TROISIÈME PARTIE
DES CONDITIONS PATHOGÉNIQUES
DELABILATÉmTÉ& DE LA SYMÉTRIE DANS LES AFFECTIONS DE LA PEAU
U étude physiologique, que nous venons de faire dans la deuxième partie de notre travail, du mécanisme •en vertu duquel s'opèrent les phénomènes intimes de la nutrition interstitielle, nous a conduit à cette double conclusion :
1“ Les actes nutritifs sont subordonnés à l’état des vaisseaux et les altérations diverses, d'ordre trophique, dont la peau peut être le siège, doivent être rattachées, en pathologie, à un fonctionnement anormal des nerfs vasculaires, seuls régulateurs des circulations locales.
2° Les nerfs vasculaires peuvent être sollicités à ce fonctionnement anormal soit par excitation directè de leurs noyaux d’origine intra-médullaires {excita tion Mystrophique centrale), soit par effet réflexe, l’excitation intéressant primitivement des fibres ner-
veuses centripètes, et ne se transmettant aux nerfs vasculaires que par l’intermédiaire de la moelle {excitation dystrophique périphérique).
Si telles sont les conditions pathogéniques des troubles trophiques de la peau; si, d’autre part, comme nous le démontrerons tout à l’heure, les noyaux d’origine des vaso-moteurs sont échelonnés dans toute la hauteur de la moelle par séries homologues, leurs manifestations sur des régions symétriques n’est plus qu’un fait accidentel qu’il nous devient facile d’expliquer.
A. — Une lésion d’un centre vaso-moteur située au niveau de la dixième vertèbre dorsale par exemple, amène sur le pied, du côté - correspondant, une éruption d’urticaire : si la lésion intéresse en même temps le centre vaso-moteur homologue, celui-ci réagira de la même manière et Ton verra apparaître sur l’autre pied des plaques d’urticaire identiques aux premières. D’où cette première modalité: une lésion de deux
CENTRES VASO-MOTEURS HOMOLOGUES SE TRADUIT PAR DES TROUBLES TROPHIQUES BILATÉRAUX ET SYMÉTRIQUES.
B. — Nous avons vu de même qu’une excitation périphérique, transportée par des filets nerveux centripètes au centre vaso-moteur correspondant de la moelle épinière^ sollicite ce centre à un fonctionnement anormal et amène, par l’intermédiaire des fibres vasoî motrices centrifuges, dans le territoire cutané qui l’a vue naître, des troubles circulatoires d’abord, qui aboutiront bientôt à des alférations trophiques. Eh bien, * supposons, dans l’autre moitié du corps un concours de circonstances analogues : partie
d’une région homologue, cette nouvelle excitation traversera, elle aussi, son centre vaso-moteur correspondant, qui sera Thomologue du premier ; et modifiée à son tour par ce centre, elle déterminera des altérations de' la nutrition dans le point du tégument externe qui en a été le point de départ. Nous assisterons ainsi à l’apparition de deux affections réflexes et symétriquement disposées, .ce qui nous conduit à cette deuxième loi : deux excitations dystrophiques, PARTIES DE DEUX REGIONS HOMOLOGUES, AMENE¬ RONT, CHACUNE AGISSANT ISOLÉMENT, DES TROUBLES TROPHIQUES BILATÉRAUX ET SYMÉTRIQUES.
c. — Enfin, il est un troisième ordre de faits plus intéressants que ceux qui précèdent, mais aussi plus rares, dans lesquels nous voyons une excitation dystrophique unilatérale ébranler à la fois le centre vasomoteur correspondant et son homologue du côté opposé, et jeter ainsi le trouble dans la nutrition de deux régions symétriques. De ces derniers faits découle cette troisième loi : des troubles trophiques