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HYPOTHÈSE D'UNE ACTION PSYCHIQUE DIRECTE

liste. Si ma pensée peut mouvoir mon corps et la pensée de mon sujet le sien, il suffit de supposer que ma pensée est passée dans son cerveau, pour comprendre tout. On voit comme c'est clair.

Quand il s'agissait d'expliquer la vue à distance, on disait tout simplement que Fâme du sujet, après avoir quitté momentanément son corps, était allée voir ce qui se passait à cent lieues, puis retournait et racontait ce qu'elle venait de voir.

Il était un peu ennuyeux de laisser ainsi le corps sans âme; mais les spiritistes ont trouvé le moyen d*y remédier : Yâmé restait sur place, c'est ïesprit qui se chargeait de l'excursion.

Pareillement pour la transmission de pensée. L'âme (ou l'esprit, ad libitum) n'ayant pas de limite comme le corps, pouvait bien s'allonger un peu pour occuper momentanément une position étrangère, exécuter ce qu'il y avait à exécuter, puis se replier sur elle-même et rentrer dans sa coquille. Descartes a bien reconnu l'impossibilité d'une action de la pensée sur l'étendue (la matière), mais non pas sur une autre pensée.

Par conséquent elles pouvaient s'entremêler; et si quelque chose devait nous étonner dans cette affaire, c'est que cela leur arrivât si rarement. On devait plutôt s'attendre à une communauté universelle. — Passe-moi ton expérience et moi je te passerai mon espoir... Voilà ce qui serait commode. Un seul pourrait apprendre pour tout le monde, et puis revendre ses idées directement, à tant la série : une association pour deux sous, et même deux pour un sou, puisqu'il est prouvé que celui qui communique ses idées au somnambule n'y perd rien.

Malheureusement, ce commerce est encore prématuré. Nous ne sommes même pas fixés là-dessus, si une âme, ou une pensée d'une âme, peut quitter son corps ; et si, après l'avoir quitté, elle devient plus puissante que tout à l'heure. GequHl faudrait prouver avant tout.

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m DE LA SUGGESTION MENTALE

Au lieu de supposer un passage direct, certains spiritualistes se sont contentés d'une action également mystique, mais plus vague encore. « On conçoit (?), dit Ghardel *, que les obstacles et les distances disparaissent pour une âme lucide. Elle ne s'en inquiète plus ; elle se livre naturellement à ce nouveau mode d'investigation et parait ne faire en cela que recouvrer son genre d'action qui lut est propre (Ghardel n'indique pas les sources de son savoir), et que le relâchement des liens de la vie vient de lui rendre ».

C'est simple comme bonjour.

D'autres, sans admettre un déplacement réel ou un élargissement mystique des facultés, laissent entrevoir un « rayonnement » presque physique :

a L'esprit, dit le grand maitre du spiritisme • n'est pas

renfermé dans le corps comme dans une boîte : il rayonne

tout alentour; c'est pourquoi il peut se communiquer à

d'autres esprits, même dans l'état de veille, quoiqu'il

le fasse plus difficilement que pendant le sommeil. »

C'est joli ; seulement il faudrait prouver qu'il existe une analogie entre une âme et une lanterne. Ce qui, du reste, ne suffirait pas encore, puisqu'une lanterne éclaire seulement, tandis qu'une âme peut commander des mouvements. Il est vrai qu'un rayon de lumière peut mouvoir un radiomètre de Crookes, mais on n'a pas encore déterminé ce que c'est qu'un ra7/on de T esprit ^ ni ce dont il est capable.

On sait que les spîrites admettent encore une transmission de pensée entre les âmes incarnées et les esprits aflranchis. « Les esprits n'ont que le langage de la pensée; ils n'ont pas de langue articulée », assure AUan Kardec ', et on peut le croire sur parole,

< C. Chardel, Essai de psychologie physioL{?) Paris, 1838, p. 280. • Alla* Kardec, Le Livre des esprits. Paris, 1862, p. 185. 8 Le Livre des médiums^ Paiis, 1862 p. 271.

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