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CAS N0 2 — (dont nous devons les pièces anatomiques à l’obligeance du D' Gutzeit, de Kænigsberg).
Homme de 24 ans, chasseur.
Au début de 1904, présente de l’albuminurie avec œdème. A l'entrée à l'hôpital, le 27 juillet 1904, les œdèmes ont disparu. On constate une teinte ictérique de la peau et le malade se plaint de douleurs gastriques et de gêne de la déglutition; il est atteint en outre d’une forte scoliose de la colonne dorsale dans sa partie supérieure. Dans l’anamnèse, on ne trouve rien pouvant faire penser à la syphilis.
Peu après, il se fait un épanchement dans la plèvre droite, qu'on ponctionne; on retire un liquide citrin clair. Peu à peu la dysphagie augmente et le malade meurt le 30 novembre de la même année avec, semble-t-il, des phénomènes urémiques.
Diagnostic clinique : Néphrite chronique (albumine en grande quantité, cylindres hyalins et granulo-graisseux). Sténose du cardia. Mort avec symptômes urémiques.
A l’autopsie, les constatations suivantes ont été faites par le Dr Gutzeit: sur la plèvre médiastinale droite, près de la colonne vertébrale, on voit quelques proéminences blanchâtres, aplaties, dures, paraissant être des métastases. Le poumon droit renferme une tumeur avant la consistance de l’os et qui comprime l’œsophage au niveau du cardia. Les reins présentent l’image du gros rein blanc; les surrénales sont fortement développées; la rate et le foie ne présentent rien de particulier.
La pièce qui nous fut envoyée se compose d’une notable partie du poumon droit, d’un morceau de l’œsophage, qui lui est fortement adhérent, jusqu’un peu au-dessous du cardia. (Le Dr Gutzeit nous a envoyé un petit résumé des constatations faites par lui sur quelques autres organes.)
Le lobe supérieur du poumon droit est uniformément aéré, mou, sauf sur un petit espace, le long de la scissure postérieure, où il est adhérent au lobe inférieur. Celui-ci présente une très
forte induration semblable à une tumeur; cette induration s'étend également au lobe supérieur à l'endroit où celui-ci est adhérent, c’est-à-dire le long de la scissure postérieure.
Cette «tumeur » mesure 13 em. de long sur 7 cm. de large, et 5 à 6 cm. d'épaisseur; elle est très dure et contient des parties calcifiées. A la coupe, on voit des parties blanc-grisâtres, calleuses, d’autres avec induration ardoisée et d’autres, plus granuleuses, plus poreuses. Les parties calcifiées sont principalement à la base. Dans une coupe à travers la tumeur, on voit une cavité de bronchiectasie un peu aplatie, grosse comme une petite cerise et remplie d’une masse brun-sale.
La plèvre viscérale, sur la tumeur, est blanche, tantôt lisse, tantôt hérissée d’adhérences. A la base, le diaphragme est également adhérent à la tumeur qui s'étend jusqu'à l'extrême base du poumon. Le tronc principal des artères pulmonaires est libre, de même que la trachée et la bronche principale gauche.
La bronche principale droite est sans modification, quoique la bronche du lobe inférieur paraisse contracter avec la «tumeur » de fortes adhérences, sans toutefois que sa lumière soit envahie par la masse néoplasique. De même, les veines pulmonaires du côté droit sont en parties enserrées par la masse dure, lardacée, qui se propage à travers le médiastin antérieur jusqu'à l’œsophage; celui-ci paraît en général normal.
Le cardia est étroit, il mesure 2,5 em. de circonférence. À un centimètre environ au-dessus du cardia, à l'endroit où l’œsophage est intimément fixé dans le tissu néoplasique lardacé, la muqueuse à un aspect fortement tendu donnant une image cicatricielle avec rétrécissement. On voit, partant du ‘ardia et remontant sur la paroi interne de l’æsophage, sur une distance de 6 cm. un sillon cicatriciel légèrement sinueux. À côté de celui-ci il y a un enfoncement d'apparence également fibreuse, lisse, bien délimité, d'1 centimètre de long sur 4mm de large, de forme elliptique.
Par une coupe macroscopique à travers l’œsophage, on reconnaît le sillon cicatriciel précité, auquel correspond une zone fibreuse d’1 à 1,5 cm. de large qui est assez bien délimitée