DAY VE
La suture primitive retardée présente sur la suture primitive immédiate l'avantage de pouvoir être faite chez tous les prostatiques. On peut en effet la pratiquer chez des sujets à urines purulentes tandis que la suture primitive ne s'adresse qu'à ceux chez qui les urines sont peu infectées. De plus, la suture primitive ne peut être faite qu'après l’hémostase de la loge prostatique. Or, cette hémostase est souvent difficile. Elle est ‘plus. théorique que pratique. Si lomattend deuxoutroisjours pour fermer la vessie, on pourra donc utiliser le tamponnement en cas d’hémorragie abondante aprês la prostatectomie. Ces deux avantages, la possibilité de pouvoir tamponner et l’extention à tous les prostatectomisés de la fermeture de la vessie font que la suture primitive retardée présente un avantage considérable sur la
suture primitive immédiate.
En un mot, elle est plus générale et plus sûre. La suture primitive ne semble avoir comme avantage que celui de réaliser une étanchéité plus complète que celle obtenue par l’autre méthode. En effet, on peut dans ce cas réaliser une suture correcte de ta vessie plan par plan; on opère sur un organe plus souple non infiltré de cellules rondes. Au bout de trois jours en effet, les bords de la plaie vésicale présentent comme tous les tissus dans lesquels se fait un début d’inflammation même aseptique, une infiltration abondante de cellules rondes dont le premier effet est de rendre ces tissus friables. De plus, à ce moment, la
vessie est déjà moins accessible. Les muscles sont
contractés et il est difficile de réunir les deux lèvres vésicales par une suture correcte. ; A fout considérer, il semble que la suture primitive retardée ait, malgré cet inconvéient, un avantage marqué sur la suture primitiveimmédiate. Est-il nécessaire d'attendre, ainsi que le veut Pauchet jusqu’au treizième jour pour suturer la vessie, en somme faut-il faire une suture primitive où une souture secondaire ? Il est évident que dans le cas d’une infection grave de la vessie, on peut être amené à attendre une atténuation de la virulence. Ou bien des hémorragies persistantes peuvent obliger à un tamponnement prolongé de fa cavité prostatique. Mais hormis ces cas, il cest bien évident qu’il faut faire bénéficier au plus tôt le malade des avantages d’une fermeture. Pourquoi attendre deux semaines avant de mettre le malade au sec, avant de fermer la plaie opératoire à une infection surajoutée vénant du dehofs ? F Les résultats obtenus après la suture primitive permettent de conclure qu’on pourra presque toujours ne pas attendre le treizième jour avant de fermer les
vessies des prostatectomisés.