‹ De la syphilis du testiculeChapitre 13 sur 54 · GOMMES DU SCROTUM · texte numérisé non relu

GOMMES DU SCROTUM

aussi gros qu'un mcarron. Mais on ne saurait affirmer aux dépens de quel tissu s'est développée la gomme dans ce cas et dans les précédents ; il en est de même pour les faits de Lejeal, qui vit, dans le service de Nélaton et de Vidal de Cassis, des cordons hypertrophiés, durs, comme cartilagineux et se prolongeant jusque dans le canal inguinal.

Hélot, au contraire, précise le siège de l'affection, et c'est du canal déférent qu'il s'agit. Il nous donne deux observations où cet organe était triplé de volume et sans bosselure. Nous-mêmes avons vu trois cas, le premier en 1875 à l'hôpital de la Pitié, et les deux autres cette année, à l'hôpital Saint-Louis : le canal déférent, semblable, par sa rigidité, à une baguette de verre, avait acquis le diamètre d'un porte-plume.

L'anatomie pathologique des gommes nées dans les enveloppes du testicule se confond trop étroitement avec la symptomatologie de ces tumeurs, pour en faire ici l'histoire détaillée : audessous du scrotum ulcéré se voit un tissu jaune grisâtre qui s'exfolie lentement, de la superficie vers la profondeur, à moins qu'une réaction inflammatoire vive ne creuse un sillon sur le pourtour du syphilome, éliminé en bloc et qui laisse à sa place une caverne plus ou moins large. Celleci se comble peu à peu et disparaît, comblée par

des iDourgeons charnus. Cependant lorsque des gommes adjacentes se vident dans sa cavité, un trajet fistuleux persiste, dont nous aurons plu s tard à faire l'étude.

Nous avons, dans un cas, détaché avec le scalpel une portion de gomme péritesticulaire mise il nu par ulcération du scrotum; la substance d'un blanc sale rappelait la chair de morue; elle était feuilletée comme elle, et se détachait par fragments lamelleux. Ricord a vu une de ces gommes, au milieu du tissu cellulaire lâche des enveloppes delà glande. Elle se présentait sous la forme d'un tubercule isolé, gros comme la moitié d'un pois, et d'une coloration grisâtre.

La description des gommes de la glande ne nous paraît pas avoir été faite encore avec la précision qu'elle mérite. Les auteurs se contentent de signaler leur existence, mais l'aspect qu'elles présentent, leur forme, leur nombre, ne sont guère étudiés, et peu essaient de mettre en relief les caractères macroscopiques grâce auxquels on distinguera le syphilome du tubercule et même de certaines formes de cancer. L'erreur a été souvent commise; il y a une quarantaine d'années elle était de règle et maintenant, malgré les progrès de l'anatomie pathologique, nous croyons qu'on s'y trompe encore. Non seulement des testicules syphilitiques ont été pris pour des sarcomes et enle-

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vés comme tels, mais, la castration pratiquée, la coupe de la tumeur n'a pas toujours rectifié le diagnostic.

Le tableau cependant est parfois des plus nets. Le testicule, souvent plus volumineux qu'un œuf de poule, a conservé sa forme générale; les bosselures qui soulèvent la glande sont en partie masquées par la périépididymite et les néomembranes de la vaginale. L'albuginée n'est pas toujours épaissie. Lorsque l'orchite scléreuse domine, elle est parsemée quelquefois de saillies fibreuses semblables à des moitiés de pois secs, à des grains de plomb à demi cachés dans l'albuginée; ou bien elle est doublée de plaques irrégulières qui semblent la « blinder ». Dans le testicule sclérogommeux nous avons constaté cet aspect, mais il n'est pas rare de trouver la membrane lisse, sans verrucosités ; les vaisseaux gorgés de sang dessinent à sa surface de riches arborisations.

Lorsqu'une gomme se développe dans son épaisseur, l'albuginée perd sa structure pour prendre celle du syphilome, avec toutes les modifications que ce dernier présente suivant l'époque de son évolution, M. Gornil a vu la tunique albuginée très épaissie en certains points. Sa coloration était blanche et nacrée, et, à sa surface, s'élevait une saillie volumineuse formée de plusieurs mamelons tendant à prouver que cette tumeur était due ù la fusion de plusieurs tubercules primitivement sé-

EXAMEN A I/Œll, NU.

parés. Cette gomme, développée aux dépens delà membrane fibreuse, avait, sur sa coupe, les mêmes caractères que les noyaux semblables du testicule et de l'épididyme.

Sur une coupe antéro-postérieure, le testicule gommeux nous offre le plus souvent un aspect caractéristique. Il est des cas où le néoplasme infiltre la glande tout entière, et la surface de section ne montre qu'un tissu dense, élastique, d'une coloration grisâtre. M. Nepveu rapporte une observation de ce genre : un malade, porteur d'un sarcocèle lisse, arrondi, avec une fluctuation légère en un point, avait, pendant plusieurs mois, pris sans succès de l'iodure de potassium. M. Yerneuil crut à une tumeur maligne et fit la castration ; il s'agissait d'un testicule syphilitique du volume d'un œuf de dinde et dont le parenchyme, d'une résistance presque cirrhotique, renfermait des dépôts jaunâtres diffus, sans foyer de ramollissement. M. Lancereaux nous décrit un testicule légèrement irrégulier, ferme, partout également dur; le feuillet viscéral, l'albuginée et le parenchyme sont confondus en une masse peu friable et constituée par un tissu nouveau, sans canalicules spermatiques, et analogue à un jaune d'oeuf très cuit.

Mais en général la glande n'est que partiellement envahie. On y trouve, à côté de tractus fibreux qui, du corps d'Highmore, rayonnent vers l'albuginée épaissie, des noyaux gommeuxplus ou

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