‹ De la syphilis du testiculeChapitre 35 sur 54 · I. Beuthole, Union mcilicule · texte numérisé non relu

I. Beuthole, Union mcilicule

SYMPTOMATOLOGII-:

à travers les enveloppes scrotales ulcérées. Une définition était peut-être nécessaire; car il nous semble qu'on a abusé de ce mot. Au musée Saint- Louis, on voit cataloguée sous le titre de fongus, une ulcération des enveloppes scrotales et la dénudation d'une certaine étendue de la surface glandulaire, mais sans la moindre saillie végétante au dehors. N'a-t-on pas encore appelé fongus l'expulsion des tubes séminifères hors de l'albuginée?

Nos précédentes descriptions facihtent notre tâche, et l'on prévoit déjà le mécanisme essentiel de la production du fongus. Une gomme de l'albuginée ou du parenchyme glandulaire a, dans ses poussées successives, provoqué des adhérences entre le testicule et ses enveloppes. Celles-ci s'enflamment et s'ulcèrent. Deux cas peuvent alors se présenter :

Ou bien tout ou partie de la glande entourée de son albuginée s'échappe par cet orifice; le testicule hernie bourgeonne et nous avons une première variété de fongus, le fonfjuK super pciel; — ou bien la glande reste dans sa cavité, l'albuginée et les téguments se sont ouverts pour l'évacuation d'un dépôt caséeux ramolli ; des travées fibreuses du testicule ou de la membrane d'enkystement do la gomme s'élèvent de granulations dont la végétation exubérante remplit d'ubordlapotite caverne, puis franchit, en s'étranglant, l'orifice cutané pour

s'étaler sur le scrotum en masse champignonneuse, et constituer ainsi notre seconde variété de fongus, \q fongus profond.

Quelques observations personnelles ou recueillies dans les auteurs nous serviront à établir notre manière de voir et à montrer que toute cette questionne présente, en somme, aucune difficulté. Elle se résume dans l'étude des deux formes distinctes : le fongus superficiel et le fongus profond.

Voyons le fongus superficiel. Un cocher de vingtsept ans, syphilitique depuis 1876, voit, au mois d'avril 1880, son testicule droit se tuméfier. En juillet, le gauche était atteint. Des frictions mercurielles procurent une guérison presque complète ; le malade cesse tout traitement. Le gonflement reparaît; les bourses douloureuses s'enflamment et s'ulcèrent. Le 24 février 1881 , lorsque le malade se présente à notre examen, nous constatons, du. côté droit, un énorme sarcocèle scléro-gommeux enveloppé dans des tuniques intactes. A gauche, la glande est aussi envahie dans sa totalité. Une gomme superficielle, dont le siège évident est l'albuginée, s'est ramollie ; lapeau adhérente s'est ulcérée en trois points, et par chaque orifice s'écoule de la matière puriforme. La peau violacée qui sépare les trois solutions de continuité se sphacèle sous nos yeux, et par cette large ouverture le testicule est mis à nu.

SYMPTOMÀTOLOGIE.

C'est bien dans l'albuginéc que s'est développée la gomme. Elle apparaît avec son tissu blanchâtre qui se désagrège par fragments feuilletés semblables à de la chair de morue. Les couches superficielles noircissent et se détachent. Le fongus n'est pas encore formé ; la masse glandulaire ne fait pas saillie hors du scrotum. Mais peu à peu la peau se rétracte et glisse sur le testicule, qui émerge de plus en plus jusqu'à ce que les enveloppes dépassent son plus grand diamètre. Elles viennent, en arrière de lui, étreindre l'épididyme et le cordon.

Déjà, sur le pourtour de la gomme, l'albuginée végète et des bourgeons agglomérés proéminent en divers points. Enfin le tissu mortifié s'élimine. Gà et là naissent, en soulevant encore quelques débris caséeux, de rares granulations qui bientôt se multiplient, et sur la surface détergée s'organisent des fongosités exubérantes. Notre première variété est constituée.

Cependant le traitement ioduré a déjà provoqué une amélioration. Le testicule droit est devenu plus souple ; le gauche diminue un peu de volume. L'ouverture du scrotum , qui formait en arrière un anneau mobile autour du pédicule, adhère maintenant aux tissus. Les bords granulent et ses bourgeons charnus, se continuant avec ceux qui recouvrent le testicule, forment une membrane végétante continue dont la surface diminue, se

KONGUS SUPERFICIEL. Ui

rétracte et attire conceiitriquement les enveloppes scrotales. C'est ainsi que la glande s'entoure de nouveau de ses tuniques. Au bout de trois mois il ne reste plus, comme vestige de cette hernie de l'organe et de cette végétation de l'albuginée , qu'une cicatrice de la peau et une adhérence de la face profonde de cette cicatrice avec le testicule. A ce moment s'arrête notre observation.

Nous venons de décrire la forme extrême du fongus superficiel , celle où le testicule hernié et son albuginée végétante constituent le fongus. C'est la variété si bien décrite par Deville qui, trop exclusif, n'admettait qu'elle et seulement chez les tuberculeux ^ Mais le fongus superficiel peut encore exister sans l'issue de la glande hors des bourses. La gomme de l'albuginée s'élimine alors par une perte de substance de moindre étendue ; puis, des couches profondes de la membrane s'élèvent des bourgeons qui, après avoir franchi l'orifice cutané, s'épanouissent sur les téguments. Les lames externes de l'albuginée sont détruites ; mais il en reste au-dessous ; du moins la glande ne semble pas ouverte , tant les lésions sont superficielles.

L'évolution clinique à laquelle nous avons assisté nous paraît mettre hors de doute la nature et la pathogénio de notre première variété de fongus

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