerveuse est un phénomène assez commun, pourvu que l'on se donne la peine d'y faire attention. Chez moi, la constatation fut assez facile, parce que j'ai l'habitude depuis l'âge de 14 ou 15 ans; d'observer tout ce qui se passe en moi et l'effet que produisent diverses influences. Depuis ce temps, je n'ai jamais été sérieusement malade, mais s'il m'arrive une indisposition quelconque, je sais facilement dire quelle en est la cause. Les troubles transmis étaient les seuls que je ne pouvais attribuer à aucune cause commune, ordinaire, et peu à peu je fus obligé de me rendre à l'évidence, en admettant le phénomène en question.

Seulement, je n'ai nullement Tinlention de le nier, l'influence de l'imagination peut avoir sa part dans un grand nombre de ces faits.

Lorsque vous attrapez un mal de tête sans vous être douté de sa présence chez la personne que vous magnétisez, et que ce mal disparaît chez elle au moment où il apparaît chez vous, on a le droit de présumer une contagion nerveuse physique pure et simple. Mais il eh est rarement ainsi. Dans la plupart des cas, on connaît le mal, et alors très probablement, la contagion nerveuse psychique par idéoplastie, s'ajoute à l'action directe. Voici quelques faits très instructifs à ce sujet, et qui ont été confirmés par plusieurs personnes. Divers journaux bruxellois en ont parlé dans le temps. La narration qui suit a été écrite sous forme d'un feuilleton, par A. Lebrun, employé au ministère de la justice, un néophyte du magnétisme, et par conséquent un apôtre ardent ;

«.... Un autre jour, je rencontrai deux poètes et un prosateur; — et puisque la mode veut que l'on cite des noms, quand on parle du magnétisme, je dirai que les

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Poètes étaient MM. Adolphe Mathieu et Van Hasselt, et le prosateur M. Deschamps. Le premier et le dernier étaient deux incrédules renforcés; M. Van Hasselt était déjà très avancé dans le chemin de la foi; c'était un catéchumène qui ne demandait qu'à s'éclairer complètement. Je remorquai mes trois hommes droit à la rue des Carmes. J'avais prévenu M. Montius (le magnétiseur) ; nous le trouvâmes chez lui avec une somnambule ; il se mit à l'œuvre sur-lechamp. L*étrangeté de la mimiaue du magnétisme fit rire intérieurement les deux incrédules. — Quanta M. Van Hasselt, il était grave et pensif comme une méditation de Lamartine ; — M. Montius, aui s'en aperçut, conçut tout de suite une opinion favorable au poète, et il voulut faire une expérience sur lui. — Sur ces entrefaites, le somnambule se plaignit d'un violent mal de tête, qui lui était venu subitement. M. Montius souriait d'un air de satisfaction. Nous lui demandâmes pourquoi ce sourire? « Parbleu*, répondit-il à voix basse, c c'est moi qui lui ai donné à dessein ce mal de tête ». Ce fut au tour de nos incrédulesde sourire; — mais sa soninambule, qui avait entendu le p^opos de M. Montius, s'écria : — « Puisque c'est vous qui me l'avez donné, vous pouvez meTôterl Otez-ledonc, je veuxque vousmel'ôtiezl »

— « Un instant, fil M. Montius; et, appuyant une main sur le front de la somnambule et l'autre main sur celui de M. Van Hasselt, il lui fit cadeau du mal de tête de la somnambule, qui s'écria joyeusement : — « Merci 1 mon mal est passé. » — « Oui, il est passé, mais je l'ai attrapé, moi ! » exclama vivement M. Van Hasselt, dont îa figure était toute bouleversée. Ce disant, le poète se frappa le front avec la paume de la main, comme pour en faire sortir une ode armée de pied en cap. Nous partîmes momentanément d'un bruyant éclat de rire, à l'exception du patient, dont la douleur devenait de plus en plus intense. Il supplia M. Montius de le faire passer dans une autre tête. — «Tenez, voici la mienne dit alors M. Deschamps (un classique invétéré);

— et si vous parvenez à y faire entrer ce qu'il y a dans la tête de M. Van Hasselt, je vous proclame non en vers, mais en prose correcte et polie, un être fantastique, un véritable sorcier! » —«J'essaierai, répondit le magnétiseur, mais je ne réponds pas du succès; l'incrédulité est une force répulsive du magnétisme. » En même temps, élevant les bras, il posa une main sur le chef de M. Van. Hasselt et l'autre sur celui de M. Deschamps. J'observai attentivement le visage de ce dernier; — les deux coins de sa bouche, d'abord écart«^s par un sourire sardonique, se rapprochèrent insensible-

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ment de manière que la bouche forma bientôt un o parfait ; preuve que le sérieux de M. Van Hasseit gagnait notre nomme. Tout à coup il se retira des mains de M. Montius en disant : «Assez,je me rends!., le diable m^emporte si je n'ai pas une migraine bien conditionnée ! »— «Moi, je n'ai plus rien 1 » dit M. Van Hasseit. — « Et moi je commence à croire guo vous vous êtes tous entendus pour jouer la comédie à mes dépens », dit M. Mathieu, qui jusqu'alors avait considéré cette scène en paraissant réfléchir profondément. — « Transmettez-lui donc mon mal pour le convaincre », dit M. Deschamps au magnétiseur. — « Avec plaisir », fit M. Montius. Et il opéra sur M.Mathieu comme il avait fait sur les deux autres. L'expérience eut encore un plein succès; si bien que le nouveau patient secoua la tête a plusieurs reprises, comme pour s'assurer de la ténacité de la douleur qu'il y ressentait. Cependant, il voulut conserver sa migraine pendant quelque temps, de crainte que sa conviction ne se dissipât subitement avec elle. — Voilà, lecteur, ce que je tenais à vous «acanter pour votre conviction, car, je vous en fais l'aveu, ceux qui croient à ces phénomènes-là, ont la manie de vouloir faire partager leur conviction à tout le monde ^. ^

Il est probable que dans ces expériences, la première transmission, du magnétiseur à la somnambule, a été opérée par une contagion nerveuse physique, mais, dans tous les cas suivants, ridéopiastie jouait le rôle principal, sinon unique ; autrement le mal se serait affaibli considérablement avec chaque transmission.

DuPotet^uxi des praticiens les plus expérimentés, conconseillait à ses élèves de magnétiser toujours sans contact.

Voici la raison qu'il en donne :

« i® Inoculation par contact. — Parmi les faits que j'ai constatés, je puis citer ceux-ci : Une femme, malade d'une affection arthritique goutteuse, et qui, par suite, avait vu ses articulations se souder, ses membres perdre leur flexibilité, sa mâchoire même ne plus pouvoir s'ouvrir entière-

* F. Lebrun. — Transmission des douleurs d^une personne à une autre, VEmandpation du 4 août 1838.^ Lafonloine. Mémoires, t.I, p. 87.

ment, fut mise en rapport avec une de mes somnambules* Celle-ci, après avoir parfaitement bien vu Je mal et indi* que les eaux thermales qui devaient la guérir, se plaignit de souffrir dans les mêmes parties qui élaient affectées chez la malade. Je ne fis pas beaucoup d'attention, car pour d'autres maux, il en avait été de même, et aucune suite fâcheuse n'en était résultée. Je la réveillai*, mais, quelle ne fut pas ma surprise! elle ne put se mouvoir, elle ne pouvait ouvrir la bouche. J'essayai vainement de faire cesser ce mal, que je croyais passager... Elle resta ainsi trois jours. Pendani ce temps, on fut obligé de la faire manger comme un enfant, et de lui donner du potage par petites cuillerées, sa bouche étant fermée aux trois quarts. Peu à peu le mal la quitta. »

« Une autre somnambule, après avoir touché un malade dont le sang était doublement corrompu, par un virus syphilitique et scrofuleux, perdit tous ses cheveux quelques heures après le contact seulement. »

(c Un hoquet convulsif, une toux, un point de côté, furent transmis par le contact à une autre dormeuse. »

« Une autre, pour avoir tenu pendant quelque temps la main d'un idiot, resta hébétée pendant quelques jours..»

Ce sont là des faits dont il sera aisé de plaisanter. On dira peut-être que Tidiotie est contagieuse pour les magnétiseurs. On dira ce qu'on voudra, la chose n*en restera pas moins vraie. J'ai observé moi-même un cas analogue pour une autre maladie mentale, quoique à un degré plus faible. Mais je ne m'étonne pas de rincrédulité que ces faits peuvent rencontrer. J'avoue avec honte, qu'après avoir lu le passage en question de du Potet, il y a à peine quatre ans, j'ai fait en marge de son livre un grand point d'interrogation et deux grands points d'exclamation...

Je les efface en ce moment, et je continue à transcrire :

(c Voici sur ce sujet, ce que dit Puységur : « La susceptibilité qu'ont les malades en crise de gagner avec promptitude certaines maladies, m'a été plusieurs fois démontrée.

* 11 ne faut jamais réveiller, avant de faire disparaître tous ces symptômes-là. (Note de l'auteur.)

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SYMPATHISME ET CONTAGION 2t [

J'ai vu des somnambules magnétiques, au milieu d'un essaim de nombreux malades, demander à quitter leur place en disant que leurs voisins leur faisaient mal; d'autres s'en éloigner d'eux-mêmes avec précipitation. Et souvent j'ai eu à réparer des accidents, causés par l'approche de certains individus... »

(J'ai observé dans ce dernier temps un cas analogue. Une jeune personne, alors bien portante, provoqua par sa seule présence une attaque extrêmement forte chez une dame endormie. Quelques semaines après, cette jeune personne est tombée gravement malade d'une fièvre typhoïde compliquée par une ancienne maladie de cœur... Est-ce l'influence de cet état pathologique en préparation, qui fut cause do l'accident, ou bien l'individualilé même de la jeune fille? En tout cas, il n'y avait aucune suggestion : la somnambule ne se doutait guère de la maladie et aimait bien cette personne.)

« J'ai consulté un jour mon somnambule Vielet sur les espèces de maladies qui pouvaient le plus aisément se communiquer aux somnambules; lui-même en avait fait deux ou trois foisla triste expérience. La réponse qu'il me fit par écrit et que je conserve, fut que les plus dangereuses étaient : Tépilepsie, le scorbut, la diarrhée, la paralysie froide, la gouUe sciatique, la catalepsie^ la gale, les humeurs froides, et tous les maux vénériens. • • »

a Moi-même (c^est du Potet qui parle), je n'ai jamais magnétisé un poitrinaire ou un maladequi, ayant pris du mercure, sans, dans le premier cas, ressentir des douleurs de poitrine, et, dans le second, en éprouver également dans les os et surtout dans les articulations des doigts et des poignets.. .»

u Magnétisant un jeune homme q^ui avait une luxation du fémur par suite d'un dépôt lymphatique formé dans l'articulation, je fus pris en sortant oe chez lui, de douleurs très vives dans le membre du même côté. Croyant que cela m'était personnel, je n'y fis d'aborcj pas beaucoup d'attention; le mal se passa promptement, mais le jour suivant il en fut de même encore. Cependant, en entrant chez lui, je ne souffrais aucunement; je ne pouvais croire à ce singulier phénomène, et voulus m'assurer de sa réalité, je suspendis deux jours le traitement, je n'éprouvai rien. Je repris, mon articulation fut malaae, et je commençai à traîner la jambe. Je trouvai Un prétexte pour ne pas me charger de ce traitement. J'ignorais alors qu'en magnétisant sans contact, l'action était de même efficace et que cette inoculation pouvait être évitée. »

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2tî DE LA SUGGESTION MENTALE

a Faisant un jour des expériences sur un jeune homme affecté d'une maladie syphilitique, dont j'ignorais Texistence, SCS genoux étaient entre les miens (selon les procédés de Deleuze). Au bout d'un quart d'heure environ j éprouvai de vives douleurs dans les jambes; je le priai de me dire s'il n'y souffrait pas lui-môme; il me répondit que depuis un instant il n'y souffrait plus, mais qu'habituellement le mal qu'il y sentait était intolérable. Je cessai mes expériences et les douleurs que j'avais prises ainsi, persistèrent une partie de la journée. »

« Par suite de celte découverte, il m'est arrivé plusieurs fois de dire aux malades que je magnétisais : Vous souffrez dans telle partie de. votre corps; cela se trouva vrai chaque fois. »

« N'ayant jamais eu de maladie, n'ayant jamais souffert, lorsqueje sens quelques douleurs en magnétisant, je sais qu'elles ne viennent pas de moi, et je m'éloigne du malade sufiisamment pour discontinuer les faits de cette inoculation. »

« D'autres magnétiseurs m'ont raconté le même fait; j'avoue que pendant longtemps j'ai refusé de croire à leurs témoignages, ainsi qu'au mien même. Aujourd'hui cela n'est plus possible, jai trop d'observations pour conserver un doute.. . . »

a Cest pour éviter ces accidents que je recommande de ma^ gnétiser en touchant le 7noins possible^, »

Mais le manque de contact n'est pas une garantie absolue. Quelquefois, quoique plus rarement, la transmission a lieu à une certaine distance, dès qu'il est établi entre deux personnes cette relation intime et bizarre, que nous n'avons pas encore expliquée, et qu'on nomme le « rapport magnétique ». Du Potet cite lui-niême quelques cas de ce genre :

« Inoculation sans contact . — Par un jeu singulier de forces magnétiques et peut-être par l'analogie de deux systèmes nerveux, il arrive parfois des phénomènes inattendus. Ainsi, j'ai vu plusieurs fois un rapport s'établir entre des magnétisés, qui ne se connaissaient point, et ce qu'éprou-

* Du Potet. — Manuel de ^étudiant magnétiseur. Paris, 1868, p. 2ol-'i56.

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vait l'un, était senti par l'autre, quoique souvent ils fassent séparés par des murailles. Ceci vous met dans un grand embarras; car, tandis que vous prodiguez vos soins à celui qui se trouve affecté sympathiquement, l'autre, que vous avez laissé calme, reprend l'agitation et les crises déjà passées et vice versa. Des heures s'écoulent ainsi dans un travail inutile et très fatigant; il faut alors changer les heures, ou vous faire suppléer près de Tun des deux malades. Ne croyez pas que l'imagination soit ici pour quelque chose. Dans un hôpital à Saint-Pétersbourg *, où Ton m'avait donné à traiter deux aflections nerveuses épileptiformee, maladies que j'ai guéries, quoique graves et déjà anciennes, eh bien, quoique les malades fussent séparées par une grande distance, et que Tune occupât le premier étage et Tautre le second, aussitôt que je magnétisais l'une, l'autre tombait en crise. Rien cependant n'avait pu avertir celle que je ne magnétisais pas; et ce n*est pas une fois, mais vingt, et le jour ou la nuit, que nous pouvions observer ce singulier phénomène. Mon entrée était mystérieuse, pas le plus léger bruit, souvent même elles étaient toutes deux en sommeil naturel, et n'importe quelle que fût celle que je magnétisais d'abord, celle à laquelle je ne songeais pas sortait bientôt de son sommeil et poussait des cris affreux. J'ai laissé, pour mon instruction, durer cette sympathie pendant quelque temps, puis je l'ai rompue en produisant des crises artiOcielles, plusieurs de suite. J ai détruit ainsi la sensibilité trop vive de leur système nerveux...» (Il y avait un autre moyen plus simple : c'est de défendre aii somnambule, par suggestion verbale, de subir uue action involontaire. Ce moyen réussit toujours, pourvu qu'il soit appliqué dans un état proche du monoïdéisme.)

« Voici un fait plus incroyable, mais pourtant non moins vrai. — Le magnétisme est destiné à exercer pour longtemps la pensée du physiologiste et du psychologue. Des fait? nouveaux et incompréhensibles se manifestent à chaque instant par les singulières propriétés de l'agent employé. — Je donnais mes soins à un malade qui demeurait a Paris, rue des Mauvaises-Paroles, il était peu sensible au magnétisme. Un soir seulenient, il éprouva des commotions assez violentes; je le laissai calme. Le lendemain soir, même phénomène; mais un autre malade, auquel je donnais aussi mes soins, et qui ne connaissait point le premier, était parti pour Fontainebleau depuis deux jours. Il était aussi très peu sen-

* Vcir le Journal du Magnétisme ^ t. I, p. 289.

sible au magnétisme. Mais quel fut mon étonnement, lorsqu'il revint le troisième jour à Paris, d'entendre ses aveux ! Il avait éprouvé des secousses violentes à la môme heure, au môme instant et pendant le môme espace de temps. Je ne fis aucune réflexion sur le moment, mais le soir même, je le magnétisai, lui; il demeurait habituellement rue Coq- Héron. Celui de la rue des Mauvaises-Paroles éprouva les mômes accidents nerveux. Je cessai, plus rien ne se manifesta ; je repris à d'autres heures ^ et ce singulier rapport fut rompu. Je le répète, ils ne se connaissaient point et ils ignorent l'observation curieuse qu'ils m'offrirent ainsi. »

Ce dernier fait n'est pas concluant.

Si le changement d'heure a suffi pour roinpre le rapport, c'est qu il n'existait pas. Dès qu'un phénomène, en apparence inexplicable, se manifeste à heure fixe, il est presque toujours explicable par l'imaginatiQn consciente ou inconsciente. M. du Potet ne le dit pas expressément, mais il paraît qu'il avait magnétisé son second client à l'heure où il avait l'habitude de magnétiser le premier, parti pour Fontainebleau. Or, rien de plus commun qu'un trouble nerveux survenu à l'heure habituelle d'hypnotisation. En tout cas, l'observation est trop vaguement racontée pour servir de preuve. Aussi je ne l'ai citée que pour montrer la possibilité d'une illusion facile, dans des cas analogues.

Voici encore une observation de Gharpignon :

a Nous avons eu occasion, raconte cet auteur, d'opérer dans un rhumatisme articulaire aigu, à son deuxième jour; il est inutile de rappeler Tacuité des souffrances et leur permanence pendant cinq ou six septénaires. Peu de jours de magnétisation amenèrent un soulagement satisfaisant, qui n'eût pas tardé à devenir complet, si nous-mêmes nous n'eussions été pris de symptômes de cette maladie. Cet accident nous apprit la valeur de la recommandation des magnétiseurs qui donnent le précepte de se démagnétiser, après avoir opéré sur certaines maladies. Nous avons eu, comme bien d'autres, à souffrir de cette négligence *, »

* Gharpignon, loc» ctï., 179.

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Le fait est donc constaté par un grand nombre de praticiens; mais il ne faut pas l'exagérer. Il est assez rare, et dépend d'une foule de conditions qui en rendent Tétude difficile. D'abord, il y a des magnétiseurs, qui pe l'ont pas constaté. Celui qui éprouve cette contagion de temps en temps, peut ne pas l'éprouver auprès d'une maladie très grave, et en subir l'action d'une façon très nette dans un cas presque insignifiant. Il paraît que, comme dans toute contagion du reste, la prédisposition individuelle vaut plus que l'agent lui-même. Et ici cette pré disposition elle-même est* encore conditionnelle, puis qu'elle dépend aussi d'un certain rapport momentané entre le malade et son magnétiseur. Il faut, pour ainsi dire, que les deux soient réglés sur un ton. La magnétisation par des passes facilite ce réglage, mais il atteint rarement le degré de concordance qui détermine la communication des douleurs, plus rarement la transmission des sensations objectives et encore plus rarement celle des idées.

On s'imagine généralement que la contagion est toujours matérielle. C'est une erreur. Il y a deux sortes de contagion :

i^ La contagion matérielle y qu'on pourrait subdiviser encore, mais qui ne nous intéresse pas ici. Ses agents sont les parasites visibles, les microbes, les liquides virulents etles miasmes (je serais fort embarrassé si Ton me demandait ce que c'est, mais enfin je suppose que ce sont des gaz délétères*).

Sauf les cas de communication directe du parasite, ou d'introduction directe du virus dans le sang, cette contagion n'est jamais inévitable; mais les personnes non

* Cette définition n'est pas précisément celle de M. Béchamp,

3 ni définit les miasmes: « açents pondérables ou impondérable.^-^ ilïiisibles, non figurés, d'orare physique ou chimique, qui, travi" portés par Vair, peuvent modifier en plusieurs points à la fois le fonctionnement de ce qui est anatomiquement vivant en nous, le mycrozyma* » (BulL de VAcad. de Méd,^ 1884, p. 1727*)

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hypnotisables lui sont sujettes au même titre que les hypnotisables, et s'il y a quelque chose qui s'y oppose, c'est l'état général des forces et de la santé (la résistance physiologique), indépendamment de la sensilivité. ElJe n'est du reste manifeste, que dans quelques catégories de maladies appelées contagieuses. |

2" La contagion nerveuse, qui est double :

a) La contagion nerveuse psychique (imagination, imitation, idéoplastie), qui épargne un grand nombre de personnes (environ 70 sur 100), mais qui se manifeste dans un plus grand nombre de maladies dites contagieuses ou non, mais surtout dans les maladies nerveuses du système cérébro-spinal et ganglionnaire. Elle est plus répandue qu'on ne le croit, mais elle n'entre pas non plus dans le cadre de notre étude actuelle. Enfin

b) La contagion nerveuse physique (communication presque toujours par contact, mais presque uniquement à la suite d'iin rapport dit magnétique). Elle peut s'appliquer à diflerentes maladies, pour la plupart non contagieuses matériellement, mais surtout à des états d'épuisement, malaises et douleurs, et habituellement à un degré très faible.

Il est évident que ces trois catégories de contagion se combinent en pratique, surtout les deux premières. La troisième peut être considérée comme relativement insignifiante dans la pratique habituelle. Elle a cependant pour nous une importance théorique capitale, puisque, à ce point de vue, elle constitue la base du sympathisme en général, et de la suggestion mentale en particuUer.

Mais malheureusement nous sommes encore loin de comprendre cette base, qui soutient d'autres phénomènes encore plus délicats. Il faut cependant faire notre possible pour arriver à une appréciation telle quelle .

Dans ce but, examinons d'abord le revers de la question.

Si la maladie se transmet par contagion nerveuse, la santé doit pouvoir en faire autant. En vérité, l'une et

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l'autre n'expriment qu'une relation; ce ne sont pas- des êtres, ce m sont que des étatsw La santé représente J*harmpnie des fonctions, qui tiennent Téquilibre aux influences du monde extérieur. La maladie veut dire Je contraire, c'est-à-dire une désharmonie des fonctions qui ne s'opposent pas suffisamment aux influences du milieu ambiant. S'il en est ainsi, la santé doit même être, pour ainsi dire, plus contagieuse par contact physique que la maladie, puisqu'elle est plus expansive, puisqu'elle réagit mieux au dehors. Il ne faut pas seulement oublier, que nous parlons uniquement au point de vue physique, dynamique.

Eh bien! à ce point de vue, c'est ce qui a lieu réellement. Abstraction faite de la contagion matérielle et de la contagion nerveuse psychique, une personne bien portante et forte, donne plus de bien, qu'une personne faible et malade ne donne de mal.

Ce qu'on appelle le magnétisme* animal, en tant qu'action physique, n'est qu'une contagion de santé et de force. Et, en somme, celui qui est magnétisé,- gagne plus, que ne perd celui qui magnétise. Ici l'analogie avec l'aimant est complète; elle est encore passable dans le phénomène de l'attraction, d'affinité spécifiée, dans l'action à distance.

Et, si l'action magnétique en général, peut être considérée comme contagion, la suggestion mentale Test aussi, d'une façon plus évidente encore.

Tous les corps rapprochés, tendent à équilibrer leurstaouvements moléculaires. C'est là une loi compréhensible^ compatible avec toutes nos connaissances et facile à vérifier dans plusieurs catégories des phénomènes. Pour-

Nous ne discuterons pas sur des mots. Le mot électricité rtXexToôv, Tambre) n'a pas plus de sens dans les piles et les macliines dynamos actuelles, que le mot magnétisme^ appliqué aux certaines actions physiologiques; plutôt moins. Mais tous les mots changent leur signification avec le progrès, et il n'y a pas liou dd 8*en plaindre.

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Ce dernier fait a été confirmé par des recherches récentes, et il est certain que Jussieu le jugeait bien, en attribuant à l'absorption de l'électricité les effets mentionnés. Mais ce qu'il dit de Félectricité, s'applique également à tousles mouvements moléculaires et à tous les états organiques, quoique cette influence puisse n'être visible qu'après une transformation multiple, due aux influences des milieux.

Le fait de transmission physiologique entre le corps d'un enfant et d'un vieillard est-il empiriquement constaté? Jusqu'à ce moment la science moderne ue s'est pas occupée de ces questions ; mais la jscience ancienne trouviait le fait tout naturel, et la tradition des peuples le consacre. On m'a raconté plusieurs faits de guérison, surtout dans les maladies rhumatismales, accomplis uniquement par contact de personnes ou même danimaux jeunes et sains. Dans un des cas, trop extraordinaire pour être cité comme preuve, les poules ont servi de remède et elles sont mortes^ après avoir guéri le malade î Jene mentionne ce fait que pour attirer l'attention des observateurs sur ce qui se passe tous les jours dans les campagnes, et les médecins ont peut-être tort de le dédaigner. Il y a dans l'histoire hongroise» des faits analogues. Voici ce que je trouve dans Cabanis :

«En général, les émanations des animaux jeunes et vigoureux sont salutaires; conséquemment, elles produisent des impressions agréables, plus ou moins distinctement aperçues. De là naît cet attrait d'instinct, par lequel on est attiré vers eux et qui fait éprouver un certain plaisir organique à leur vue, à leur approche, avant même qu'il s'y mêle l'idée d'aucun rapport d'affection ou d'utilité. L'air des étables qui renferment des vaches et des chevaux, proprement tenues, est également agréable et sain : on croît même, et cette opinion n'est pas dénuée de tout fondement^ que dans certaines maladies, cet air peut être employé comme remède et contribuer à leur guérison. Montaigne raconte qu'un médecin de Toulouse, l'ayant rencontré chez un vieillard cacochyme, dont il soignait sa santé, frappé de l'air

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de force et de fraîcheur du jeune homme (carie philosophe avait alors à peine vingt ans), engagea son malade à s'entourer de personnes de cet âge, qu'il regardait comme non moines propres à le ranimer qu'à le réjouir. Les anciens savaient déjà, combien, il peut être utile pour des vieillards languissants et pour des malades épuisés par les plaisirs de l'amonf , de vivre dans une atmosphère remplie de ces émanations restaurantes^ qu'exhalent des corps jeunes et pleins de vigueur. Nous voyons dans le troisième livre des Rois, que David couchait avec de jolies filles pour se réchauffer et se redonner un peu de force. Au rapport de Gallien^f les médecins grecs avaient, depuis longtemps, reconnu dans le traitement de différentes consomptions, l'avantage de faire têter une nourrice jeune et saine; et Texpérience leur avait appris, que V effet n'est pas le même, lorsqu'on se home à faire prendre le luit au malade, après l'avoir reçu dans un vase. Çappivaccius conserva l'héritier dune grande maison d'Italie, tombé dans le marasme, eale faisant coucher entre deux filles jeunes et fortes. Forestus rapporte qu'un jeune Polonais fut retiré du mftme état, en passant les jours et Jes nuits auprès d'une nourrice de vingt ans, et l'efîet du remède fut si prompt, que bientôt on eut à craindre de voir le convalescent perdre de nouveau ses forces avec la personne qui les lui avait rendues. Enfin, pour terminer sur ce sujet, Boerhaave racontait à ses disciples, qu'il avait vu l»uérir un prince allemand par le même moyen, employé de la même manière qui réussit jadis si bien à Çappivaccius 2. » « Il n'y a pas de bonne femme qui ne sache qu'il n'est pas sain pour un enfant de le faire coucher avec une personne âgée, quoique celle-ci jouisse d'une santé parfaite... Il existait autrefois, dans les montagnes de l'Auvergne, un uàage qu'il est bon de mentionner. Lorsqu'un voyageur faible, maladif ou transi de froid, arrivait dans une hôtellerie, on lui demandait s'il voulait un lit chauffé ou braisé; le voyageur répondait naturellement : « Je désire un lit bien chaud ». Au moment de se coucher, il était très surpris de voir sortir de son lit un garçon joufflu, bien portant et bien coloré, enveloppé de la tête aux pieds d'un sarrau de toile bien propre. Le lendemain, notre homme s'empressait de s'informer, si c'était l'usage de donner un lit où un autre s'était auparavant couché ! — Monsieur, vous avez

* Gallien. — Methodus medendi, lib. lU, cap. 12, lib. VIL

* Cabanis. — Rapports du physique et du moral de l'homme, 3<^ édil. Paris, i8t5, t. II, p. 340.

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Transmission directe et indirecte. — Transmission de l'ivresse. — Tristesse, gaîté. — L'apparence d'une ampliijcation. — Audition latente. — Les couches de l'inconsciem. — Méflez-vous de la suggestion mentale ! — Le monoïdéisme. — Sympathisme des sentihients dans les expériences dites spiritiques. — Chez les trembleurs des Gévennes. — Chez les convulsior ' ~ * ^t-

Médard. — Transmission des troubles mentaux é-

tudes. — Les vœux. — L'homme invente-t-il I —

• Transmission involontaire des sentiments. — Ti i-

sations indépendant du transfert des idées. — Illusions des expérimentateurs. — Insensibililé suggérée. — Influence des doutes et de la conflance sur la réussite des expériences hypnotiques. — L'individualité des expérimentateurs. — Comment on pratique la suggestion mentale sans s'en douter. — Transmission des sensations locailisées. — Expériences anciennes et récentes. — Réflexions.

Passons maintenant au cinquième groupe : tran&mùsion des sentiments et des états émotifs en général. Ces transmissions sbnt assez communes, seulement ett^s s'effectuent rarement par « influence » pure et simple, dans le sens électro-technique du mot. Le plus souvent les perceptions ordinaires des sens, de la vue et de Touïe, aident la communication directe, par des inductions machinales, plus ou moins inconscientes. On sait combien il est facile de deviner l'état mental d'une per« sonne connue, par l'expression de sa figure et le timbre de sa voix."

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« Depuis, continue M. Lafontaine, j*ai retrouvé souvent dans ma pratique et dans celle des autres maf?nétiseurs, ce fait de transmission de sensations physiques. J'ai vu aussi des transmissions des sensations morales; — le malade devenait triste ou pai, de même qu'il devenait souffrant, si le magnétiseur était indisposé eu préoccupé. — .Il n'était môme pas nécessaire que les malades fussent endormis, pour éprouver ces différents effets physiques et moraux, il suffisait qu'ils fussent magnétisés fortement; mais, cependant, disons bien vite que c'étaient des faits rares, très rares et qui ne se développaient que chez des natures exceptionnelles *. »

Je ferai remarquer encore, que chez M. Devienne la transmission a eu lieu dans un état intermédiaire entre le sommeil et la veille. Or, on se rappelle que, chez M™** M..., qui ressentait l'état moral<ies personnes qui l'entouraient, ce phénomène se manifesta toujours au moment du réveil. Ce qui n'empêche pas cependant que, le somnambulisme étant un état très variable, très élastique, les conditions du monoïdéisme y peuvent être réalisées momentanément, et alors le même phénomène peut avoir lieu.

Baragnon a observé un cas tout à fait analogue au précédent, en plein somnambulisme :

c Sortant d'un repas, dans lequel je m'étais un peu échauffé, je fus invité à magnétiser une jeune personne qui passait la soirée dans la même réunion. Jeproauisis le som« meil avec une énergie d'action singulière. J'attribuai ce fait à mon excitation, bien qu'elle me parût fort légère. Je fus encore plus étonné d'apercevoir chez la magnétisée, plongée en somnambulisme, les symptômes d'ivresse les plus marqués. Personne n'en présuma la cause, vu que j'avais l'air très de sang-froid; mais j'expliquai, tout surpris moi-môme, ce merveilleux effet de transmission, procluisant l'ivresse chez une femme délicate, éminemment plus sensible qu'un homme, à l'effet des spiritueux 2. » ^

* Ch. Lafontaine. — Mémoires d'un magnétiseur, Paris, 1866, 1. 1, p. 96.

* P. Baragnon. >-* Ettide du magnétisme animal sous le point de vue d'une exacte pratique. Paris, Toulouse, 1855, p. 136.

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II na pas besoin « d analyser » les sensations, il lui suffit de subir Faction des associations, basées sur r expérience inconsciente.

] Je sais que Baragnon m'objecterait, que le sujet, ■ étant isolé, ne peut pas entendre ce que font' les personnes étrangères. Mais c'est encore un phénomène compliqué. Le sujet n'entend que son magnétiseur, c'est-à-dire qu'il ne répondra qu'aux questions de son magnétiseur, et on peut même dire qu'il n'entend pas réellement, dans le sens propre du mot. Mais on se trompe, si on croit, que les sensations auditives étrangères restent complètement sans action. Elles entrent dans le co^eau^ et c'est alors que se produit un phénomène, que je nommerais volontiers audition latente; les impressions ainsi entrées (je ne dis pas perçues) s'associent comme toutes les autres, se combinent et donnent des résultantes qui, à un moment donné, peuvent apparaître parmi les autres états plus intenses.

Si la lucidité (je ne dis pas clairvoyance, mais lucidité comme faculté de réfléchir);i celle qui est propre au somnambulisme actif, doit être considérée comme inconsciente, à cause de l'oubli complet au réveil *; les sensations latentes qui ne sont pas perçues en somnambulisme, mais qui entrent dans, le cerveau et y produisent une action, tout à fait comparable aux actions habituelles, quoique sans réflexes; — ces actions, dis-je, doivent être considérées comme un second degré d'inconscience» Au dessous de la conscience, il y a miixne plusieurs couches de r inconscience.

Toute une série de faits le prouve, et j'oserai même dire que les phénomènes hypnotiques, en général,

* Nous n'avons pas d'autre critérium pour déterminer, si une* pensée ou une action a été consciente ou non, que la possibilité du souvenir, quelques instants après, Ùa aura beau chercher un autre.

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5 incompréhensibles sans .cette ïnce. Qu'il nous suffise, pour le réflexions une morale pratique :

ipériences sérieuses, on doittouendormi, même en état d'aïdéie 3s les preuves ordinaires d*une '■ complète y — comme s* il était

. suggestion ! »

Bernheim devrait être écrit en

5 les laboratoires hypnotiques.

ne croit pas, ou au moins ne suggestion mentale^ en publiant te guère, parmi les savants hyplentantsur un sujet éminemment t ses théories, ses connaissances, isitions même, et qu'on arrive

soi-même, croyant faire des le les phénomènes, comme les e diable de Loudun. Donc : mé- ;gestion mentale I it un bon praticien, et un obseripicace, indique lui-même cer- [ire, et nous citerons ses remarm parlant ^e la transmissiojf

>le aux transmissions des senti» j'obtient aussi facilement dans la îst-à-dire dans Tétat qui résulte ssive de l'attention, avant que ditene se manifeste. C'est donc iiaîre entre le sommeil et la

hez des personnes qui, en tenant et attendent patiemment qu'elle issî' on s'amuse bien en société

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en posant à « Tesprit » (c'est-à-dire à rinconscient des médiums) des questions relatives à Tétat psychique des assistants. On découvre ainsi non seulement la bonne ou mauvaise humeur, les craintes, les ennuis, les confiances ou incrédulités, mais aussi les inclinations du cœur, les sympathies et les antipathies des assistants.

Ce phénomène fut très commun chez les possédés et les démoniaques des siècles passés, et évidemment on l'expliquait par Tintervention du diable. En voici quelques-uns appartenant à Tépidémie nerveuse des Trambleurs des Gévennes, épidémie qui survint chez les fanatiques protestants, à la suite de la révocation de TEdit de Nantes :

«a.Deux jeunes garçons en extase reconnaissent jusqu'aux moindres circonstances, ce que Jean Cavalier éprouvait intérieurement. Ce sont précisément ces laits qui Font gapné pour la cause révolutionnaire, et on sait que Jean Cavalier est devenu ensuite le chef principal des Trembleurs,

« b. Un crisiaque découvre qu'un homme présent à Tassera blée, les a trahis pour une somme d'argent. Il s'adresse directement au coupable, et indique qu'il porte du poison caché dans la manche de son justaucorps. Tout cela se trouve vrai, a J'étais présent, ajoute celui qui fait le récit et j'ai vu tout cela. »

« c. Un autre crisiaque, au milieu d'une assemblée de quatre à cinq cents protestants, découvre deux espions, qui avouent leur crime. H s'appelait Clary et, pour prouver la vérité de ce qu'il venait de dire, ilproposa de passer par l'épreuve du feu, et la subit en effet.' C'était donner une preuve d'insensU bilîté, après celle de V hyper esthésie *. »

« Quant aux convulsîonnaires de Saint-Médard (une

autre épidémie nerveuse, qui survint vers 1770 parmi

*les jansénistes, autour du tombeau du diacre Paris),

voici comment M. Poncet, l'un des écrivains les plus

* Théâtre sacré des Cévennes, p. 38, 45, 46, 47, 51, 56. — Bertrand, Du Magnétisme animait p. 435.

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sages du parti des appelants, s'exprime au sujet de la faculté en question. Cet écrivain mettait tant de modération dans ses assertions, que ses adversaires euxmêmes ont dit, qu'il avait écrit pour et contre les convulsionnaires : « Vous auriez bien moins de peine, ditil dans sa réponse à l'auteur des Nouvelles observations^ si vous aviez été témoin des faits; si, étant chez un convulsionnaire, il vous eût dit les pensées les plus secrètes de votre cœur; s'il vous eût averti d'une faute considérable où vous seriez tombé; s'il vous eût marqué une occasion précise de prendre le meilleur parti, pour lui en préférer un qui convenait moins... Si ce fait qui est arrivé, ainsi que plusieurs autres aussi circonstanciés, était arrivé à vous-même, vous en auriez été renversé et vous n'auriez pu vous empêcher de reconnaître qu'un pareil avertissement venait de Dieu. » — L'auteur des Lettres d'un ecclésiastique de province, dont l'ouvrage porte les caractères de vérité les plus frappants, atteste aussi « qu'il y a des exemples sans nombre que les convulsionnaires découvrent les secrets des cœurs dans le plus grand détail ».— Dans un écritintituléCoMpsd'œi/ sur les convulsionnaires (p. 8), on lit, que chez plusieurs crisiaques le surnaturel et le divin se manifestent par des signes indubitables; au nombre de ces signes se trouve l'intérieur des consciences manifesté plusieurs fois, — Ainsi nous retrouvons au milieu de Paris, parmi des théologiens raffinés, trente ans après les scènes qui s'étaient passées dans les Cévennes, cette même merveille, précédemment attestée par des paysans sans éducation; et ces théologiens jansénistes, certes, ne cherchaient pas non plus à établir des ressemblances, soit avec les pos- ^ sédés, soit avec des protestants, avec des hérétiques *. » Dans les faits cités, la transmission de pensées se mêle déjà à celle des sentiments, qui est beaucoup plus commune.

* Bertrand, îoc. ct7., p. 436.

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- Un cas également compliqué fut observé par Charpignon :

a II donnait ses services à une dame mariée et il en airiva . à divers phénomènes remarquables. Le mari de cette dame, d'abord incrédule, prit tellement à cœur les phénomènes extraordinaires dont il fut témoin, que son esprit se troubla; il ne s'occupait plus que des hautes questions de la destinée humaine, et, ayant évidemment une tendance à la mélancolie, il se livra à une exaltation profonde, et eut même ridée de se faire sauter la cervelle, pour arriver plus vite à rentière connaissance des choses. 11 eut cependant assez de discernement pour cacher devant sa femme les pensées qui robsédaient,et il se retira même dans un autre appartement.

« Pendant ce temps les idées de la somnambules reflétaient les troubles mentaux de son mari. Une excitation suivit le découragement, et elle s'écria tout à coup : « Oui, si j'avais une arme, je me brûlerais la cervelle !... »

u Le mari était rentré aux cris de détresse.

— « Ecoute, dit la somnambule à son époux, tu dois vivre, et tu as été assez lâche pour vouloir mourir ! » .

a L'auteur ajoute à ce fait les réflexions suivantes : « De vives inquiétudes ou de profonds chagrins peuvent avoir les résultats aussi funestes qu'une maladie.

« Le somnambule ressent les angoisses du magnétiseur avec d'autant plus de douleurs, quHl ne sait à quoi attribuer ce bouleversement affreux qui Topprime. »

Il est à remarquer que, dans le fait cité, ce ne fut même pas le magnétiseur qui fut la cause des troubles, mais une tierce personne, unie seulement à la somnambule par des lions d'une sympathie et d'une commuinauté de vie. •

Deleuze dit à ce propos :

• L'action de lajpensée d'un individu sur un autre, est encore un phénomène inexplicable, mais notre pensée se communique par la parole, par les gestes, c'est-à-dire par le son, par la lumière. Que savons-nous si les modifications de notre âme ne peuvent être rendues sensibles par d'au- Jtres moyens? A quoi tient ce sentiment, inhérent k la

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humaine, qui nous faitdcsiier qu'un ami absent s'ocnous? Le magnétisme donne un nouveau motif à ce

I nous explique même comment celui qui s'occupe :e et pour son bien, apit sur lui, comment une fois Je rétabli soit par les affections et les habitudes soit moyens physiques, il peut exister une communication 3UX êtres qui sont forcés à vivre séparés l'un de

N'est-ce pas encore dans un principe semblable Lut chercher l'origine de ce préjugé répandu chez peuples, que les vœux ont uneinfluence sur ia santé ien-être de ceux qui «n sont; l'objet, et de cette si chère aux âmes sensibles, qui fait désirer aux de recevoir la bénédiction de leur père. Je ne veux ;ser trop loin ces idées ; je conçois que si elles plaimagination et au cœur, si elles expliquent plusieurs iclinations, elles ne sont pas assez bien prouvées pour lisse les proposer à la raison. Je remarquerai seulene la philosophie gagnerait beaucoup à ce qu'on fit lans l'ordre naturel et physique les faits qiiiont une 2e du merveilleux, et qui sont cependant attestés hommes éclairés. Ce n'est point la croyance à ces sont les conséquences qu'on en tire qui sont la la superstition. On a beau dire, on ne persuadera ceux qui se sont convaincus de la réalité de ces ^nes, soit par leur expérience, soit par des témoiligne de foi, qu'ils sont complètement dupes d'une Si on les force au silence par la crainte du ridicule eront que plus disposés à les attribuer à une cause îlle : ils regarderont alors les principes des sciences m système, et ceux qui soumettent tout à cette îomme des hommes qui ne voient quelecprce des

II serait mieux de faire rentrer dans l'ordre tous les phénomènes merveilleux, et de bien dis-

îe qu'ils peuvent avoir de vrai, de ce qui est réelle* dmissible*. »

marques, fort justes, devraient donner à réQéux qui ne comprennent qu'une chose : Tinvioes vérités admises.

aux suppositions de Ûeleuze, par rapport aiix elles sont également justes en principe.

î. — Histoire critique y Qic. Paris, !SI3, t, II,' p. 327.

".Vv- VIÇ'.

J'oserai même aller plus loin, en disant que l'esprit humain est trop peu inventif pour créer un préjugé quelconque, sans aucune 'base empirique. Il s'agit seulement de savoir préciser où celle-ci se termine et ou commence l'imagination complémentaire et les erreurs, dues à l'oubli de l'origine. Maïs quant à l'importance pratique de ces faits réels, elle est loin de pouvoir satisfaire les aspirations « des âmes sensibles ». Les faits de comniunications inconscientes, qui peuvent être assez fréquents, se perdent complètement sous le torrent des impressions et des associations normales, et les faits de communication nette, expérimentale, sont tellement rares, qu'ils ne pourront présenter une valeur pratique, avant qu'on ne découvre toutes les conditions exactes de leur manifestation physiologique.

Mais revenons aux faits. On ne doitjamais s'inquiéter des applications quand il s'agit d'une vérité nouvelle d'ordre théorique. Accumulons les faits, pour arriver à une bonne théorie, et l'application viendra toute seule.

En attendant, cette vérité nous gène quelquefois.

« 11 m'est arrivé souvent, dit le comte de Maricourt, d'être confas etgêné par la clairvoyance des somnambules, ressentant des impressions ou devinant des sentiments que j'eusse voulu leur cacher ^ »

Je ne conteste pas le fait, mais l'adverbe souvent est peut-être de trop dans ce passage.

Je pourrais citer plusieurs faits semblablçs; mais, à cause de leur caractère intime et compliqué, ils seraient difficiles à raconter, sans entrer dans nombre de détails explicatifs, qui surchargeraient trop notre étude, et n'apporteraient peut-être rien de concluant aux incrédules. Ce sont là des faits qu'il faut observer soi-même,

* R. comte de Maricourt. — Souvenirs d'un magnétiseur. Paris, 1884, p. 16.

et qu'il convient de garder pour sa propre instruction. Il ne faut pas s'imaginer qu'un somnambule « clairvoyant » découvre ou reproduit tout le temps vos sensations. D'abord, les somnambules qui les découvrent sont rares, et puis, cela ne leur arrive pas tous les jours. Gomme pour tous les phénomènes de transmission, il y a des moments, des quarts d'heure tout au plus, pendant lesquels la transmission a lieu.

Ceci s'applique surtout aux transmissions nettes, expérimentales et aux sensations détaillées. Nous connaissons bien déjà quelques-uns de ces faits, observés sur M"® M... et M"*«B... Voyons maintenant les observations faites par d'autres expérimentateurs.

Nous commencerons par quelques remarques de Baragnon :

« Avant de s'attacher à l'étude de l'union morale et mystérieuse qui s'établit par la voie du fluide nerveux entre deux êtres, il est bon de s'appliquer à l'observ.!lion des faits, qui décèlent une intimité non moins anormale et miraculeuse entre deux corps. »

« Profondément attaché aux faits physiques, parceque je crois que ce sont eux qui sauveront le magnétisme de ia destruction des temps, jusqu'à ce que les intelligences s'ouvrent à lui, » (Baragnon écrivait en 4853) « je vois dans le fait de transmission de sensation un nouveau le* vier contre la résistance. »

« Quelle est cette communion intime de deux natures, que les plus légères douleurs, les impressions physiques les plus diverses, perçues par Tune, soient répercutées par l'autre... par l'autre, dont les sens sont abolis, dont les moyens de perception sont anéantis. » (Cet anéantissement n'est que relatif), a II faut écraser sa plume, ' plutôt que de chercher l'explication de pareils faits ; on les constate, voilà tout. — Si le magnétiseur ressent une impression, à l'instant même le somnambule éprouve une commotion identique. Si vous piquez, par exemple.

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le bras de l'opérateur de façon à ce qu'il en souffre, le çujet manifestera la douleur, dira toujours, sans erreur,

• Tendroit qui a été lésé, si c'est une brûlure, une piqûre, un coup. »

« Le stoïcisme du magnétiseur étant assez grand pour résister à toute impression de douleur, le sujet ne sent rien ou presque rien. — De même pour Todorat et le goût. Si je sens l'ammoniaque, l'éther, une odeur quelconque, la personne endormie la désignera, parce qu'elle la sentira en effet. C'est encore un fait qu'il ne faut pas confondre avec la transmission de pensée. »

Cette remarque est juste. Il y a des sujets qui ressentent la sensation, sans être influencés par les pensées, et inversement ; et chez le même sujet l'un de ces deux phénomènes peut se manifester, sans accompagnement de l'autre. Les sensations se transmettent généralement dans un état monoïdéique, dans lequel Vlmitation des mouvements existe aussi, tandis que la transmission des idées semble exiger un monoïdéisme un peu moins passif et un peu plus absorbé en même temps ; il est peut-être plus voisin du polyidéisme que l'autre, tandis que l'état qui favorise la transmission de volonté paraît encore plus passif et plus voisin d'aïdéisme.

Le même auteur fait encore une remarque juste à propos de l'influence mentale, pendant les expériences en général :

« Disons à ce propos, que si nous essayons des épreuves d'insensibilité sur le magnétisé, et qu'au moment où nous opérons des brûlures, nous ressentions quelque impression de notre acte, un sentiment de répugnance et de malaise à commettre ces cfmautés, le patient, par un effet de transmission de sensation, tressaillerait aussi,

• non de douleur, elle est nulle, mais de notre propre angoisse. C'est ici que l'on peut juger si la recommandadation de calme et de sang-froid que nous ferons tant de

' fois au chapitre des accidents, est d'une grande impor-

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tance. La réaction du ipagnétiseur gur le sujet est, darjs ces conditions^ la première source du remède, comme en l'état contraire, Tactivation du principe perturbateur* (p. 134).

C'est très juste. Il y avait dans le temps (en 1845) .une vive polémique dans les journaux consacrés au magnétisme, pour et contre les expériences d'insensibilité, surtout entre M. Lafontaine, qui les faisait publiquement et M. Brice de Beauregard, qui les trouvait infâmes, entre autres motifs à cause (Ju mal que les somnambules ressentent pendant ou après le réveil. Jusqu'à ces derniers temps je n'ai pu comprendre cette polémique. J'ai souvent expérimenté l'insensibilité des somnambules; avec l'autorisation de plusieurs personnes, je leur imposais toute sorte de tortures apparentes, piqûres, brûluresavec de la cire fondue, etc.; pour des piqûres, mêmes profondes, je n'ai jamais eu le moindre accident, dans deux cas de brûlure, larges de plusieurs centimètres. Tune par de la cire fondue, l'autre par du fer rougi, le processus inflammatoire suivait son cours habituel, mais toujours sans la moindre souff^rance, ni pendant, ni après le sommeil. Aussi c'est avec un grand étonnement que j'ai appris, que certains magnétiseurs obtenaient toujours plus ou moins de douleur après le réveil. Maintenant je comprends ; à la suite de la première expérience qui m'a parfaitement réussi, j'avais une assurance ferme que le sujet peut ne pas souffrir du tout, et cette assurance je la suggérais effectivement à mes sujets, — tandis que les opérateurs qui ont commencé par avoir un accident, en avaient conservé une crainte, une émotion, une inquiétude, une compassion inutile, qui influençaient leurs sujets. Il y a plus : l'homme le plus humanitaire, le plus susceptible moralement, parmi les magnétiseurs : Deleuze, n'a jamais pu provoquer F insensibilité^ et cependant d'après d'autres (Esdaille,Baragnon, Lafontaine, du Potet, etc.), l'anesthésie constitue un descarac-

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Transmission des états émotifs 237

tères les plus constantadusommeilnerveuxl Voici ce qu'en dit Deleuze : après avoir cité plusieurs cas d'insensibilité confirmés par les médecins, il ajoute : « Mes somnambules ne l'ont jamais présentée ; leur sensibilité était, au contraire jo/i^5 délicate que dans l'état de veille ; le contact d'un corps non magnétisé leur était désagréable, et l'attouchement d'une personne étrangère leur faisait beaucoup de mal. J'ai même la certitude que des somnambules ont éprouvé des convulsions et se sont réveillés^ pour avoir été touchés brusquement^ par quelqu'un qui n'était point en rapport^ , }i

l'ont cela est vrai, mais les adversaires ont raison aussi.

On provoque l'insensibilité quand on est sûr qu'elle doit se produire.

Et pareillement pour tous les autres phénomènes, accidents,, états — évidemment en tenant compte du degré .et de la nature de la sensibilité hypnotique du sujet.

« Un jour, dit Perronet, je me figurais qu'un sujet' était fatigué et que les poses prises par lui contre les lois de la pesanteur, devaient user son pouvoir musculaire; immédiatement, au moment précis de ma conception, erronée sans doute, je vis ses membres se résoudre dans une flaccidité inerte ; soulevés, ils retom-. baient, comme des masses brutes ou comme des membres de polichinelle... Après quatre ou cinq . minutes, j'eus, dans un moment de mauvaise humeur, la ferme volonté clo faire revivre chez ce sujet le^ propriétés inhérentes à l'état cataleptique ; j'eus en même temps la satisfaction dé réussir. J^ conclus de cette . expérience que, dans les phénomènes de la catalepsie, tout dépend de \a direction volitive ou intuitive chez l^opérateur, sans

* Deleuze, -r Jnstr, pratique, ii. 130,

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Il faut conserver dans le courant de la recherche, une neutralité de sentiment; car toutes vos présomptions, un peu fortes, se répercutent sur le sujet éminemment sensible et vous induisent en erreur. N'oubliez pas que vous n'avez pas affaire à une comète, qui ne s'inquiète pas de votre télescope, ni à une combinaison chimique , qui, tout en subissant l'action de vos réactifs, ne s'en inquiète pas davantage.

Supposez un physicien qui, voulant faire une mesure galvanométrique délicate, chargerait ses poches de morceaux de fer ou d'aimants !

C'est précisément le cas de plusieurs expérimentateurs en hypnotisme... Donc, tâchons de conserver la neutralité, devant les phénomènes extraordinaires qui se développent sous nos yeux, et — méfions-nous d'une première expérience î Revenons maintenant à nos moutons.

Voici une observation de M. Pierre Janet :

« M"*« B... semble éprouver la plupart des sensflttions ressenties par la personne qui Ta endormie. Elle croyait boire elle-même quand cette personne buvait. Elle reconnaissait toujours exactement!^ substance, que je mettais dans ma bouche et distinguait parfaitement si je goûtais du sel, du poivre ou du sucre *. »

Et dans sa dernière note*, il ajoute encore ce qui suit:

^ t( !.. Nous avons remarqué que le phénomène se passe encore,^ même-si je me trouve dans une autre chambre... Si, même dans une autre chambre je me pince fortement le bras ou la jambe, elle pousse des cris et s'indigne qu'on la pince aussi au bras ou au mollet. Enfin, mon frère qui assistait à ces expériences et qui avait sur elle une smgulière infiuence, car elle le confondait avec moi, essaya quelque

* P. Janet^ — Note sur Quelques faits de somnambulisme, {BulL , de la Soc. de Psych. phystol.^ 1885, 1 fasc.) ' ^ La Hevuc philosophiquement 8, août 1886»

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'chose de plus curieux. En se tenant dans une autre chambre, il se brûla fortement le bras, pendant que M«neB.., était dans cette phase de somnambulisme léthargique * ou elle ressent les suggestions mentales. M"» B... poussa des cris terribles et j'eus de la peine à la maintenir. Elle tenait son bras droit au-dessus du poignet et se plaignait d'y souffrir beaucoup. Or, je ne savais pas moi-même exactement l'endroit où mon frère avait voulu se brûler. C'était bien à cette place-là. Quand iM™« B... fut réveillée, je vis avec étonhement qu'elle serrait encore son poignet droit et se plaignait d'y souffrir beaucoup, sans savoir pourquoi. Le lendemain, elle soignait encore son bras avec des compresse d'eau fraichcy et, le soir, je constatais un gonflement et une rougeur très apparents à l'endroit exact où mon frère s'était brûlé, mais il faut remarquer qu'elle s'était touché et gratté le bras pendant la journée... Ce phénomène de la communication des sensation ne se produit qu'après une longue suite des séances et à la fin d'une séance qui a duré elle-même plusieurs heures : aUssi ne Tai-je pas revu une autrefois avec la même netteté. »

Je n*ai pas assisté à cette expérience, mais j'ai vu la brûlure de M; J. Janet, qui était bien large et qui a dû être très douloureuse*

Des faits analogues ont été signalés depuis longtemps par les magnétiseurs :

«... Le phénomène de la transmission de sensation du magnétiseur au magnétisé, raconte Lafontai ne, se déclara un jour chez Clarisse ; — je descendis alors à l*étage inférieur avec deux personnes qui me firent subir mille petites tortures, me tirèrent les cheveux, me chatouillant, me piquant, etc. — Quand nous remontâmes, on nous dit que la somnambule avait indiqué toutes ces souffrances, dans l'ordre où elles m'avaient été infligées. Cest là un des phénomènes que f ai le plus rarement rencontrés 2. »

Parmi les expériences récentes, il faut citer celles qui ont été faites par la Society forpsychical researckes, qui a

* c( Somnambulisme léthargique » est une contradiction. Il s'agissait d'un état intermédiaire entre Taïdéie (léthargie) et la polyidéie (somnambulisme), c'est-à-dire d'un état monoïdéique.

2 Lafontaine. — Mcmoires, t. I, p. 157

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TRAxN'SMlSSION DES ÉTATS ÉMOTltS 241

tant contribué à Textension des études psychologiques délicates, jusqu'à ce moment entièrement négligées.

« Communauté des sensations. Nous passons à une question très controversée et très discutable. Nous maintenons {et ici nous ne sommes approuvés que par une partie des expérimentateurs précédents) que nous avons souvent observé une communauté des «ensa^/ow* vraiment remarquable, entre l'opérateur et son sujet : phénomène qui pourrait être nommé d'une façon peut-être plus exacte une transmission de sensations. Ce phénomène est évidemment, intimement lié à ceux dont s'occupe le comité de la transmission mentale (Thought-transference). Nos expériences diffèrent d'ailleurs en ceci, des expériences faites parce dernier comité, que le sujet n'est pas dans son état normal, mais se trouve plongé dans le a sommeil mesmérique ». Voici comment elles ont été arrangées. Pred. Walls (un jeune homme de vingt ans, le somnambule) était assis sur une chaise, les yeux bandés, et M. Smith se^enait derrière lui. Le sujet fut endormi par M. Smith à Taide des passes. Ce dernier fut alors piqué ou pincé dans diflérents endroits assez fortement, et cette opération durait généralement une ou deiix minutes. Un silence absolu fut observé, à l'exclusion d'une question nécessaire : « Sentez- vous quelque chose? » Cette question était prononcée par M. Smith, puisquele sujet paraissait ne pas entendre les autres per* sonnes. Pans la première série d'expériences, M. Smith tenait l'une des mains du sujet, mais cette précaution ayant été conséquemment trouvée inutile, tout contact entre l'opérateur et son sujet à été rompu dans les expériences ultérieures. »

Première série, le 4 janvier. 1883.

1. La partie supérieure du bras droit de M. Smith a été pincée plusieurs fois. — Environ deux minutes après, M. Wells se mit à frotter la partie correspondante de son corps.

SUGGESTION MBNTALS. 14

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érne résultat,

ibe gauche frappé. —Même

incéc. — Même résultat, pincé. — Même résultat.

)s frappée. — Même résultat, s localise la douleur dans son

- La partie correspondante

piqué. — Même résultat.

Même résultat.

che foulé. — Action nulle.

— La partie correspondante

î frappé. — Même résultat, mbe droite pincé. — Wells

che piqué. — La partie cor-

ement.

'eille droite piqué. — Même

; ici :

ixpérîences, Walls avait les iemment, mais en outre un I. Smith. Durant une partie trouvait dans une chambre par un rideau épais.

^e 10 avril 4883.

*oreille gauche de M. Smith, nutes environ, Wells s'écria :

il se mit à frotter la partie

)ras gauche pincée. — Wells ntanement.

— Au bout d'environ une

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minute, Wells lapa sur sa propre oreille droite, comme [s'il voulût attraper une mouche importune, en criant.; «Veuxtu me laisser tranquille ! »

20. Le menton pincé, — Wells indiqua la place presque immédiatement.

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