‹ De La Syphilis De L'EsophageChapitre 28 sur 33 · C. SYMPTOMATOLOGIE · texte numérisé non relu

C. SYMPTOMATOLOGIE

Les lésions syphilitiques ne se manifestent que tardivement, c'est-à-dire une fois que la sténose débute. Les symptômes seront donc ceux de toutes les strictures de l’œsophage. Potain a dit que « ce qui est propre aux rétrécissements de l’œsophage d’origine syphilitique, c’est l'absence des caractères des rétrécissements d’autre nature ».

Un phénomène toujours constant et qui la plupart du temps est le seul, c’est la dysphagie. Elle est progressive et se manifeste d’abord pour les solides qui ont de la peine à être avalés et qui peu à peu ne passent plus. La gêne se produit ensuite pour les liquides et peut aboutir à l'impossibilité de toute déglutition. Cette dysphagie est la plupart du temps régulièrement progressive; parfois, cependant, on assiste à des rémissions de plus ou moins longue durée.

Lorsque la sténose s'accompagne de dilatation au-dessus de la stricture, la dysphagie peut être accompagnée de régurgitations alimentaires, mais jamais de véritables vomissements. Le malade a une sensation de poche, de pesanteur rétro-sternale sitôt après avoir mangé, suivie d’expulsion des aliments. Au moment où le malade fait des efforts pour avaler, il se plaint fréquemment de sensations douloureuses. Mais la douleur spontanée ou continue est très rare. On peut même considérer celle-ci comme un élément de diagnostic qui parle contre l’origine syphilitique du rétrécissement.

À mesure que la sténose se rétrécit, l’état général du malade s'aggrave; il perd du poids, s’anémie et, petit à petit, la cachexie s’installe. Si un traitement énergique n'intervient pas et, dans certains cas, malgré ce traitement, l'issue fatale ne peut être évitée.

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