ATROPHIE DU TESTICULE. I W
de diagnostic est demeuré inefficace. Une recherche attentive des accidents syphilitiques et l'emploi du traitement mixte ne seront jamais négligés.
On le voit, lorsque quelques-uns des caractères propres à l'orchite scléro-gommeuse font défaut, il est malaisé de conclure avec certitude. 11 faut alors passer en revue la plupart des tumeurs du testicule de marche chronique et, au heu d'arriver directement au diagnostic, on prend un chemin détourné, peu certain, dont le jalon le moins infidèle est encore « l'exploration par l'iodure de potassium ». Ajoutons qu'il sera. toujours permis , lorsqu'une hydrocèle abondante rendra difficile l'examen de la glande, d'évacuer le liquide par une ponction préalable.
L'atrophie est la terminaison habituelle du sarcocèle lorsqu'une intervention opportune n'a pas arrêté le processus cicatriciel de l'orchite sclérogommeuse. Est-il possible, lorsqu'on se trouve en présence d'une lésion semblable, de reconstituer son histoire et de déterminer son origine ? Oui dans un certain nombre de cas. Le testicule acquiert en effet une dureté caractéristique ; on dirait un noyau fibreux appendu au canal déférent et perdu dans des bourses trop larges. Dernièrement nous avons vu, chez un malade de l'hôpital de la Charité^ une glande de la grosseur d'une petite noisette et d'une grande résistance ; sur la cuisse on retrouvait les stigmates d'une
loO DTAGNOSTIC.
vérole ancienne. M. Parrot n'hésila point à porter le diagnostic de syphilis congénitale; M. Fourni er fut du même avis. En général, les atrophies consécutives au traumatisme, à la métastase des oreillons, au rhumatisme, au varicocèle, ne s'accompagnent pas d'une semblable dureté ; au heu d'être déprimée par des travées cicatricielles, l'albuginée est comme ridée sur son contenu atrophié.
La gomme suppurée du testicule a dû être confondue bien souvent avec la tuberculose de cette glande. L'erreur était d'autant plus facile que des syphiliographes tels que Ricord niaient résolument la suppuration des testicules syphilitiques, et que d'autres, comme M. Fournier et comme M. Gosselin, avouaient ne pas connaître d'exemple de ramollissement et d'évacuation du foyer caséeux. Cependant, nous croyons que le diagnostic est possible et qu'il est même assez facile, du moins dans la majorité des cas.
Lorsqu'un gros testicule, indolore jusqu'alors, devient le siège de souffrances vives, qu'une bosselure , formée vers la partie antérieure , adhère aux téguments rougis et enflammés, qu'une ulcération se fait par où s'échappent, avec un peu de matière puriforme, des masses jaunâtres
TUBERCULOSE ET f.OMME SUPPURÉ|E. 131
semblables à de la filasse mouillée ou au bourbillon de l'anthrax, il ne serait plus besoin à la rigueur de rechercher les antécédents du malade et d'éprouver, par le contrôle du traitement, la certitude du diagnostic. Ce simple examen suffirait; c'est bien d'une gomme suppurée qu'il s'agit.
Tout autre, en effet, est l'évolution de la tuberculose génitale. D'abord, si le gonflement de la glande n'est pas tel qu'une analyse de ses parties constituantes soit encore possible, on trouvera que le maximum des lésions existe dans l'épididyme. Or, pour la gomme syphilitique, les altérations siègent surtout dans le testicule, etl'épididyme, lorsqu'il est pris, l'est en général beaucoup moins. L'adhérence des téguments, leur inflammation et la perte de substance consécutive ne se font que fort rarement en avant du scrotum dans la tuberculose : lorsqu'une fistule s'ouvre en ce point, on en compte déjà plusieurs en arrière et en bas au niveau de l'épididyme. C'est encore là un signe important, car, d'après nos observations, la gomme s'évacue par un orifice correspondant au bord antérieur du testicule. Nous ne prétendons pas affirmer qu'on n'a pas rencontré ou qu'on ne rencontrera pas de fistule syphilitique ouverte en arrière ; mais ces faits demeureront exceptionnels.
Du reste, la matière puriforme du foyer tuber-
DIAGNOSTIC
culeux n'a rien de commun avec le boarbillon du syphilome. Parfois, au début, elle est d'apparence phlegmoneuse, puis devient plus séreuse et entraîne avec elle de petits grumeaux qui s'écrasent facilement. En quoi cette substance ressemble-telleaux filaments enchevêtrés de la gomme, qu'on ne saurait mieux comparer, avons-nous dit, qu'à de petits pelotons de filasse mouillée? Il est vrai que lorsque l'évacuation est complète, on ne peut plus compter sur ce signe pour établir le diagnostic. Mais des bourgeons charnus, en se développant, donnent naissance à un fongus dont nous avons déjà indiqué les caractères.
Ces signes seront en général suffisants. L'examen des organes génitaux, la recherche de la diathèse, le traitement antisyphilitique, viendront confirmer ou infirmer le diagnostic. Dans lasyphihs le cordon et la prostate sont exceptionnellement atteints. Au contraire, rien n'est plus fréquent que leur altération dans la tuberculose. Parfois même l'appareil urinaire est infiltré, et sa dégénérescence se révélera par des symptômes qui rendront plus nets les traits du tableau. Les onctions mercurielles, l'emplâtre de Vigo, l'iodure de potassium à haute dose, amèneront une cicatrisation prompte , tandis que ces substances demeureront à peu près sans effet sur les ulcérations de la tuberculose. Enfin on trouvera souvent chez le malade des manifestations syphilitiques ancien-
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nés OU récentes, ou bien, lorsqu'il s'agit de tuberculose génitale , les vestiges d'une scrofule antérieure.
C'est encore à ces signes que l'on reconnaîtra la nature des fistules syphilitiques. Il est en outre certains caractères qui en feront soupçonnerl'origine : d'abord leur situation en avant du scrotum dans la région qui correspond au testicule proprement dit. Dans une observation de Ricord où la gomme s'était développée dans le tissu cellulaire qui environne l'épididyme, c'est encore en haut et en avant que venait s'ouvrir la fistule. Elle est en général unique, rarement double, tandis que la multiplicité des orifices est plutôt la règle dans les abcès tuberculeux. Enfin la fistule syphilitique est bien moins humide; son trajet est presque sec et l'on n'y voit pas suinter, comme dans les clapiers tuberculeux, une sérosité abondante mêlée à des grumeaux puriformes.
Nous avons admis deux variétés de fongus syphilitiques. Dans l'une, la glande s'est échappée à travers une perte de substance des enveloppes, et l'albuginée, mise à nu, végète et se recouvre de bourgeons. Dans l'autre, le testicule reste
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dans les bourses ; une gomme ramollie, — née dans l'épaisseur du parenchyme testiculaire, — s'évacue au dehors et le tissu fibreux qui l'enveloppe prolifère et granule. Les masses fongueuses, après avoir comblé la caverne, font hernie par la perte de substance, et l'on voit s'étaler, à la surface du scrotum, un amas champignonneux de volume variable.
La tuberculose peut aussi donner lieu à des tumeurs semblables, et nous devons distinguer les fongus syphilitiques des fongus tuberculeux, car nous ne signalerons que pour mémoire les cancers ulcérés : leurs masses, caractérisées par la rapidité de l'évolution, le volume, le sphacèle partiel, leurs hémorrhagies fréquentes et le liquide ichoreux qui les baigne, ne sauraient être confondues avec les bourgeons exubérants d'un fongus bénin du testicule.
Nous ne croyons pas que l'aspect seul du fongus suffise pour en faire reconnaître la nature. Nous ayons vu, dans le service de M. Ledentu, deux testicules végétant hors des bourses, l'un chez un tuberculeux, l'autre chez un syphilitique. Les bourgeons charnus du premier ne différaient que par leur vitalité; ils étaient pâles et décolorés. La membrane granuleuse chez le syphilitique était plus exubérante et de couleur rougeâtre. Ce ne sont plus ces bourgeons « poussant comme à regret » décrits par Deville sur le testicule phimique