‹ De La Syphilis De L'EsophageChapitre 33 sur 33 · La base anatomique de l’œsophagite syphilitique se · texte numérisé non relu

La base anatomique de l’œsophagite syphilitique se

présente sous trois formes différentes:

a) La gomme sous-muqueuse, passant à l’ulcération après nécrose du syphilome ;

b) La propagation d’une affection syphilitique d’un organe voisin (adénite, aortite, phlébite, pneumonie spécifiques), avec extension à l’œsophage, ou perforation secondaire dans son canal;

c) L’inflammation chronique d’emblée dans l’œsophage, plus diffuse, avec sclérose de l’organe entier et accompagnée d’ulcérations superficielles.

Ces trois formes peuvent se terminer par une sténose.

Le siège de prédilection est le tiers supérieur de l’œsophage.

On peut distinguer: les formes primitives (nées dans l’œsophage même), qui sont plutôt rares; les formes pharyngoœsophagiennes, par continuité, plus fréquentes; les formes secondaires, par contiguité, où la lésion débute dans un organe voisin, qui sont les plus fréquentes, mais souvent méconnues.

Nous donnons pour la première fois une description microscopique détaillée de deux cas d’æsophagite syphilitique. Nous y constatons, en résumé, que l’inflammation chronique traverse toute la paroi de l’œsophage et qu’elle détruit le parenchyme des diverses tuniques. La paroi elle-même présente une forte tendance à la sclérose. Les foyers à lympho- et plasmocytes, qui contiennent des macrophages, se propagent dans les zones de la périæœsophagite fibreuse et accompagnent principalement les vaisseaux. Ceux-ci présentent souvent une prolifération de l’intima.

3.— Dans la symptomatologie de l'affection, le phénomène essentiel est la dysphagie progressive. La douleur spontanée est rare; le sentiment de pesanteur rétrosternale peut se montrer après les repas; les régurgitations alimentaires sont fréquentes; les vomissements véritables manquent. La sténose progressive aboutit à l’asthénie et à la cachexie.

4. — Le diagnostic se fait dans la règle par exclusion des autres maladies qui présentent comme symptômes habituels la dysphagie et la sténose progressive (diverticules, tumeurs du médiastin, anévrismes, rétrécissements spasmodiques, carcinome de l’æsophage). La réaction de Wassermann, l’œsophagoscopie, la biopsie viendront consolider le diagnostic.

5. — Le pronostic dépenddela précocité du diagnostic, de l’état du malade et de la possibilité de dilatation du canal œsophagien. Les malades peuvent mourir d’amyloïdose (notre cas 2).

6. — Le traitement consiste dans la prescription des divers médicaments antisyphilitiques, associés à la dilatation progressive par les sondes en gomme ou les mandrins métalliques.

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