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Les formes primitives

Dans cette catégorie nous pouvons placer toutes les observations où la dysphagie était le seul symptôme chez des malades ayant une syphilis avérée, ainsi que celles où la lésion fut contrôlée à l’œsophagoscope. D'une façon certaine, nous ne

pouvons désigner comme réellement primitifs que les cas dans lesquels l’autopsie montra que les altérations syphilitiques de l’œsophage n'étaient accompagnées d'aucune autre manifestation dans la même région (obs. 9, 10, 11, 34, 37, 40).

Quant à la nature histologique des lésions syphilitiques de l’æœsophage, nous résumerons ici les constatations que nous avons exposées en détail dans les observations de nos cas personnels : en deux mots, nous pouvons dire que nous trouvons à la hauteur de l’œsophage les modifications typiques d'une lésion tertiaire, telle qu'elle apparaît dans les autres organes.

Nous verrons que le parenchyme de l'organe est détruit et qu'il n’est en fin de compte presque plus possible de reconnaître la structure particulière de l’œsophage, sinon par quelques restes de la tunique musculaire.

Ce bouleversement ne se fait pas en masse, mais il reste par-ci par-là des îlots de tissu sain ou des éléments constitutifs de la paroi, tels que glandes, musculature lisse ou épithélium parfois. Le tissu préexistant est remplacé par un jeune tissu conjonctif néoformé, par un tissu cicatriciel ou par un tissu fibroscléreux, se présentant comme un tissu à faisceaux collagènes très denses, en général pauvre en noyaux. Il est accompagné d’une infiltration, plus où moins abondante suivant les places, de cellules plasmatiques, lymphocytes, polynucléaires et grandes cellules rondes, macrophages d’origine histogène, avec forte prédominance des lymphocytes.

Cette infiltration inflammatoire intéresse toutes les couches de la paroi.

On remarque que les différentes couches sont dissociées par ce tissu fibreux lardacé, qui s’insinue même entre les faisceaux de fibres musculaires. Dans ces zones de prolifération, on constate passablement de vaisseaux, artères et veines. auxquels sont attachés de nombreux groupes lymphocytaires. Ces infiltrations lymphocytaires et plasmocytaires accompagnent souvent aussi les filets nerveux.

Les vaisseaux présentent parfois une paroi calcifiée et

l’intima est le siège d'une très active endartérite oblitérante, Le tissu périæsophagien lui-même est plus volumineux que normalement, plus dense, avec, par places, des agglomérations de lymphocytes et les foyers lympho- ou plasmocytaires se propagent jusqu’à ce niveau.

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