‹ De La Suture De La Vessie Apres La Prostatectomie Sus-PubienneChapitre 11 sur 13 · LA SUTURE SECONDAIRE · texte numérisé non relu

LA SUTURE SECONDAIRE

OBSERVATION

M. le Professeur TixiEr. (Inédite). — Résumé,

Ch..., Elie-Auguste, 68 ans, à Agnieu (Isère).

Il s’agit d’un prostatique retentionniste, entré dans le service de M. le Professeur Tixier, salle Saint-Philippe, le 13 Octobre 1920, ayant dés troubles urinaires légers depuis trois ans, plus accentués depuis un mois, dont des lavages et des cathétérismes journaliers n’avaient pu rendre les urines claires. Cystostomie pratiquée par M. le Prof. Tixier, le 25 Octobre 1920, et prostatectomie, le13 Novembre, d’après la méthode de Freyer.

tp

Le soir de l'intervention, hémorragie abondante que l’on arrête par un tamponnement très serré. Le 29 Décembre 1920, suture secondaire de la vessie (MM. Murard et Emery). Anesthésie locale à la Scurocaïne.

On referme la fistule vésicale après avoir, disséqué, de façon à se trouver en tissu sain.

On dissèque la muqueuse vésicale pour fermer la vessie en déux plans: un plan muqueux et un plan musculaire. Puis, suture des droits et de l’aponévrose. Suture de la peau en laissant un petit drain dans l’espace prévésical.

Sonde à demeure.

15 Janvier. — Suites opératoires: ablation du drain au troisième jour, parce qu’il semble se faire une petite fistule vésicale à ce niveau. Au quatrième jour, ablation d’un crin, deux cuillerées de pus dans le trajet.

Fistule vésicale véritable qui se ferme spontanément au quatorzième jour. Au dix-septième, la plaie se cicatrise, sauf deux minuscules points.

‘ La sonde à demeure est encore laissée en place.

La question des sutures secondaires de la vessie a été étudiée par Pauchet dans un article paru dans la Presse Médicale du 27 Décembre 1917.

Pauchet suture systématiquement les vessies treize jours après la prostatectomie. Car, dit-il, si l’on voit des plaies vésicales se cicatriser et se fermer sans suture en 15 ou 18 jours, la grande majorité des opérés perdent de l’urine par la plaie opératoire pendant des mois. - è Or, il est inutile d'imposer aux malades une conva-

lescence prolongée qui retarde la miction spontanée

Li À

CRT RES

et au bout de 10 à 15 jours quand on n’a pas pratiqué la suture plus tôt, on aintérêt à fermer secondairement la vessie.

Voici résumée la techniqne préconisée par Pauchet :

Anesthésie locale à la Reclus. Infiltration d’un losange de tissu cellulaire sous-cutané et de muscle à deux ou trois centimètres de la plaie sus-pubienne et injection de la cavité de Retzius pour insensibiliser la vessie.

On pratique alors l’excission du losange cutanéomuqueux. La peau étant reliée à la muqueuse vésicale par un trajet de tissu embryonnaire, le bistouri trace sur la peau un losange dont les côtés sont à un cm. de la plaie et limitent la zône que l’on veutenlever. On sectionne la peau, le tissu cellulaire sous-cutané et l’aponévrose. On écarte les grands droits. On arrive alors surla paroi vésicale qui est attirée au dehors par le trajet de tissu embryonnaire qui relie la peau à la vessie. On coupe les tissus de la paroi abdominale au ras de la paroi vésicale qui vient peu à peu.Ilest d’ailleurs inutile de la dégager partout. Il suffit de la repérer dans la partie supérieure, en bas ; elle ést, en général, adhérente au pubis.

Ayant ainsiisoléla vessie, Pauchet place deux points en U non perforants qu’il serre. Puis il faittrois points en 8 qui rapprochent les muscles droits et la peau: Il suture alors la peau par des agrafes de Michel, puis noue ces crins par dessus des compresses en rouleau.

Sonde urétrale à demeure que l’on change tous les

deux jours.

PA

NT

Ablation de la sonde, des agrafes et des crins le hui-

tième jour.

Pauchet dit avoir toujoursété satisfait de sa méthode.

Nous donnons en tête de ce chapitre une observation qu'a bien voulu nous communiquer M. le Professeur Tixier qui, pour ne pas suivre exactement la techni-

7 ie

que de Pauchet, n’en est pas moins concluante.

Page 1