‹ De La Suture Des Os Dans Les Fractures Et Les PseudarthrosesChapitre 8 sur 31 · RATE · texte numérisé non relu

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quelle direction par rapport à la tige du drill. De .cette façon, la propulsion ct la facile rotation de l'instrument sont assurées.

Pendant que l'opérateur procède à la perforation des fragments, un aide doit immobiliser les dits fragments à l'aide d’un fort davier : à cet effet, les daviers de M. Ollier et de M. Farabeuf sont utiles. Toutefois il nous semble qu’un davier fenêtré spécial serait plus commode ; ses mors sont fenêtrés dans toute leur longueur et ces fenêtres sont souvent utiles pour y faire passer le forêt. De cette façon, l’aide peut saisir le fragment au niveau même de la fracture et limmobilise beaucoup plus avantageusement (voir fg. I). M. le D' Fauvel a fait construire cet instrument chez Colin.

Quatrième temps. — Introduction des fils et fixation. Ici se pose une question importante : de quelle espèce de fil faut-il se servir ? Dans les observations que nous publions, c’est le fil de fer recuit qui a été employé, à cause de la résistance qu'il offre pour la contention.

Il a, ilest vrai, deux inconvénients : le premier d’être difficile à introduire de dedans en dehors de l'os c’est-à-dire dans le second fragment ; le deuxième, c’est d'être difficile à enlever.

Pour remédier à la première difficulté, on peut faire préparer des fils de fer recuit qui présentent à une de leurs extrémités une partie effilée assez malléable pour être enfilée dans le chas d’un stylet et être entraînée de dedans en dehors à travers le second fragment.

Mais la plus grande difficulté consiste à enlever le fil, quand au bout de 45 à 60 jours, les bourgeons charnus et

la cicatrice l'ont plus ou moins complétement recouvert,

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celte’ difficulté redouble quand on a combiné la ligature et la suture.

D’autres chirurgiens ont employé d’autres espèces de fils : les uns (Flaubert, de Rouen) se sont servis de fils de lin ; d’autres se sont servis de soie, de catgut; d’autres enfin ont usé de fils métalliques en or, en argent, en platine, en plomb.

Les fils de lin ou de chanvre doivent être laissés de côté, en raison de leur aseplicité toujours insuffisante. Le catgut, en raison de son origine animale, pourrait être utilisé, mais il se résorbe trop vite et la suture s’échapperait avant qu'un commencement de consolidation suffisante se fût effectué.

Cependant, M. Ollier (de Lyon) l’emploie, dans les résections du genou. |

Restent donc les fils métalliques qui répondent le mieux aux désiderata de l'opérateur: la plupart des chirurgiens (Tillaux, Le Fort, P. Berger) prennent en faveur le fil d’argent, en raison de la facilité avec laquelle on le trouve de toutes les dimensions. M. Berger s’est servi dans une suture du fémur d’un fil de platine (Revue de chirurgie. Obs. II, nov. 1887), que l’opéré a gardé dans son os. Le fil de fer étamé a également été employé. Nous préférons le fil de fer recuit en raison de sa malléabilité unie à sa solidité. On proportionnera d’ailleurs la grosseur du fil à la nature de l'os sur lequel on opérera (tissu spongieux ou compact).

Une question intéressante et diversement résolue se pose ici. Doit-on enlever nécessairement les fils quand la fracture est consolidée ou doit-on les laisser à demeure Ÿ Dans les observations qui suivent on verra que chez tous, sauf un seul, les fils furent enlevés, souvent, il est vrai, avec beaucoup de

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difficulté. Dans l’observation XIT, où il s’agit d’une fracture compliquée du tibia gauche, le malade porte depuis 24 ans un fil de fer dans son tibia. M. Lucas-Championnière, après avoir fait la suture d’une rotule, agit de même et laisse le fil d'argent à demeure après en avoir martelé et poli les extrémités.

Telle a été également la conduite de M. P. Berger (1) dans les deux sutures du fémur qu’il a publiées. Le point capital dans cette suture osseuse à fils perdus est de s’entourer de toutes les précautions aseptiques, notamment de s'assurer de l’'asepticité du fil employé. Si on éprouvait trop de difficultés à retirer je fil, il ne faudrait pas insister, afin d'éviter de rompre le col nouvellement formé; ainsi qu'il est arrivé à quelques chirurgiens dont M. Bérenger-Féraud a rapporté les exemples. '

Le mode de fixation des fils métalliques le plus simple cons.ste à tordre ensemble les extrémités du fil employé ou à en tordre séparément en anneau chaque extrémité. Si le fil doit être abandonné dans l'os. ses extrémités seront martelées et polies à la lime. Flourens a d’ailleurs démontré par des expériences sur des animaux qu'un fil métallique pouvait être abandonné dans un os sans provoquer de réaction inflammatoire.

Cinquième temps. — La suture osseuse appliquée, il reste à suturer la plaie des parties molles. Après avoir lavé soigneusement la plaie avec un liquide antiseptique, après lavoir débarrassée des caillots ou esquilles osseuses qu’elle peut contenir, on suture les lèvres culanées de la plaie au

crin de Florence.”

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