‹ De la suggestion mentaleChapitre 31 sur 39 · LOI DE RÉVERSIBILITÉ · texte numérisé non relu

LOI DE RÉVERSIBILITÉ

force A ne se transforme en totalité en une f pourquoi Téquivalent mécanique de la chî pas être une quantité absolument constante tique^ et voilà pourquoi, au lieu du mot éq préféré me servir du mot corrélatif dyna plus que cela : Tunivers n'est pas vide, i force qui se transmet, rencontre d'autres elle ne se transforme que peu à peu, le plus se borne à w,odifler une autre force à ses sans en souffrir sensiblement. C'est surloi forces persistantes, bien concentrées, bie par leur milieu ; c'est le cas de Téquilil gique, dé la force nerveuse, de la force ps idées, des émotions, des tendances. Elles forces environnantes sans disparaître, elles forment qu'insensiblement, et, si la nature prête exceptionnellement, elles ^a^new^ mê indactive, comme l'aimant gagne par la pi armature de fer doux, auquel il communiq sa force. Un sentiment communiqué n'y ] contraire, une induction polaire souvent le Il faudrait écrire tout une psychologie philosojîhie delà nature pour élucider suffi questions subtiles. Bornons-nous à dire qu' nature « morte » des faits analogues. Une voque l'incendie. Mais tout ce qui constiti pas même la première flamme, ne peut ê1 comme l'équivalent mécanique de l'étii dernière n'a fait que délivrer une série de fc Si le téléphone magnétique produit lui-mêi qui transmet Ja ^ parole, il n'en est pas d un transmetteur microphonique. Celuid'une pile, et la parole ne fait que modifie: existant; elle lui imprime les modifications elle le charge. d'une mission, sans en être aJ . C'est ainsi que procède la pensée du ma]

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Comment expliquer l'action â distance?— Le fluide, tion. — La transmission psychophysique. — Gonscienfe ou inconsciente?— Par le cerveau ou par les nerfs? ~ Transmission simple. — Paralysie et suggestion. — L'état physiologique du cerveau. — Le sang et les vaso-moteurs. — Energie nerveuse et énergie électrique. •— Hypérémie relative. — Difficultés théoriques. — L'action à distance au sein du même organisme. — Opinion de Maudsley. — Transmission simple dans les organes de notre économie. — Transmission avec transformation. — Transformation réversible. — Le « transfert ». — Un cas particulier de transfert. — Le transfert sur le fœtus. — Hérédité et suggestion. — Une observation de Brown-Séquard.— L'hérédité considérée comme suggestion mentale inconsciente. —La contagion nerveuse et l'échelle des phénomènes de transmission. — Les applications. — Participation de la pensée de l'opérateur dans le magnétisme en général. — La suggestion latente. — La thérapeutique, — La suggestion mer^tale peut réussir là où la suggestion verbale reste impuissante.— Les applications scientifiques. — i^a mag^ie et la science. — Une nouvelle époque de renfti§sance.

Transportons-nous maintenant à l'autre station, pour voir ce qui s'y passe.

Prenons le cas du sommeil à distance, et essayons do l'expliquer.

Les magnétiseurs disent que leur volonté concentre le fluide et puis le projette au dehors, dans une direction approximative, comme un paquet d'opium, Ge fluide est tellement intelligent et tellement aimable.

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qu'il court au plus vite, trotive son chemin, tourne les murs et frappe le sujet. Il l'envahit, et du moment que le sujet est saturé convenablement, le sommeil se déclare, de loin comme de près. C'est clair, c'est même un peu plus raisonnable que cette ancien ûe explication de l'action de l'opium, d'après laquelle il endort, parce qu'il possède une vertu somnifère.

Mais, dans l'espèce, il faudrait prouver d'abord que le fluide existe, puisqu'il peut être projeté, ensuite qu'il sait trouver son chemin, et enfin qu'il s'arrêtera juste dans le système nerveux du sujet.

En somme, on ne gagne pas grand' chose avec cette théorie. On décrit l'action, en la substantialisant, comme disait Mesmer,

Envisageons la question d'un autre côté :

Supposons, pour le moment, que la théorie suggestive est la seule vraie, c'est-à-dire que, si le sujet s'endort, il s'endort par sa propre imagination, par l'idéoplastie. LHdée du sommeil se présente à son esprit, trouve un moment monoïdéique et se réalise. Il suffirait, dans ce cas, de transmetre au sujet l'idée impérative du sommeil pour qu'il s'endorme. Cette idée ne peut pas arriver comme telle. Les idées ne voyagent pas. Mais nous gavons déjà que les idées envoyent partout leur corrélatif dynamique, partout, c'est-à-dire tout autour. Ce n'est pas une substance qui se transporte, c'est une onde qui se propage et qui se transforme déplus en plus, au fur et à mesure de la diff'érence et de la résistance des milieux qu'elle traverse. Elles peuvent frapper toute sorte de corps, sans aucune action sensible, ']e dis sensible, parce qu'il serait contraire au principe mécanique de l'univers, de dire, que par-ci ou par-là elle n'aawcwne action (il est vrai que nous commettons tous les jours de pareilles inexactitudes; nous disons, par exemple, que la lune produit le flux et le reflux de l'océan, mais qu'elle n'a aucune action sur l'atmosphère ou sur

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rhoinme).'Dohc, Taction est générale, mais elle reste plus ou moins insensible, avant de trouver un milieu analogue et toutes les conditions nécessaires pour une transformation réversible. Un cerveau B réunit ces conditions : l'idée correspondante se réveille en lui, et il s*endort.

Mais alors tous les cerveaux sensibles qui se trouvent dans le cercle de l'action devraient en faire autant?

Non ; parce que tous ces cerveaux ne sont pas réglés, tous ces cerveaux ne sont pas en rapport avec Topérateur. Et je crois qu'il n'est pas possible d'agir à distance sans rapport. Ce rapport consiste en ceci, que le ton dynamique du sujet correspond à celui de l'opérateur, que, par habitude et par l'éducation, le cerveau du sujet est devenu sensible d'une façon spéciale à ces influences minimes.

L'action mentale à distance, supposant qu'elle soit certaine, est-elle consciente ou inconsciente? c'est-àdire, le sujet s'en doute-t-il, avant de s'y soumettre entièrement?

Le plus souvent, non. La transmission est médiate : du conscient à l'inconscient. L'idée suggérée n'entre pas danslapolyidéie normale; mais, après avoir trouvé un moment monoïdéïque (et un moment absolument monoïdéique n'est jamais conscient : qui dit conscience dit polgidéie), elle se réalise aussitôt par l'idéoplastie. Ce n'est qu'alors, dans l'état somnambulique, que le sujet peut percevoir la suite de l'influence et en deviner la cause. Souvent alors l'image de l'opérateur est suggérée en même temps et produit une hallucination véridique.

Mais il arrive aussi que le sujet devine l'action, avant de s'y soumettre complètement. Quelquefois même, surtout à la suite d'une défaillance momentanée de l'opérateur, il a le temps et la force de s'y opposer. Dans ce cas, nous avons à faire à une suggestion immé-

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diate, maïs insuffisante, soit à cause deTopéraleur, soit à cause du sujet. Mais alors, le plus souvent, la suggestion immédiate manquée se transforme en une suggestion médiate, retardée, qui peut encore trouver son moment propice.

L'action peut donc être consciente ou inconsciente ; mais est-elle toujours purement cérébrale? Autrement dit, la transmission s'opère-t-elle chez le sujet par le cerveau sur l'organisme, ou par l'organisme sur le cerveau ?

Dans la supposition de Baragnon, qui croit que c'est la transmission de sensations qui sert de base à toute suggestion mentale, ce seraient les nerfs qui, étant les premiers affectés, réagiraient sur le cerveau.

Au point de vue physiologique général, sans penser à l'action à distance, cette supposition n'est pas dénuée de fondement. La loi de réversibilité s'applique aussi bien à la physiologie du système nerveux qu'aux questions de physique générale. Si une émotion s'exprime par une altitude musculaire, cette attitude musculaire, provoquée extérieurement, peut reproduire l'émotion. G*est ce que prouvent les suggestions musculaires de Braid. Pareillement les sensations transmises pourraient reproduire l'idée qui les accompagnaient chez l'opérateur. Mais, d'abord, l'opérateur a-t-il réellement les sensations du sommeil lorsqu'il provoque le sommeil? Ce serait un peu tirer les faits par les cheveux que de l'admettre. Il a seulement Vidée du sommeil ; puis, je crois, qu'au moin» pour des expériences faites à distance, l'action sympathique de deux cerveaux est encore plus compréhensible qu'une action sympathique de nerfs, et comme le cerveau lui-même suffit complètement pour produire, par une action centrifuge, toutes les sensations possibles, il vaut mieux s'en tenir là.

J'admets donc (ou plutôt je suppose) qu'une action à distance pourrait s'exercer uniquement ou principalement par l'intermédiaire du cerveau.

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Nous avons, il est vrai, admis une action physique, et même une action physique locale. Mais il est presque impossible d'éliminer, dans l'hypnologie en général, le concours du cerveau, c'est-à-dire d'une idéoplastie ou d'aune action réflexe sensorielle. Vous pouvez bien agir sur un seul membre ; vous pouvez bien paralyser un seul doigt ou une seule oreille, mais l'apparence d'une action localisée des passes, de l'approche de la main, de l'aimant, des métaux, des diverses substances médicamenteuses, ne doit pas nous induire en erreur; même quand le cerveau paraît tout à fait endormi, il peut réagir par des associations idéo-organiques réversibles. Une seule catégorie de l'action physique locale paraît admissible : c'est celle dont le type présente la communication de la chaleur. Je peux bien réchauffer une main froide, en la tenant entre mes mains chaudes, et alors l'action n'est pas réflexe, elle est purement physique. Il est probable que d'autres transmissions physiques du même genre existent. Il est probable qu'une nîain bien nourrie par le sang, bien ravitaillée par les courants normaux des muscles et des nerfs, une main qui transpire d'une façon normale, qui enûn, dans l'ensemble de ses vibrations moléculaires, est parfaitement équilibrée, il est probable, au point de vue théorique, et certain comme fait, qu'une main pareille peut communiquer son ton à une partie malade, ranimer par induction un mouvement moléculaire ralenti , un échange des matières langissant , calmer les excès dynamiques vitaux, et rétablir un équilibre troublé.

Je comprends que tout ceci peut s'eflectuer même à une petite distance, toujours en dirigeant localement la main vers un membre donné. Mais ce que je comprendrais difficilement, c'est une action semblable à grande distance ou à travers un mur , et je crois qu'alors ce n'est plus une communication physique directe qui agit, mais bien la suggestion cérébralei et si lé sujet de

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bERNlÊRES SUPPOSITIONS ^23

Mesmer (p. 402} ressentait derrière un mur les mouvements de ses bras, c'était peut-être plutôt par transmission transformée et réversible de la pensée, par idéoplaslie suggérée mentalement, que par une action physique locale.

Mais n'msistons plus, la question n étant pas encore susceptible d'une discussion rigoureuse.

Voici cependant ce que je crois pouvoir inférer d*un6 série de mes expériences, autant que de celles de Bertrand et de quelques autres :

Contrairement à la théorie de l'exaltation des sens, la suggestion mentale paraît réussi?^ le mieux lorsque les sens sont complètement paralysés. Et alors nous sommes certainement en présence d'une vraie transmission mentale. Il y a une exaltation du cerveau^ une exaltation toute particulière et que nous tâcherons de préciser un peu tout à l'heure, mais pas une exaltation des sens.

C'est une question fort délicate que celle que je soulève en ce moment, et je ne présente mes suppositions qu'avec toute réserve.

Il me semble que Mesmer avait encore une fois raison. Il soutenait que si le sujet, dont tous les sens sont absolument paralysés (ce qui arrive quelquefois en catalepsie et en extase) entend cependant son magnétiseur, il l'entend par suggestion mentale *. La parole, quoique prononcée, de vive voix, impressionne directement son cerveau et non son oreille. Il ^e pourrait même que la pensée toute seule ne ( suffit pas pour l'influencer, et cela n'entraverait encore en rien la supposition ; puisque la transmission pouvait être trop faible sans parole.

Mesmer se trompait en partie; il généralisait trop. Il croyait que partout où le sujet n'entend que son magnétiseur, il l'entend mentalement. Mais nous avons

« Où sô rappelle que Puységitr cite lecas d*Uiittialàde sourd qui répondait aux questions mentales.

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VU que, jusqu'à une certaine mesure, le phénomène du rapport se laisse expliquer par une impressionnabililé spécifiée, par une perception élective, et il faut toujours donner la préférence aux influences connues, avant d'avoir recours à un principe essentiellement nouveau. Pourtant si, au lieu d'une ançsthésie relative, on est en présence d'une insensibilité absolue et générale, lorsqu'un coup de pistolet tiré inopinément près deToreille ne provoque aucune sensation, ni aucun mouvement réflexe, il est vraiment difficile de comprendre, comment une parole du magnétiseur, prononcée également d'une façon inattendue, même avec un changement de voix, puisse cependant être entendue avec la plus grande facilité 1...

En résumé, je considère comme proiai/e Texistence de deux sortes de suggestion mentale : Tune conditionnée par une exaltation des sens, exaltation relative visà-vis des sensations provenant du magnétiseur, ce qui constitue le rapport commun; et une autre conditionnée par une paralysie complète des sens, avec l'exaltation tout à fait exceptionnelle du cerveau.

Dans ce dernier cas, il y a toujours une sorte de fièvre localisée au cerveau tout seul. La tête est chaude, les membres froids. On dirait que toute la force nerveuse s'est concentrée dans les hémisphères. C'est une hyperémie, mais une hyperémie toute particulière. On pourrait dire une hyperémie de tension élastique; elle n'oppresse pas le cerveau, elle lui procure seulement un excès de vitalité disponible, mais latente. La circulation n'est pas vive, mais elle peut devenir plus vive que d'habitude, à tout moment, et sous l'influence d'une excitation minime.

En admettant que c^est surtout l'action des vaso-constricteurs qui règle le circulation capillaire, il faudrait leur accorder, dans ce cas, une mobilité d'excitation et de relâchement toute particulière. Quant aux phéûo-

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mènes électriques, voici comment on rendre compte. On sait, depuis les trav de Du Bois-Raymond, que les courant nerfs comme aux muscles subissent un pendant l'action nerveuse proprement di qu'une quantité d'énergie donnée, se m sous forme d'une action nerveuse, tant d'une action électrique. Dans le cas qui i Faction nerveuse psychique est nulle ; i devenir très intense. Par conséquent, il qu'il existe dans le cerveau une tens exceptionnelle, mais qui peut disparaîtr et qui, en général, doit subir de grands momentanés. Lorsque le 6erveau reste ei sion électrique est grande et elle excite 1 qui contractent les artères. Mais, grâce relative, et par conséquent à une tensior rielsurtout,la moindre diminution de ten peut augmenter le travail nerveut et pro tation des artères. Il suffit donc de su courants électriques de l'atmosphère, me transmission psycho-physique, comme photophone est modifié par la parole, trai modification aux courants électriques du disposé aux influences minimes, par l'er conditions — pour comprendre la rep phénomène mental, ensorcelé dans son ( mique.

Je prie le lecteur de ne pas critiquer ti excursion dans le domaine de l'invisible, les choses se passent tout autrement ; il que ce processus intime soit beaucoup i qu'il ne ressorte de mes conjectures sch fait ce qu'on peut, pour ne pas avoir l'a un phénomène qui « renverse toutes les i logiques ». Espérons qu'en définitive U

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rien et jettera lui-même une vive lumière sur plusieurs faits obscurs *.

Pour qu'il en soit ainsi, il faut lui trouver des connexions solides avec des phénomènes proches et plus ou moins connus. Si la loi de réversibilité explique l'action à distance, elle doit aussi expliquer l'action de près, et cette dernière doit trouver des analogies avec des faits encore plus rudimentaîres.

Nous avons déjà signalé, que l'action mentale à distance s'enchaîne intimement avec l'action physique de près et plusieurs phénomènes de sympathisme et de contagion nerveuse. Descendons maintenant encore plus bas, tout au bout de l'échelle, pour souder ensuite les deux séries de l'évolution.

Il existe une action à distance au sein (Tun seul et même organisme.

c C'est une propriété caractéristique du système nerveux, dit Mandsley^, qu'una excitation localisée se transmet aussitôt à des parties éloignées, n

« Gomment cela se fait? nous ne le savons pas {aussi il nous est indifférent de désigner ce phénomène sous le nom de sympathie ou du consentement des parties, de l'induction, infection ou action réflexe, ou sous tout autre nom, qui, à l'instar d'un symbole algébrique, ne peut qu'exprimer une valeur inconnue. « Quelle peut être la cause de ce fait, demande M. D. Whytt, que parfois, l'amputation d'un bras ou d'une jambe provoque une contracture des muscles de la mâchoire, plutôt que

* Pour les questions de Tétat du cerveau dans le sommeil nature anormal, voir l'excellente étude du D' A. -M. Lançlois : Contributions à Vétude du sommeil naturel et artificiel, Dijon, 1877. — Uu essai intéressant du D' H. Haan, Ueber Beziehungen zwischenHi/pnotimus und cerebraler Blutfûllung. Wiesbaden,'l885, et un travail descriptif récent, plein de citations, du D' Baith: Du sommeil non naturel, ses diverses formes, Paris, 1886.

2 Je cite d'après la traduction aUemande du D' B. Bœhm. H. Maudsley, Die Physiologie und Pathologie d'en Seek.'WûvzbuvQ, liiTO, p. 412.

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d*ùn autre organe ? n Noire ignorance là-dessus ne doit pas nous étonner; personne ne sait pourquoi, dans une plante sensitive, dans mimosa pudica par exemple, l'excitation appliquée à un seul point se propage sur.toute une feuille, et parfois même sur des feuilles voisines, qui se contractent ; personne ne sait comment, de fait, s'effectue l'induction électrique ; pourquoi un seul point d'un muscle excité, transmet l'excitation tout le long des fibres, ou comment se transforme la substance d'un nerf dans l'état électro-tonique. »

Mais il n'est pas nécessaire de connaître tout cela en détail .pour en saisir le principe. Or, ce principe consiste manifestement dans les lois que nous venons d'indiquer.

Une excitation quelconque causée par un changement anatomique ou purement dynamique, spontanée ou provoquée, constitue toujours un foyer de mouvement. Ce mouvement, comme tous les mouvements delà nature, se propage. S'il se propage à travers un milieu identique (fibres nerveuses de même nature), il n'y a que transmission. S'il rencontre un milieu différent, il y a transformation. Et c'est alors que se manifeste le phénomène du sympathisme, dans le même individu.

Un état inflammatoire de la pituitaire peut se transmettre dans la muqueuse des paupières, du larynx, des poumons, des intestins, de l'anus, etc., entotaUtéou en partie, et alors il n'y a que transmission. Mais elle peut s'effectuer à travers les muqueuses intermédiaires sans les atteindre et s'abattre sur un point éloigné, qui individuellement constitue un nodus minoris resistenliœ, car ici, comme ailleurs, la transmission ne devient palpable que sur les routes d'une résistance moindre.

Il y aura transformation complète, si deux organes

différents réagissent l'un sur l'autre à distance. C'est

•ainsi qu'un déplacement de l'utérus peut déterminer un

accès de mélancolie, qui disparait par replacement de

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530 t)E LA SUGGESTION MENTALE

cet organe (Schrôder van der Kolk) ; si Faction s*est porté au cerveau et non ailleurs, c'est qu'il était particulièrement prédisposé» J'ai observé une autre sympathie de ce genre. Chez une ataxique un déplacement de l'utérus provoqua des douleurs sciatiqaies qui cessèrent aussitôt après reposition. Ici les nerfs sciatiques présentaient un terrain favorable (a cause de l'ataxie), tandis que le cerveau s'opposait à toute influence. J'ai vu aussi une hyperesthésie dorsale transformée en coliques hépatiques nerveuses. Du jour au lendemain, la maladie changeait dé place, en même temps que de caractère, et j'ai obtenu une guérison rapide par une série de ces transferts d'un nouveau genre, d'après la méthode, que M. Charcot appliqua au transfert ordinaire...

L'état de grossesse peut provoquer régulièrement une folie, tandis que, dans d'autres cas, c'est la raison qui revient avec la grossesse, de sorte que la malade n'est raisonnable que durant cette période (Guislain, Griesinger)é Un pessariwn peut supprimer instantanément certains cas de mélancolie (Fleming, Maudsley), comme une pression sur les ovaires peut arrêter une attaque hystérique (Charcot) et chez l'homme^ celle d'un testicule, arrêter une attaque de catalepsie hystérique (Abbe). On «ait que la présence des vers dans Tintestin peut causer le prurit nasal et autres phénomènes sympathiques, et qu'une aiguille dans les mêmes conditions peut déterminer des convulsions (Whytt). »

Mais ce qui est surtout intéressant, c'est une transmission totale avec transformation totale, qui se manifeste dans plusieurs maladies et qui a déjà été remarquée par le D' Darwin, et dernièfement par Maudsley. Il existe un certain antagonisme entre les convulsions et le délire. Très souvent le délire se manifeste au moment où les convulsions s'arrêtent et réciproquement. Dans ce cas c'est l'excitation delà moelle qui se transmet au certeau et s'y transforme sous Tinfluence du milieu.

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PERNIÉBES SUPPOSITIONS 531

Au contraire, lorsque la transmission a lieu transver-» gaiement, c'est-à-dire d'une moitié du corps à Tautre, elle rencontre le plus souvent un organe identique, et par conséquent ne change pas de caractère. C'est ainsi qu une migraine, une névralgie quelconque, une contraction ou contracture, une anesthésie ou hyperesthégie, passe de droite à gauche, et le phénomène du transfert hypnotique montre, que tous les phénomènes unilatéraux, sensations, hallucinations (Féré) peuvent être transférés.

Ce phénomène est bien connu en principe depuis les travaux de la commission nommée par la Société de biologie pour l'étude de la métallothérapîe du D' Burq. Mais quelquefois le transfert présente une forme particulière. Voici, par exemple, un fait intéressant observé par Ollivier : Dans un cas d'hémianesthésie gauche, en piquant la jambe insensible, cet auteur provoqua une sensation douloureuse dans le point correspondant de la jambe droite. J'ai observé un cas analogue chez un jeune homme bien portant, un de mes élèves à Tunivereilé de Lemberg. On pouvait provoquer chez B... une anesthésie bien localisée, à l'état de veille. Je dessinais par exemple, sur son avant-bras un carré, ou un triangle, et j'agissais sur cette partie à l'aide d'un léger massage du doigt; deux minutes après, le carré ou le triangle de la peau était insensible, mais quelquefois, en le piquant, je provoquais la sensation douloureuse d'une piqûre, dans les points exactement correspondants, de l'autre bras.

Il existe donc dans le même organisme :

a. Une action à distance (excitation, réfléchie dans iin organe éloigné). Remarquons que l'excitation peut être d'origine psychique, et que tous les cas d'idéoplastie trophique ou matérielle en général, peuvent être considérés comme les faits d'une action mentale à distance, au sein d'un même organisme. (Voir m'a note sur l'idéoplastie.)

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b. Une transmission avec transformation partielle apparemment entière (transmission et transformation des maladies d'un organe à un autre, différent). Ici encore, le point de départ peut être psychique. (Voir l'influence du cerveau sur les autres organes, dans l'excellent livre du D"^ Hake-Tuke, Le Corps et TFsprit^ traduit par le D' V. Parent. Paris, 1885.)

c. Un transfert des symptômes (c'est-à-dire une transmission^ psychique ou physique réversible, dans les organes analogues bilatéreaux.

A un degré un peu plus élevé, Fon observe une transmission d'un organisme à un autre, lié seulement avec celui-ci par une communauté matérielle de nutrition. J'ai en vue les influences maternelles sur le fœtus. Le fœtus est chloroformé en même temps que la mère, il subit l'influence des excitations sensorielles de celle-ci (Féré), et il paraît que dans certains cas, même raclion miorale devient manifeste. Théoriquement, le fait m'a semblé absolument nécessaire, et je pourrais même ciler quelques observations concluantes qui me sont personnelles; mais en somme la question a été si peu étudiée cjérieusement, que je l'ai éliminée à dessein*. , Un genre de transmission, encore un peu plus éloigné, constitue la transmission héréditaire (Voir. Ribot, LHérédité psychologique, 2« édition, Paris, 1882), qui est aussi bien psychique que physique. Chose étrange î On l'admet bien, parce qu'il y a la une goutte d'albumine qui sert de point d'appui à notre imagination,

* On trouve certains indices dans deux livres intéressants, Tun écrit par un médecin distingué, etimprégné d'un bon scepticisme scientifique, J.-B. Demangeon, De f imagination considérée dans ses effets directs sur l'homme et les animaux, 2« édit. Paris, 1829 • lautre écrit par un pédagogue enthousiaste, mais spirituel, Frarière' éducation antérieure, influences maternelles pendant la gestation ^ir les prédispositions morales et intellectuelles des enfants, 2e édit. Pans, 1862. Voir enfin le chapitre sur cette question dans l'excellente étude classique du D^ .Liéheault ; Du sommeil et des états analogues, Paris, 18fi6.

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tandis qu'on se refuse d'admettre une transmission par le contact, comme s*il était plus facile de comprendre, qu'une série de tendances et aptitudes morales puisse être ensorcelée dans une goutte de matière ! Voici, par exemple, le cas observé par M. Brown-Séquard, il nous servira en même temps d'exemple d'une action inverse du fœtus sur la mère :

a Le fait signalé par le D' Harvey, d'Edimbourg, comme ayant été observé chez l'homme et dans quelques espèces d'animaux, s'est présenté d'une manière très nette chez le cobaye. La mère a été physiquement modifiée, de manière à ressembler au père. Des cobayes màles^ ayant eu le nerf sympathique cervical coupé, ont eu des petits, présentant les effets de la section de ce nerf, et la mère a, elle aussi, à l'époque de la naissance des petits et plus tard, présenté les mêmes effets * . »

Ainsi, on agissait sur le père, et c'est la mère qui en a subi l'action! Ce fait est-il moins étonnant que la contagion nerveuse ou la transmission mentale ?

En principe, tous ces phénomènes ne font qu'un. L'intermédiaire d'une goutte d'albumine n'est pas plus compréhensible que l'intermédiaire du contact seul, ou des milieux environnants. Il n'y a pas de limites absolues dans la nature, tout s'enchaîne dans une évolution graduelle. Si une mère peut devenir ressemblante au père par une transmission physiologique, pour ainsi à\vQpar ricochet y si l'embryon, après avoir hérité du père, peut communiquer sa maladie à la mère, si les maladies nerveuses sont héréditaires, avec transformation ou non, si l'épilepsie peut succéder à la folie chez les parents, ou la folie à l'épilepsie, pourquoi n'en serait-il pas de même pour un contact intime entre deux individus, contact beaucoup plus large et beaucoup plus

' Brown Séquard, Modifications de mères j)ar leurs embryons, 1870 (Notice sur lés travaux scientifiques, Paris^ 1881, p. 57),

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direct que celui d*un corpuscule spermatique, qui .d'ailleurs n'est pas absorbé par la mère, mais au contraire se nourrit et se transforme à ses dépens ?

Et une fois la contagion nerveuse admise, on est sur le terrain de la suggestion mentale, et on y arrive, comme nous l'avons vu, par une série de phénomènes intermédiaires : transmission de la santé, sensations du magnétiseur, sensations des sujets, transmission de l'épuisement, des douleurs, des sensations objectives, des émotions, des idées et de la volonté. L'action de la volonté à distance n'est qu'un dernier échelon d'une longue série évolutioniste.

Et au fond de tout ceci, il n'y a qu'une chose, la même qu'entre le fer et l'aimant, la même qu'entre le soleil et la terre^ : transmission et transformation du mouvements

Il ne nous reste qu'à signaler les applications.

Comment? la suggestion mentale devrait-elle avoir une application pratique quelconque ?

En commençant cette étude, je ne l'aurais pas cru moi-même. Je crus faire une œuvre de pure théorie et, suivant le précepte de M. Taine, en constatant une nouvelle vérité, je ne me suis guère inquiété de savoir, si elle pouvait être bonne à quelque chose. Mais certains cas observés dernièrement, me paraissent de nature à légitimer une application immédiate.

Faisons remarquer tout d'abord que, du moment qu'on admet la réalité de l'action mentale, il faut faire amende honorable aux magnétiseurs et réserver une certaine part à cette influence dans la pratique générale du magnétisme: Il ne faut plus agir machinalement, mais ajouter à l'action suggestive ou physique l'influence d'une pensée et d'une volonté ferme. Il est vrai qu'habituellement on le fait sans y attacher aucune impor-' tancé, et même sans s'en douter. Mais ceux qui hypnotisent beaucoup, ou ceux qui font parade de leurs théorie purement subjective, négligent ce concours, et «^ora

il arrive, comme il m'est arrivé à moi-même, qu'ils obtiennent moins que ce qu'ils pourraient obtenir. En voici un exemple : Je pose une question h une malade endormie, qui me répondait habituellement sans difficulté. Mais il paraît que, ce jour-là, elle dormait plus profondément que d'habitude, et malgré ma demande réitérée, elle ne répond pas. Croyant qu'il s'agissait d'une contracture des muscles de la voix, je les dégage machinalement par des passes, mais rien n'y fait. La .malade remue le bras droit, comme si elle voulait écrire, je dégage le bras et lui donne un crayon ; elle écrit ce mot '.Veuillez.!. Je ne comprends pas bien, et je m'impatiente, elle aussi, tout en restant aphasique. Enfin, je lui dit avec plus d'énergie psychique : « Répondez-moi donc ! je le yeux ! » Et alors elle me répond et m'explique qu'elle n'avait pas de force pour parler, parce que je ne l'avais pas voulu avec assez de fermeté*.

Dans un autre cas, il s'agissait d'une malade très difficilement hypnotisable et chez laquelle le somnambulisme ne se déclara qu'après deux mois de traitement. Dans quelques jours, il y avait un certain progrès dans la facilité de provoquer le sommeil, mais depuis, et ceci pendant tout un an, la sensibilité est restée stalionnaire. Il m'a fallu toujours dix à quinze minutes pour l'endormir ; c'était ennuyeux, mais je m'y suis résigné et j'accomplissais ma tâche machinalement. Au bout d'un an, l'idée nie vint d'adjoindre à l'action du regard, non seulement l'apparence d'une volonté, mais une intention réellement plus forte, et j'obtins le sommeil au bout de la moitié du temps indiqué.

Il est vrai que, dans ce [cas particulier, sî'j'avais employé le même moyen plutôt, je n'aurais probablement

* Une affirmation vigoureuse avec entraînement actif {d\iM. Bern-' heim, qui ne croit pas à l'influence de la volonté), réussit mieux qu'une suggestion passive. {De la suggestion et de ses applications thérapeutiques t Paris, 1886, p. 327.)

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obtenu rien de plus. La malade n^était sensible à aucun agent délicat. Mais, vers cette époque, j'avais remarqué avec étonnement qu'elle devenait sensible à raimant(sen- Bible, en dehors du concours de Timagination, car avec ce concours elle ^tait un peu sensible à Thypnoscope dès le premier jour). L'aimant rapproché d'un bras, dans l'état d'aïdéie léthargique, provoqua, pour la première fois, une contracture générale. C'est ce qui m'a donné ridée d'essayer l'action mentale, qui ne réussissait jamais toute seuiej mais qui aidait sensiblement Vaction de la main ou du regard.

Je sais que, dans la grande majorité des cas, l'action mentale ne servira pas à grand'chose. Mais, comme on ne sait jamais où commence son efficacité, on fera bien de ressayer.

Pareillement, et surtout, il faudra en tenir compte dans l'es applications thérapeutiques, et ne pas se moquer des magnétiseurs qui exigent de l'opérateur une certaine sympathie morale envers le malade, et un désir ferme de lui faire du bien. Il faudra tenir compte de l'état physique et psychique dans lequel on se trouve, pour ne pas inoculer au malade un malaise, ou un découragement moral.

Ce sont là les applications générales. Mais, ce n'est pas tout. Quelques autres faits m'ont suggéré l'idée d'une application plus spécifiée.

Je m'imaginai au commencement, et la chose parait parfaitement logique, que là, où la suggestion verbale échoue, aforHorif la suggestion mentale ne nous servira à rien.

Eh bien! je me suîs trompé ! Elle peut servir et peut même être très utile.

Il arrive quelquefois, dans les maladies nerveuses et mentales surtout, qu'une certaine question, rappelée au malade, produit un effet dépSorable. Il faut cependant que cette question soit élucidée ou arrangée d'une façon

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ou d'une aulrè. Un médecin raisonnable sait ménager les susceptibilités naturelles ou pathologiques du malade et commence par des détours à mots couverts. Il pré^ pare le malade. Mais très souvent cela ne sert à rien,

» surtout en somnambulisme, le moindre souvenir provoque l'attaque, le moindre ordre dans une direction donnée une opposition. Eli bien ! q'est précisément dans ces cas que j'ai tiré un grand parti de la suggestion mentale. Ajoutons que les deux sujets sur lesquels j'ai '' fait ces essais n étaient pas suggestibles directement ni^ par la parole^ ni par la pensée. Il s'agissait, dans un cas, de transporter le lit dans un autre appartement. En raison de circonstances toutes particulières, il était im-

' possible de décider, la malade à ce changement, qui cependant était dans l'intérêt de sa santé. Un jour, en restant auprès d'elle endormie, je me mis à penser, pendant aui moins uiie dizaine de minutes : € Tu vas faire transporter le lit dans l'autre appartement... il faut transporter le lit dans l'autre appartement, etc. > Quelques minutes après, elle commence à causer avec moi de différentes choses^ puis tout à coup elle pose d'ellemême la question du lit, tout à fait tranquillement, analyse, les motifs pendant près de 10 «minutes et finit par incliner vers la solution voulue. Connaissant bien les conditions, j'étais presque sûr que la suggestion mentale n'était pas étrangère à ce changement suW; mais, pour m'^en assurer, je fis un autre essai. Également pendant dix minutes environ, je pensai continuellement : € .Tu vas mettre ta main droite sur ta tête ; mets ta main droite sur ta tête, etc..» L'action immédiate fut nulle ; mais un quart d'heure après, elle posa sa main droite sur sa tête et la tint ainsi pendant dix minutes, sans aucune cause rationnelle.,^ • •

On se rappelle une autre expérience semblable, sur M"*^ Z..., qui ne voulajt pas se coucher et qui après s'être opposée à toute» les persuasions verbales, céda à une

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suggestion sans parole, & une suggestion mentale retardée.

En général, mes dernîêres observations semblent prauver que la suggestion mentale retardée est beaucoup plus commune qu'on ne le pense, c'est-à-dire qu'elle peut réussir là, ou Vaciion directe immédiate est absolument nulle.

Voilà un résultat qui aura assurément de l'importance, s'il se trouve confirmé sur une plus vaste échelle.

Enfin, mentionnons encore que, chez des sujets, où la suggestion directe est possible, Fapplicatlon devient beaucoup plus nette, et pourra s'exercer toutes les fois qu'il s'agira d'arrêter une suite d'associations, ou d'en susciter une autre, sans que le sujet se doute de votre intention, car, on le sait déjà, la suggestion mentale peut rester tout à fait inaperçue ; le sujet en subit l'action, mais l'attribue à des motifs personnels.

Dois-je parler des applications théoriques? Elles seront très nombreuses. Une foule de faits jusque-là inadmissibles pourront et devront désormais être examinés sérieusement.

En effet, la transmission psycho-physique pourra nous expliquer :

1** Certains cas d'appréciation instinctive des maladies;

2® Certains cas de contagion nerveuse directe;

30 Certaines illusions des observateurs, qui ne se sont pas mis à l'abri d'une influence mentale;

4** Certains cas d'une prétendue vision à distance?

5** Certains phénomènes incroyables, et quelquefois bien constatés, d'hallucination véridique;

6» Communication de certaines sensations, daiis les rêves du sommeil normal;

7» Les prétendues ^divinations des « esprits frappeurs »; ■ . ^ ^

8<* L'influence mystique de certains personnages •

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DERNIÈRES SUPPOSITIONS Ôâî)

9» Les différences personnelles des «hypnotiseurs»; el les différences caractéristiques des effets qu'ils obtiennent;

10** Plusieurs faits enregistrés dans Thistoire de la civilisation et rapportés aux démons, aux oracles, aux sorciers, aux possédés, etc.

Mais ce sera alors une vraie résurrection de Toccultisme et de la magie !

Parfaitement. Et je ne m'en plaindrai pas, car ce» occultisme et cette magie redeviendront une science. Je dirai plus : ils pourront régénérer la nôtre. Entre nous soit dit, la science de ce siècle pèche un peu par défaut de fantaisie. Elle s'est routinisée, elle s'est barricadée sur un terrain sec et décoloré, elle s'est éparpillée en petits détails, en petites mesures et petites formules, très utiles, très nécessaires, mais qui ne peuvent jamais constituer une science. Une science n'est pas complète sans une conception générale, c'est-à-dire philosophique. Et on a tellement abusé de la fantaisie philosophique dans les époques précédentes, que nous croyons devoir nous en passer complètement. On croit que le positivisme scientifique, qui exclut la recherche des causes « efficientes » et des causes « finales » comme réellement inabordables, dans fétat actuel de notre évolution, doit les exclure à jamais, et non seulement ces causes-là, mais aussi tout phénomène présumé, qui paraît dépasser visiblement les bornes de notre savoir.

C'est là une prévention blâmable. Les anciens systèmes arbitraires ont vécu, c'est bien ; mais il n'est pas bon qu'aucun autre meilleur ne soit venu les remplacer* Et il faut cependant s*avancer tout doucement, mais s'avancer, non seulement par rapport aux menues observations, de plus en plus nombreuses, mais aussi à l'égard d'une conception philosophique, de plus en plus large, vigoureuse et profonde.

Or, je crois qu'on n'arrivera jamais à une vue d'en-

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semble des phénomènes, sans se débarrasser de la routine de Técole, sans aborder franchement les problèmes de roccultisme et de la magie.

Car, remarquons-le bien, la doctrine sensualiste ellemême nous apprend, que l'homme n'invente pas les problèmes, mais qu'il les puise dans son expérience. La magie n'est qu'une science expérimentale mal fondée, dénaturée, incomplète, dégénérée, tout ce qu'on voudra, mais une science primitivemefit expérimentale. Yiecommençons les éludes avec les moyens perfectionnés que nous possédons, avec cette précision de méthodes, dont nous sommes fiers, et nous verrons qu'un progrès inattendu va jaillir de celte alliance, entre le passé et le présent : une nouvelle époque de renaissance.

Si je ne me trompe pas, elle est même déjà commencée.

Les grandes découvertes scientifiques de ces dernières années portent ce cachet miraculeux et en même temps positif : on fait parler les corps bruts et les rayons du soleil, on analyse chimiquement les corps célestes ; on pose le problème d'une vision électrique à dislance, on régénère la médecine des exorcistes et les miracles des btigmiitisés, on fouille l'ancien spiritisme, on revient aux amulelles de la métalloscopie, au massage des anciens prêtres, aux mots magiques de l'orient...

Eh bien ! tant mieux! J'aime bien ce réveil juvénil d'un esprit mûr et fort. Ne sommes-nous pas assez sûrs de ngtro saine logique, de notre équilibre mental et de nos tendances positives, enracinées par un siècle d'expérience, pour n'avoir jamais peur d'une extravagance mystique?

Non, l'occultisme n'est pas dangereux à la civilisation parce qu'il existe, mais parce qu'il s'est emparé de quelques rayons de lumière, que la science ne cherche pas à lui reprendre.

Évidemment, il y aura toujours un certam nombre

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MRNIÊRES SUPPOSITIONS $41

d'esprits échevelés, qui iront se baigner avec corfiplaisance dans le vague et Tobscur. Mais ce ne sont pas eux qui feront vivre les préjugés. Les préjugés se soutiennent parles aspirations de ceux, qui, mécontents d'itûe science clair-obscure, cherchent une lumière plus vive, et la cherchent à Tinstar des papillons de nuit : en se brûlant les ailes.

Un médecin intelligent, d'une imagination vive et sincère, mais sceptique par routine scientifique, assiste à une séance de spiritisme. Il y est venu par amitié personnelle, pas même par curiosité, tellement il est convaincu de la niaiserie de ces « jongleries ou illu* sions ». Le sourire aux lèvres, il pose des questions aux a esprits » afin de démasquer la bêtise humaine. Mais voici « l'esprit » qui prend sa revanche. L'inconscient du médium devine ses pensées, notre sceptique est confondu, ébranlé, et, en homme sincère, il proclame la vérité. Gomme la science ne s'est jamais inquiétée du phénomène de la suggestion mentale, il ne le connaît pas, il le croit impossible, par conséquent retombe dans le mysticisme, devient spirite, et propage la contagion.

La science a perdu un homme utile. Pourquoi? Parce qu'elle a négligé, par vanité et outrecuidance, les découvertes de sa rivale déchue.

Non, la suggestion mentale ne favorise pas Foccul* tisme; elle le chasse, au contraire. Et une fois reconnue, une fois régénérée par la science positive, elle va nous traduire en accents plus puissants, et plus dignes de notre siècle, l'écho mystérieux des anciennes vérités.

fiUGtiESTIOif MHNTALË. Zl

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Note sur un critère de la sensibilité hypnotique; l'hypnoscope ; une nouvelle méthode de dugnostic, par M. J. OcHOROWiGZ, présentée par M. Ch. Richet, à la Société de Biologie, le 17 mai 1884.

J'ai rhonneur de présenter à la Société les résultats de mes recherches faites en 1880-1882 à l'université de Lemberg, à Gracovie, à Varsovie, dans les montagnes de Tatra et depuis deux ans à Paris. Comme je leur attribue une certaine valeur pratique, je vais les exposer brièvement avant de pouvoir publier les observations détaillées. — Il s'agit des avantages qu'on peut tirer en physiologie et en médecine de l'action physiologique de l'aimant. Je sais bien que cette action est loin d'être acceptée par tout le monde ; mais au point de vue empirique^ où je me place en ce moment, je peux laisser au lecteur la Jiberté de considérer cette action comme purement psychique ou suggestive — les résultats n'en seront pas moins vrais, ni moins importants. — La forme de l'aimant à laquelle je me suis arrêté définitivement comme la plus pratique, rappelle celle de l'électro-aimant Joule, avec cette différence que les lignes de force y sont

dirigées en dedans et non en dehors du tube aimanté. Afin de distinguer cette forme des formes ordinaires, d*éviter les répétitions et d'indiquer le but de son application, je nommerai ce petit appareil « Thypnoscope ». J'espère qu'il trouvera bientôt sa place dans la pratique à côté de Testhésiomètre de Weber.

L'avantage de l'application de l'hypnoscope est double :

i^Il nous donne le critérium de la sensibilité hypnotique, c'est-à-dire facilite de beaucoup les recherches sur les phénomènes de l'hypnotisme ;

2<» // fournit au médecin un moyen nouveau de diagnos* tic dans les maladies nerveuses.

Le mode de Tapplication est le suivant : on introduit l'index de la personne soumise à l'épreuve dans le tube de l'hypnoscope, de manière à toucher les deux pôles à la fois, et après deux minutes on le retire, en examinant les modifications qui ont pu se produire dans le doigt.

Chez 70 personnes sur 100 prises au hasard, oii n'observera aucun changement. Chez trente environ, on va constater les modifications de deux sortes : subjectives ou objectives. Les premières consistent en sensations subjectives, dont voici les principales : un souffle froid ou chaud, fourmillements et picotements, sensation de gonflement dans la peau, d'engourdissement dans les muscles, de douleurs de diff'érerites nuances, de Jourdeur dans le doigt ou dans le bras entier, etc. *. Les modifications objectives appartiennent à l'une des trois catégories suivantes :

a. Mouvements involontaires, trépidation irrésistible dans l'index ou dans le bras entier ;

b. Insensibilité plus ou moins prononcée, analgésie,

* Ces .sfîtisaiions sont détaillées dans la Re0U0 scientifique du 3 mai 1884«

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ADDITIONS 54t

anesthésiC) surtout au bout du doigt, quelquefois dans tout le bras ;

c. Paralffsie et contracture plus ou moins manifeste jusqu'à rigidité complète; rigidité élastique (« doigt à ressort > de Nélaton).

Les phénomènes provoqués disparaissent au bout de quelques minutes sous Finfluence d*un message très ]éger ; sans cela ils peuvent durer plusieurs minutes et même plusieurs heures.

Il existe un parallélisme constant entre cette faculté d*être influencé par Taimant et la sensibilité hypnotique. Toutes les personnes sensibles à Faimant sont plus oci moins hypnotisables ; toutes les autres sont réfmctaires.

Le nombre et le degré des modifications subjectives et objectives correspondent au degré de la sensibilité hypnotique. Dès qu'il y a des phénomènes subjectifs et objectifs faciles à constater, on peut inférer une sensibilité supérieure; elle est faible, quand il n'y a qu'une seule des quatre catégories précitées, ou bien quand les modifications sont peu marquées. Il faut cependant se méfier des sensations purement accidentelles, provoquées par l'émotion ; la distinction n'en est pas difficile, car les sensations véritables reviennent toujours, tandis que les sensations imaginaires disparaissent ou changent de caractère à une seconde épreuve.

Les rares exceptions de la règle générale sus-mentionnée se laissent toujours réduire à des causes secondaires et confirment plutôt la règle. On sait par exemple que V habitude d'être influencé par des stimulants d'un caractère déterminé accroît la sensibilité pour ce genre de stimulants^ et alors il se peut qu'une personne souvent hypnotisée par une méthode donnée, ressentira relativement moins l'action de l'aimant à une première expérience ; mais il suffit d'appliquer la même méthode par rapport à l'aimant pour reconstituer le parallélisme normal. Ce dernier est évident quand on pratique l'ex-

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périence hypnoscopique et ensuite l'hypnotisation pour la première fois.

Je ferai observer encore que la sensibilité hypnotiquo d'une part et la sensibilité magnétique d'autre part peuvent être modifiées et même anéanties joar suggestion en état de monoïdéisme. Enfin il ne faut pas oublier que « sensibilité hypnotique » n'est pas synonyme de somnambulisme avec perte de souvenir. Ce dernier phénomène n'est possible que chez 18 sur 400 personnes environ, tandis qu'avec iS autres on obtient plusieurs phéno* mènes hypnotiques sans sommeil complet.

■ Il arrive même qu'on découvre à l'aide de l'hypnoscope une sensibilité extrême, mais seulement par rapport aux phénomènes inhibitoires des muscle^, et alors le sujet sera facilement hypnotisable dans ce sens qu'on pourra le tétaniser complètement, sans cependant pouvoir l'endormir. Plus rarement, on observe à l'hypnoscope {'insensibilité toute seule, et alors aussi le sommeil est difficile et les contractures impossibles.

£n somme, l'hypnoscope nous révèle une aptitude nerveuse spéciale, propre à un nombre relativement considérable de personnes bien portantes ou qui jouissent d'une santé apparente. Cette aptitude^ n'est pas synonyme de nervosité en général, car bon nombre de personnes extrêmement nerveuses ne sont pas sensibles à l'aimant et à l'hypnotisation, tandis qu'on trouve des sujets excellents parmi les personnes qui ne sont* pas nerveuses dans le sens habituel du mot. Les femmes bien portantes sont généralement moins sensibles que les hommes, tandis que parmi les malades c'est du côté des I femmes qu'il y a une prépondérance marquée. Elle est quelquefois en proportion de 48 p. 100 pour les femmes et de 37 p. 100 pour les hommes. Ce qui est certain cependant, c'est que les maladies nerveuses favorisent la sensibilité hypnotique — ou Inversement — et que parmi les grands hystériques il y a peu de malades réfrac taires. -

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Mais ni Thystérie, ni Tépilepsie, ni la neurasthénie, et encore moins l^anémie ne doivent être confondues avec la sensibilité hypnotique, qui est une aptitude corn* plexe, mais sut genetns. Il est probable qu'elle dépend des relations réflexes particulières entre le système cérébro* spinal et le système ganglionnaire et surtout entre le ce7^ veau et les nerfs vaso-moteurs.

Il me reste à faire quelques remarques par rapport à l'application de l'aimant comme moyen de diagnostic. Déjà une simple expérience hypnoscopique nous donne à elle seule une vue profonde dans les mystères du système nerveux de la personne expérimentée. Au bout d'une minute de cette expérience, les points faibles de l'organisation nerveuse se manifestent un à un. Partout où il y a une anomaliefonctionnelle quelconque, des dou« leurs ou des convulsions momentanées surgissent ; les anciennes maladies, qui depuis nombre d'années n'ont pas donné signe de vie, apparaissent momentanément en miniature; les tendances de maladies naissantes se découvrent ; les épileptiques ressentent un contmiencement d'attaque (mais Vattaque vraie est par cela même éloignée et affaiblie) ; on distingue facilement une anesthésie ou une paralysie fonctionnelle d'une anesthésie ou d'une paralysie organique, car la première commence à disparaître sous l'aimant, et dans les cas d'origine évidemment organique il y a toujours espoir d'améliora* tion, si l'hypnoscope produit un effet quelconque. Dans plusieurs cas de paraplégie, on détermine exactement les limites de la lésion spinale en promenant un aimant le long de la colonne vertébrale. Dans certaines névralgies et parésies l'aimant provoque une chaleur d'un 'côté et un froid intense de l'autre en indiquant juste les jrameaux des nerfs sensitifs ou moteurs atteints par la maladie, etc., etc. De sorte que ce serait une négligence impardonnable si l'on s'obstinait à repousser ce moyen inoffensif et tellement instructif, sous prétexte que l'in-

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'.-'.-^Jt

548 DE LÀ SUGGtlSTION MENTALE

flueiicè physiologique de l'aimant n'est pas encore expliquée. Mon opinion personnelle va plus loin. Je vois dans les révélations de l'hypnoscope la nécessité d'un dédoublement de la thérapeutique. Il devient -inutile et même imprudent d'appliquer les mêmes remèdes à des personnes sensitives et non sensitives. Pour un grand nombre de malades hypnotisables tous les remèdes sont égtilement bons ou également mauvais d'6^rès les influences nerveuses particulières. On peut neutraliser les plus fortes doses des médicaments les plus typiques et reproduire leur effet d'une manière tout à fait positive par suggestion. Chez les personnes sensibles, on obtient une amélioration souvent instantanée, sous l'influence de divers moyens minimes que l'hypnotisme et le magnétisme n>ettent à notre disposition. Voudra-t-on s'obstiner quand même à leur administrer les poisons qui nuisent, même en guérissant ?

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Sur l'idéoplastie ; ciASSincATiON des faits. Note de M. le docteur Julien Ochorowicz, présentée à la Société de Biologie le 21 juin 4884.

Vidéoplastie * veut dire : réalisation physiologique d'une idée. Elle comprend tous les faits connus sous le nom de « suggestion » (vocale), mais aussi tous les faits analogues, déterminés sans participation d'une seconde personne, c'est-à-dire tous les faits d'autosuggestion ou de suggestion spontanée. Il y aura donc idéoplastie par» tout où ridée seule d'une modification fonctionnelle quelconque suffit pour déterminer cette modification fonctionnelle.

Les phénomènes de Tidéoplastie ne sont que des cas particuliers d'une loi générale, à savoir de la loi de réversibilité. Toutes les transformations des forces sont réversibles. Si la chaleur peut produire un mouvement mécanique, le mouvement mécanique peut produire de la chaleur. Si Télectricité provoque le magnétisme, c'est que, inversement, le magnétisme peut engendrer les

* Ce mot a été employé pour la première lois par le docteur Philips (Durand de Gros) dans un sens un peu différent. Voyez son Cours théorique et pratique de Draidisme, Paris, 1868, p. 44 et suivantes.

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'^■TSf^

courants. Si la voix peut produire les courants ondulatoires, c*est que les courants ondulatoires peuvent reproduire la voix, etc. — Cette loi présente une importance philosophique de premier ordre, parce qu'elle nous permet de prévoir la transformation inverse, dès que la transformation directe est constatée ; et il arrive souvent que la transformation de a en é est parfaitement connue, tandis que la transformation de 6 en a reste à découvrir. Exemple : Le pkonautographe (le mouvement mécanique produit par la parole) a été connu depuis longtemps, sans qu'on soupçonnât la possibilité d'une transformation inverse, c'est-à-dire la reproduction de la parole par un mouvement mécanique (le phonographe).

L'idéoplastie est donc un cas particulier de cette loi générale de la nature. D'ordinaire c'est la sensation qui provoque Vidée; dans Tidéoplastie, c'est l'idée qui provoque la sensation. On nomme celte transformation inverse une hallucination^ quand elle est spontanée ; et on s'est habitué à nommer une suggestion l'hallucination provoquée. C'est toujours une idéoplastie des sensations ou idéoplastie passive. Elle peut être positive ou négative. Elle est positive, lorsqu'elle détermine la perception d'un excitant qui n'existe pas; elle est négative, lorsqu'elle rend impossible la perception d'un agent réel. La première classe de ces phénomènes est bien connue, l'autre Test moins, mais je me suis convaincu maintes fois qu'il est possible par exemple de rendre invisible, même à l'état de veille, une personne, un objet ou une partie d'une personne ou d'un objet ; de sorte que la rétine du sujet hypnotisable, même réveillé, restera absolument insensible à la vue d'un objet déterminé. Et si, par exemple, on rend invisible une personne qui fume une cigarette, la personne, la cigarette et la fumée resteront invisibles pour le sujet ; mais, si cette personne allume une seconde cigarette qui n'avait pas

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ADDITIONS m

été ensorcelée par Tidéoplastie négative, le sujet sera épouvanté par la vue d*une cigarette qui se promène en Tair, en brûlant,

A côté de ridéoplastie des sensations, il y a une seconde catégorie que nous appellerons Vidéoplastie de» mouvements ou Tidéoplastie active. De même que la pré*i cédente, elle peut être positive ou négative. Exemples : !• L'idée d'un bâillement provoque le bâillement luimême ; on suggère ^u sujet un mouvement quelconque et il lui est impossible de se soustraire à ce mouvement. On peut de la sorte commander, par exemple, Técriture d'un acte d'accusation, d'un legs testamentaire, ou bien un meurtre, un suicide même. Dans l'état de monoYdéisme, l'objet de la suggestion est indifférent, faute de la possibilité d'une opposition quelconque. Ces faits ont, du reste, été mis hors de doute par des expériences récentes. 2* On peut de même empêcher la production do certains mouvements volontaires. Vous tracez, par exemple, une ligne imaginaire, et il devient impossible au sujet de la franchir, non à cause d'une paralysie momentanée des muscles, qui peuvent rester souples, mais à cause d'une amnésie momentanée des mouvements au moment donné, car il y a des amnésies psychiques de la marche, comme il y a des amnésies verbales. Mais c'est toujours l'idée de l'impossibilité qui rend les mouvements impossibles : c'est donc une idéqplastie active négative.

Les deux catégories précitées n*épuisent pas le cadre des phénomènes idéoplastiques. Il en existe encore une troisième, qui embrasse les faits les plus surprenants, et que nous nommerons Vidéoplastie matérielle (ou trophique).\\nQ s'agit plus d'une modification subjective sensitivo-motriçe, mais d'un changement réel, objectif des fonctions vitales et des fonctions végétatives en particulier. L'idéoplastie matérielle, elle aussi, peut être positive et négative. C'est un fait commun qu'après

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5j3 de la suggestion mentale

«'être brûlé la peau, on se représente mentalement la douleur d'une brûlure, mais estM^e possible qu*une idée de brûlure puisse provoquer une inflammation locale réelle.? Si invraisemblable que puisse paraître ce phénomène, il n'en est pas moins vrai. En prolongeant l'idéoplastie passive, on peut quelquefois produire une inflammation locale, une enflure même. Et inversement, je suis arrivé une fois à faure disparaître par suggestion^ dans Tétat bypnotique, une fluxion dentaire très marquée, qui durait depuis deux jours. Après avoir commencé par Fidéoplastie pensive hallucinatrice, je suis parvenu à obtenir la disparition complète de Tenflure au bout de vingt-cinq minutes. Pour pouvoir croire à un fait si étrange, il faut se rappeler les enflures hysté^ riques, qui, comme on sait, s'accentuent et disparaissent très vite. Ces expériences nous expliquent les cas extraordinaires des stigmates f et elles méritent d*étre répétées par d'autres expérimentateurs. De même on peut, en prolongeant la suggestion, provoquer non seulement les sensations du chaud ou du froid, mais aussi une augmentation réelle de la température périphérique. Dans un cas j'avais obtenu la diminution de 0°,9, diminution qui durait plusieurs heures. De même encore, on peut diminuer ou augmenter la fréquence du pouls, les sécrétions de toutes sortes, et l'échange des matières en général. On peut provoquer une faim atroce et rassasier le malade pour plusieurs heures. On peut déterminer h volonté) et exactement, la durée du sommeil naturel et guérir les insomnies. On peut enfin changer les besoins et le caractère moral d'un sujet pour plusieurs semaines. 11 m'est impossible de citer ici tous les faits qui ont été constatés par moi, mais ceux-là suffiront, j'espère, pour attirer l'attention des physiologistes. 2' De même qu'on provoque des modifications matérielles dans les fonctions du sujet, on peut aussi le préserver des influences qui sans cela auraient nécessairement produit certaiheâ

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modifications fonctionnelles. Ce sont les cas de l'idéoplalstie matérielle négative. II est possible, par exemple, par une simple suggestion à l'état de monoïdéisme, de rendre le sujet complètement réfractaire à une forte dose d'alcool, d'opium, de morphine, etc. J'ose même supposer qu'une dose mortelle de poison pourrait être tout au moins atténuée; et il serait désirable d'essayer cette méthode d'inoculation psychtquè dans les cas de rage et de choléra chez des personnes hypnotisables.

En général, dans toutes les trois catégories de Tidéoplastie, s'il est possible de produire certains changements fonctionnels pathologiques, il est de même souvent possible de les faire disparaître, quand ils se sont produits spontanément, sous forme de maladies. C'est en quoi consiste la médecine mentale^ injustement négli* gée.

Les personnes sensibles, aux influences idéoplastiques sont nettement sensibles à Ykypnoscope *.

Je réserve pour une communication ultérieure l'esquisse d'une théorie psycho-physiologique de l'idéoplastie.

• Voyez ma première communication, n* 20 des C>wjt)/e* rendus.

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San LA THÉORIE DE l'idéoplastie. Notc de M. le docteur ' J. OcHOROwicz, présente à la société de Biologie le 28 juin 1884.

D*aprè3 la classification motivée dans ma précédente communication, il y a lieu de distinguer trois catégories de phénomènes idéoplastiques :

1® Idéoplastie des sensations ; positive et négative.

2* Idéoplastie des mouvements : positive et négative.

3<» Idéoplastie matérielle ou trophique : positive et négative.

Il nous reste Texplication des faits. Expliquer veut dire : réduire un fait isolé à des conditions connues, suffisantes et nécessaires. Les conditions de Tidéoplastie sont doubles : psychiques et physiologiques*

^ > Conditions psychiques, — Les idées peuvent, jusqu'à un certain point, être considérées comme des forces. Elles s'enchatnent par association et leur action ne se manifeste d'ordinaire qu'intérieurement. Pour qu'elles produisent un effet extérieur par rapport au cerveau, il faut, ou bien une excitation extérieure, ou bien un acte de volonté. Dans Tidéoplastie, il en est autrement : l'idée provoque un eifet sans une excitation extérieure suffisante

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et indépendamment d*un acte de volonté, quelquefois même contrairement aux excitations et à la volonté. D'où provient cette autonomie de Tidée? Elle provient d'une augmentation d'intensité. L*idée d'une lumière, en augmentant d'intensité, se transforme en. une sensation de lumière. La représentation d'un mouvement, en augmentant d'intensité, produit le mouvement, etc. Et quelle est la cause de cet accroissement d'intensité ? La voici : Dans les conditions ordinaires une idée ne se présente jamais seule ; elle est toujours associée à un groupe d'autres idées. Tout en pensant à un lion que je ne vois pas, je vois le papier sur lequel j'écris ces mots, je vois ma main, la plume, l'écriture, je ressens la position de mes membres, j'entends les bruits de la rue, etc. Toutes ces idées, sensations, représentations se dessinent dans mon esprit avec plus ou moins de netteté. Plus leur nombre est grand, moins elles sont nettes, car elles s'effacent, elles se paralysent mutuellement. En concentrant ma pensée sur un bruit éloigné, je perçois mieux ce bruit, mais en même temps je reste relativement sourd pour les autres bruits, et il arrive, quand nous attendons avec impatience un signe convenu,- que nous le percevons par Tidépplastie, avant qu'il se soit produit réellement. C'est donc par un isolement de FatientioUf par l'élimination des idées étrangères, que l'idée dominante acquiert son intensité exceptionnelle. Elle est plus forte que d'habitude, parce qu'elle est seule, parce qu'elle n'a pas d'obstacles intérieurs. Je peux, tout en écrivant, me représenter un acte de bâillement et il restera dans mon esprit comme un simple souvenir d'un mouvement réflexe, contre-balancé par d'autres idées; mais si, sans avoir une préoccupation quelconque, je contemple passivement une personne qui bâille, je commencerai à bâiller moi-même par l'idéoplastie imitative. Dans tous les cas d'idéoplastie, cette condition psychique €èt nécessaire : il y faut une tendance^ marquée vers le •

m DE LA SUGGESTION MENTALE

monoïdéisme, c'est-à-dire vers risolement de lldée dominante. Autrement elle restera « à l'état faible » et ne pourra pas se traduire en une sensation ou un mouvement. L'idéoplastie matérielle dénote un état de monoïdéisme encore plus prononcé. Elle ne peut se produire que dans l'état hypnotique complet (ne serait-ce que momentanément) et par une action monoïdéistique forte et prolongée. C'est alors que l'idée arrive aii maximum de sa puissance ; elle règne en souveraine. Toutes les sensations étrangères sont abolies et l'esprit est devenu une tabula rasa, sur laquelle l'idée suggérée se réfléchit avec une intensité inouïe. Elle gouverne alors le système nerveux tout entier.

Mais comment se fait-il que Vidée d'une hémorrhagîe par exemple, qui est toujours quelque chose d'idéal, de subjectif, peut produire l'hémorrhagie elle-même, qui est un fait objectif et matériel? Pour le comprendre, il faut avoir recours aux conditions physiologiques,

Condittons physiologiques. — Il n'est pas douteux que les changements trophiques de l'idéoplastie matérielle s'effectuent par l'intermédiaire des nerfs vaso-moteurs. Une surexcitation ou une paralysie de ces nerfs, diversement combinées, peuvent en rendre compte d'une manière plus ou moins complète. Mais comment une idée arrive-t-elle à influencer les nerfs vasomoteurs ? A la rigueur, ce n'est pas l'idée comme telle, qui détermine ces changements. Elle n'est que le point de départ d'une action et non pas l'agent proprement dit. Et c'est ici que je voudrais insister sur une catégorie des associations, fort importante, et très peu étudiée. Il ne faut pas s'imaginer que ce ne sont que des idées qui peuvent s'associer entre elles. Il y a aussi des associations psychophysiques entre les idées d'une part et certains états organiques d'autre part. Ces états, qui sont des cornplexus physiologiques fort divers, n'arrivent jamais à la

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conscience : nous pouvons bien remuer un doigt, tel ou tel, quoique nous n'ayons aucune connaissance ni des nerfs, ni des muscles, ni des courants nerveux qu'il faut mettre en action pour y arriver. C'est Vassociatton idéoorganique qui se charge de l'exécution de notre volonté Celte association est en partie héréditaire et en partie acquise, mais même en tant qu'acquise elle reste incons ciente; ce n'est que son premier anneau (l'idée) qui arrive à la conscience. Or, dans Tidéoplastie matérielle, nous avons affaire à des associations de ce genre. D'un côté, l'idée d'un changement; de l'autre, un complexus organique, qui amène ce changement. Et comme dans la reproduction des idées, l'idée présente réveille une sensation ou un mouvement passé, de même ici l'idée dominante réveille un état organique particulier, avec lequel eHe est en association inconsciente. C'en est aussi un genre de mémoire, niais d'une mémoire inconsciente et matérialisée*

Et elle est bien puissante, cette mémoire! Si, d'un côté, les états pathologiques des organes peuvent déterminer des idées maladives dans le cerveau; de l'autre côté, à force de la loi de réversibilité, les idéea favorables ou défavorables à la santé peuvent améliorer ou empirer l'état général de l'organisme. L'influence est parfaitement mutuelle, parce qu'elle s'effectue entre deux anneaux d'une même association. Quelquefois un simple changement de milieu suffît pour produire une amélioration; parce que, dans un endroit donné, tous les objets, même indifférents, se sont associés d'une manière inconsciente à un certain état maladif, et le provoquent, le soutiennent, le favorisent machinalement, par association idéO'Organique, Il y a des sujets (l'exemple a été déjà cité par Boerhaave) chez lesquels l'idée d'une maladie, la représentation exacte de ses symptômes suffît pour déterminer la maladie elle-même, une maladie bien réelle. Le cas est extrême, mais l'agent reste \% même.

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Lorsqu'on nous parle d'une c chaleur étouffante », nous comprenons bien de quoi il s'agit, parce que Vidée de la chaleur réveille en nous d'une manière imperceptible l'état physiologique de réchauffement. Supposez une sensibilité plus grande, une facilité exceptionnelle des reproductions idéo-organiques, et vous aurez un échauffement palpable. S'il est vrai, comme l'avait très bieii remarqué M. Brown-Séquard, que tous les phénomènes de l'hypnotisme ne sont que des manifestations d'inhibition ou de dynamogénie, les phénomènes d'idéoplaslie ne sont qu'une inhibition ou dynamogénie, conditionnées par une association idéo-organiquey tandis que les autres cas d'inhibition et de dynamogénie dépendent des associations purement physiologiques : organo-organiques. Si, par exemple, l'excitation du nerf splanchnicjue arrête les mouvements de l'intestin, c'est que ces deux phénomènes relativement éloignés : l'irritation du nerf splanchnique et une parésie des muscles de l'intestin, sont associés physio logiquement d'une manière plus ou moins inconnue, mais de même qu'un sentiment donné s'associe à certains mouvements d'expression. La théorie des associations organo-organiques et idéo-organiques n'expliquent pas, il est vrai, ce qui reste malheureusement inexplicable dans l'état actuel dé nos connaissances, à savoir les causes intimes de la plupart de ces associations; mais en tous cas, elle pourra contribuer, je l'espère, à subordonner des faits fort divers à un même principe et à un même mécanisme associationiste. La psychologie et la physiologie se trouvent ainsi réunies et on pourra dès lors rechercher les lois des associations physiologiques, comme on a déjà étudié les lois des associations psychiques. Cest en perdant ses associations psychiques dans l'état de monoïdéisme, que ridée retrouve ses associations organiques, qu'elle s'enchaîne à elles, ( qu'elle provoque des modifications dans les organes, avec une force d'autant plus décisive et irrésistible,

qu'elle est elle-même puissante et Irrésistible. Elle se confond pour ainsi dire avec l'état qu'elle représente, elle le réalise. On pourrait dire que les cas d'inhibition organo-organique sont pour la plupart des associations par contraste y où l'excitation de a s'associe à un arrêt de 6, tandis que les dynamogénies sont des associations par similitude^ lorsqu'une excitation a est suivie de l'excitation b. Et elles peuvent être causales, indissolubles ou seulement accidentelles ; car, de même qu'entre les idées, il y a des associations physiologiques par contiguïté^ c'est-à-dire des associations effectuées par un simple rapprochement dans le temps ou dans 1 espace. L'état maladif a s'associe à un autre état maladif b par cette simple raison, que des causes accidentelles les ont produits simultanément ou l'un après l'autre. Dès lors, il suffit que l'état a se présente pour que l'état b soit ressus* cité en même temps. Aussi il faut bien se méfier des associations idéo-orgaLuiques par contiguïté ^ qu'on prend souvent pour des associations causales. On croit, par exemple, que « Tétat somnambulique s'obtient par une pression sur le vertex », tandis qu'entre ces deux phénomènes il n'y a aucune relation de causalité.

Je n'ai pas eu, dans cette courte notice, d'autre intention que d'esquisser à grands traits les principes généraux d'une théorie de l'îdéoplastie. Aussi j'ai omis à dessein l'analyse des conditions physiologiques particulières, et la confrontation de ces remarques générales avec les' théories des phénomènes idéoplastiques qui ont été émises par Braid, Durand, Charpignion, Liébeault et Bernheim.

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NoTi; AU Chapitre VII

Voici la réponse 'de M. Bernheîm à la critique qu'on yient de lire :

€ J'ai dit : Nul ne peut être endormi contre sa volonté. M. Ochorowicz a vivement combattu cette proposition. Il n'a peut-être pas suffisamment saisi ma pensée. Il est certain que tout sujet qui ne veut pas être hypnotisé et gui sait qu'il ne peut pas l'être , sHl ne le veut pas ^résiste avec succès à toutes les tentatives. Il est vrai ^ussi, que certains sujets ne peuvent pas résister, parce que leur volonté est affaiblie par la peur ou par Vidée d'une force supérieure qui les influence malgré eux. » (Bernheinî, De la Suggestion, 2® édition, 1888, Préface, p. iv.)

Eii bien, ces restrictions suffisent, pour qu'on ait le droit de contester Texactitude de la phrase : « nul ne peut être endormi contre sa volonté. » Car : 1® ^ cette volonté peut être affaiblie et par conséquent insuffisante et 2** le sujet peut ne pas savoir qu'il ne pourra pas * être hypnotisé s'il résiste ». Or, on retrouve précisément ces deux conditions dans la plupart des cas de contrainte hypnotique.. On veut résister, mais on n'est pas assez fort pour résister. Ou bien : on veut résister, mais on n'est pas tout à fait certain de pouvoir résister — et

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Ton subit Taction contre sa volonté. On la subit si Von est susceptible de la subir. Voilà la condition principale l La foi, la soumission, la meilleure volonté du monde, ne peuvent rien sans prédisposition, sans la sensibilité hypnotique — et Tincrédulité et l'opposition ne suffisent pas pour sauvegarder le sujet, quand il y a prédisposition, quand il est doué de la sensibilité hypnotique à un degré élevé.

N'est pas somnambule qui veut. Mais, ceux qui le sont peuvent ne pas pouvoir résister; à moins d'avoir dans Tesprit une contre-suggestion suffisante. Malheureusement TEcole de Nancy confond le sommeil hypnotique avec le sommeil normal et par conséquent néglige le rôle capital de la prédisposition.

En résumé, M. Bernheim modifie sa première thèse en disant : « Nul ne peut être hypnotisé s'il n'a Vidée qu'il va têtre. Ainsi conçue, ma proposition est inattaquable. »

Pas tout à fait. Elle est plus proche de la vérité, car elle embrasse un plus grand nombre de faits, mais elle est encore inexacte.

M"« X (l"» et 2« obs.) n*a pas su qu*elle allait être hypnotisée — elle l'avait été cependant.

Mêmes conditions dans les cas : 4, 5, 6, 9, etc. Oji se rapprocherait davantage de la vérité en ajoutant, que Vidée dont parle M. Bernheim, peut rester inconsciente. Ainsi complétée, cette proposition est-elle enfin sans reproche?.. Peut-être. En tout cas, sans entrer dans les subtilités de théorie, nous sommes obligé de constater ce qui suit :

Les faits prouvent^ qu'étant donnée une sensibilité hypnotique suffisante^ un individu peut être hypnotisé contre son gré et même à son insu.

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Préface i-iv

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