‹ De La Syphilis De L'EsophageChapitre 29 sur 33 · D. DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

D. DIAGNOSTIC

Comme l'avait déjà fait remarquer Potain, et vu la rareté de la syphilis de l’æœsophage, le diagnostic doit être posé par exclusion. Il faut tout d'abord déterminer si les symptômes relèvent bien du tube digestif et non du pharynx ou d’un organe voisin, puis s'assurer qu'ils sont dus à un rétrécissement. Car la lumière de l’œsophage peut être comprimée et donner lieu à des symptômes de dysphagie dans diverses affections, telles que les diverticules de l’œsophage, les adénites des ganglions périæsophagiens ou médiastinaux, les tumeurs du médiastin, l’anévrisme.

La radioscopie et la radiographie sont d’un grand secours, dans cette recherche du diagnostic. Grâce à la bouillie opaque, on peut déterminer s’il existe un rétrécissement, quelle est sa localisation, sa forme et son degré de perméabilité. Lorsque la certitude d’une sténose est acquise, il faut en rechercher l’origine.

Les trois grandes affections qui peuvent entrer en ligne de compte pour le diagnostic différentiel sont:

1. Les rétrécissements spasmodiques, dont la mobilité est le signe distinctif et qui peuvent parfois céder spontanément pendant l’examen radioscopique.

2. Les rétrécissements cicatriciels, qui sont dus à une irritation ou à une inflammation. Dans ce cadre rentrent les sténoses provoquées par l’ingestion de liquides caustiques, ou de corps étrangers, par des inflammations chroniques banales, ou par la présence d’un ulcère peptique. |

3. Les rétrécissements cancéreux, la plupart du temps situés au tiers moyen, derrière la bifurcation de la trachée et dont la dysphagie est presque toujours accompagnée de douleurs. Is se trouvent plus rarement au tiers supérieur qui est le siège de prédilection des lésions syphilitiques.

L'anamnèse joue ici un rôle important. Associée à l’analyse minutieuse des troubles fonctionnels et à l'exploration physique

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des organes, elle permet d'obtenir des renseignements primordiaux.

La réaction de Wassermann est également un précieux auxiliaire, mais elle demande à être utilisée comme toujours d’une façon relative, car la présence d'un carcinome de l’æsophage chez un syphilitique peut donner lieu à une erreur d’interprétation. En effet, un malade peut fort bien être syphilitique et avoir une sténose œsophagienne, sans que celle-ci soit nécessairement l’œuvre du tréponème. Il n’est d’ailleurs pas exclu qu'il existe des relations pathogéniques entre les anciennes lésions syphilitiques et le cancer.

L’æsophagoscopie est venue apporter une aide précieuse pour le diagnostic des affections du tube digestif et principalement pour celui de la syphilis œsophagienne. Elle à permis d’éliminer les rétrécissements spasmodiques et de préciser l’exîstence d’une sténose organique. Grâce à elle nous pouvons également déterminer l’emplacement de la stricture, reconnaitre son aspect, sa consistance. Cette dernière est, dans le rétrécissement syphilitique, dure, ferme, scléreuse, bien différente de la sténose cancéreuse.

Actuellement, toute lésion du tube digestif doit avoir été contrôlée par l’æsophagoscopie. Outre la faculté qu'elle nous donne de voir ce qui se passe, elle nous offre l’occasion, dans certains cas, de pratiquer une biopsie qui confirmera ou infirmera le diagnostic.

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