‹ De la suggestion mentaleChapitre 23 sur 39 · HYPOTHÈSE D'UNE ACTION PSYCHIQUE DIRECTE · texte numérisé non relu

HYPOTHÈSE D'UNE ACTION PSYCHIQUE DIRECTE

Donc, si un esprit a quelque chose à nous dire, il est obligé de se servir d'un interprète. Cet interprète, c'est le médium,

' « C'est l'esprit du médium qui est l'interprète, parce qa*il est lié au corps qui sert à parler... » (p. 268). Mais le plu» souvent ce seul intermédiaire ne suffit point : liVesprlt familier est presque toujours celui quisert d'interprète, pour communiquer au médium la pensée de V esprit évoqué, qvi&nd celui-ci est assez élevé pour ne pas juger convenable de venir personnellement, ou quand d'autres occupations l'en empêchent. La pensée entre esprits, se communique sans le secours du langage parlé et directement. Si tu évoques un esprit qui ignore la langue, il transmet directement sa pensée à tpq esprit familier y qui la traduit dans la langue que tu connais et qui t'es familière *. »

Certains spiritualistes sont allés plus loin ; ils admettent la nécessité d'interprètes spirituels non seulement pour une communication entre un homme vivant et un esprit évoqué, mais aussi entre le magnétiseur et son sujet. « L'influence que l'homme exerce sur l'homme par l'action du magnétisme, dit le D' Billot ', vient d'un auxiliaire ou inconnu ou méconnu et dont la présence peut seule donner la solution desphénomènes magnétiques. »

Cet auxiliaire, c'est le monde des esprits, bons ou mau* vais; surtout mauvais, assure M. le marquis de Mirville.

Ces auteurs se sont placés au point de vue des exorcistes : l'homme n'est pas capable de percevoir la pensée d'autrui; par conséquent s'il parait la percevoir, c'est que son ange gardien — ou le diable — lui en ont soufflé mot.

Nous ne perdrons pas notre temps à examiner ces fantaisies extrascientifiques. Notons seulement que, si la crédulité peut mener si loin, une incrédulité quand

i J. Roze, Révélations du monde des esprits, 2e série. Paris, 1862, p. IH.

Billot, Redierches psychologiques ^ etc. Paris, 1839, l. I, xir,

SUCCESTiON MEKTALE. 30

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même n'en est pas du tout préférable. « Le doute, a dU Arago , est une preuve de modestie, et il a rarement nui aux progrès des sciences. On n'en powrait dire autant de V incrédulité ». — Si on voulait avoir un^ preuve éclatante de ce que peut produire un scepticisme pathologique, on n*aura qu'à lire M. Mabru, « lauréat de l'Académie des sciences ». Cet auteur a écrit un livre de 560 pages * pour dire qu'il n'a rien vu en fait de magnétisme (p. 5), malgré toutes les lettres qu'il a écrites et tous les concours qu'il a institués personnellement. Pourïui, «le prétendu somnambulisme magnétique n'existe pas plus que le fluide, et les phénomènes qu'on attribue au somnambulisme, ne sont qu'une pure illusion (p. 356). » Puységur était dupe de ses servantes, qui simulaient la clairvoyance « pour se faire augmenter leurs gages », etc.

Il admet, lui aussi, un interprète pour les phénomènes de transmission, savoir... un compère, « Pour ne pas être dupe, de tous ces jolis tours répétés si souvent avec avantage dans certains salons magnétiques, dit-il, le moyen est bien simple : il ne faut qu'une chose supprimer le compère, » « Il n'y a ni fluide animal, ni somnambulisme artificiel^ m magie, ni sorcellerie; toutes ces prétendues sciences ne possèdent en réalité aucun fait scientifique, et quand, à force de retenue, de ^ènQ et de contrainte, on parvient à provoquer la somnolence chez un malade ou chez un sujet qu'on a longtemps fatigué (ce qui s'obtient chez une personne bien portante et dont les sens sont reposés), ce sommeil n'est 1 que le sommeil ordinaire. Il ne jouit aucunement des i propriétés merveilleuses du prétendu sommeil magnéj tique. Il existe souvent des tours de compère, mais, en : dehors de ceux-ci, il est complètement faux qu'il existe entre Yendormeur et son sujet une relation ou un état

* t, Mabru, Les Magnétiseurs jugés par eux-mêmes» Paris, 1835.

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