LE BONE
Siège. — Les lésions syphilitiques peuvent apparaître à tous les niveaux du canal œsophagien. Elles sont toutefois nettement prédominantes au tiers supérieur. Certains auteurs (Mackenzie, N° 17, Lublinsky, N° 22, Mac-Mahon, N° 53), ont relaté des cas où les altérations s’étaient développées au tiers moyen. Dans cette localisation elles sont généralement situées à la hauteur de la sixième vertèbre dorsale.
Au tiers inférieur, elles sont encore plus rares, maïs existent certainement ainsi que quelques observations l’ont démontré (cas Nos 37, 38, 40 et 55). On a même publié un cas où la lésion siégeait au cardia (N° 29).
La plupart des auteurs ont relaté des faits où les lésions étaient uniques, c’est-à-dire que les altérations syphilitiques ne se manifestaient qu’en une seule localisation. Par contre, dans d’autres observations, on a signalé des lésions multiples. Dans un cas (N° 28), un des rétrécissements siégeait à 20 cm. et un autre à 42 em. de l’arcade dentaire. Dans un autre cas, les deux rétrécissements s'étaient développés, l’un au tiers supérieur, l’autre au tiers inférieur. Un troisième cas (N° 26) relate l'existence de deux rétrécissements au tiers supérieur, distants de 5 cm. Un dernier cas (N° 33) montre un rétrécissement à 23 cm. et un autre à 39 cm. de l’arcade dentaire. Ce sont les seules observations dans lesquelles nous voyons que le même processus s’est développé à des niveaux différents. On peut comparer ces dernières observations aux cas de sténoses multiples syphilitiques de l'intestin grêle. Dans d’autres observations encore on a noté, en même temps que des lésions de l’œsophage, des manifestations syphilitiques en d’autres parties du corps du malade. Aïnsi on a signalé (N° 7 et N° 22) la présence d’une sténose et d’un psoriasis de la paume des mains; d’une gomme ulcérée de la langue accompagnant le rétrécissement (N° 23); d’une sténose avec un exanthème généralisé (N° 49); d’une sténose avec une leucoplasie de la face interne des joues (N° 55); d’un rétrécissement avec une kératite interstitielle de l'œil droit, une périostite de l’humérus gauche et une sclérose de la muqueuse buccale (N° 48); d’une sténose avec une cicatrice luétique sur le pharynx (N° 41).
Sir
Dans le premier de nos cas personnels il y avait une concomittance de la sténose œsophagienne d'origine spécifique avec une thrombophlébite syphilitique de la veine cave supérieure et dans le deuxième cas avec une pneumonie syphilitique chronique probable.
Début des lésions syphilitiques de l’œsophage. — Comme nous venons de le voir, les altérations syphilitiques de l’æsophage sont parfois accompagnées de lésions des autres organes. Il est très difficile d’affirmer, en s'appuyant sur les observations publiées, si le début s’est réellement fait dans l’æsophage, ou si nous n’avons pas affaire à des lésions secondaires, c’est-à-dire s'étendant des organes voisins au tube digestif, par proximité.
Si nous voulons classer les manifestations syphilitiques de l’æsophage suivant le lieu de leur apparition, nous pouvons envisager les formes suivantes.