‹ De la suture des tendons (tenorrhaphie)Chapitre 3 sur 13 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Si nous considérons d’une manière générale la situation des tendons dans l’économie, nous les voyons placés le plus souvent dans une région superficielle et par cela même exposés à devenir le siège de diverses blessures. Les lésions qui peuvent les affecter sont, en effet, nombreuses et variées; on aura tantôt une contusion grave ou légère, tantôt une section, transversale ou longitudinale, complète ou incomplète, souvent l’action du muscle correspondant sera entièrement abolie; d’autres fois, au contraire, ce dernier aura conservé une partie de ses fonctions. La nature de l’instrument, sa direction, la force de son impulsion, tout influera sur les blessures de ces parties. Nous n’aurons, dans certaines occasions, qu’une section nette, tandis qu’ailleurs nous trouverons une division avec dilacération des organes voisins et contusion de toute la région.

Envisagée au point de vue de sa réparation, la plaie, dans quelques cas, guérira après réunion, par première intention, tandis que, dans d’autres, la cicatrisation n’aura lieu qu’après le sphacèle des parties contuses, accompagné d’une longue suppuration. Et plus tard, ou le malade conservera l’usage complet de son membre, ou

bien il sera gêné par des adhérences des extrémités sectionnées des tendons aux parties voisines.

Quant au traitement, il sera subordonné à la nature de la blessure, à l’état de la région. Plusieurs procédés ont été tour à tour préconisés par les chirurgiens ; tous tendent au même but : maintenir en contact les parties divisées, pour que le blessé ne perde pas, par des cicatrisations vicieuses, les fonctions du muscle correspondant. Pour atteindre ce résultat, on s’est successivement servi de la position, des bandages, de la suture. C’est ce dernier mode de traitement que nous exposerons dans notre thèse. Ce n’est pas seulement l’application de la suture aux plaies récentes des tendons que nous voulons étudier, mais encore l’emploi de ce moyen dans les cas où le chirurgien intervient pour corriger les cicatrisations vicieuses dans les plaies anciennes des tendons.

Nous présenterons un certain nombre d’observations recueillies çà et là concernant l’emploi de la suture dans les plaies des tendons. Dans une première série de faits, c’est à la plaie récente, à la division non encore cicatrisée que le fil sera appliqué ; nous verrons ensuite le chirurgien avoir recours à la suture pour remédier à des cicatrisations vicieuses qui avaient fait perdre au membre une partie de ses fonctions.

Nous discuterons, dans le courant de notre travail, les indications de cette opération, et nous donnerons ensuite quelques préceptes pour l’effectuer. Mais, auparavant, nous allons exposer rapidement les opinions de nos maîtres sur ce sujet.

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