‹ De La Syphilis Secondaire De La ConjonctiveChapitre 22 sur 34 · OBSERVATION XVI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVI

(Herter, Xliniscke monatsblätter [ur angenheilkunde, juin 1894, p. 200.)

Papule muqueuse syphilhitique de la conjonctive bulbaire.

H. L..., vingt-huit ans. Bonne santé antérieure, s’est infecté à la fin de septembre 1893. Le chancre préputial a guéri rapidement par un traitement spécifique. Néanmoins, au commencement de janvier, il se produisait sur tout le corps une éruption de larges papules. Cette manifestation nouvelle fut traitée par des injections profondes de salicylate de mercure d’1 gramme chacune,

Le 25 janvier, le malade ressentit une tension dans l’œil gauche, puis, dans la suite, photophobie et forte rougeur de la conjonctive. Malgré un traitement intensif, comme l’emploient les médecins miltaires, il vit survenir un catarrhe conjonctival intense, accompagné de quelques petites hémorragies sous-conjonctivales. Dès le 2 février il eut de la conjonctivite bulbaire.

Le 5 février on relève l’état suivant dans le Lazaret. Homme très fort, frais de visage; bon état général. À gauche du frein, derrièrele sillon balano-préputial, sur le feuillet interne du prépuce, on constate une cicatrice indurée de la grosseur d’un pois. Les glandes inguinales sont tuméfiées et indolentes ; la partie supérieure de la cuisse et le tronc sont semés de plaques rouge brun, larges comme une pièce d’1 pfennig. À droite, sur l’arc glossopalatin, il y a une plaque muqueuse qui est jaune gris et de la largeur d’un haricot. La conjonctive palpébrale de l’œii gauche est fortement rougie ; le corps papillaire est tuméfié, Profondément, sur le bord supérieur de la cornée, se trouve, plaquée sur la muqueuse, une élevure fortement injectée par les vaisseaux conjonctivaux voisins, ovale, large de 2 centimètres et haute d’1 centimètre. La surface de la papule dépasse d’1 millimètre et demi le plan conjonctival. Les bords sont escarpés, le limbe cornéen est

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légèrement envahi sans que la cornée elle-même soit touchée. La couleur de cette formation est rouge gris, et ne perd que fort peu du ton gris, quand on balaie avec un pinceau les détritus humides qui sont à la surface. Dans la couche superficielle, de nombreux petits vaisseaux circulent, sur lesquels se sont formées des hémorragies grosses comme la tête d’une épingle. La consistance de la petite tumeur est ferme et solide.

Il se présente une formation tout à fait semblable sur le bord inférieur et extérieur de la cornée du même œil. Cette nouvelle formation, grosse comme une lentille et un peu plus molle que celle qui a été décrite précédemment, s'arrête juste au bord du limbe cornéen. Ces deux productions se limitent sur la conjonctive du bulbe et n'empiètent pas sur le cul-de-sac. Les endroits correspondants de la conjonctive palpébrale n'offrent rien de particulier. Il y a une sécrétion muqueuse importante, et en plus un état d’inflammation insignifiant. La cornée, l'iris, etc., sont intacts. L'œil droit est normal.

On diagnostique : papules muqueuses de la conjonctive, et, le même jour, on commence à employer 5 grammes d’onguent gris en frictions. Le traitement eut un succès remarquable. Environ cinq jours après, les productions avaient déjà énormément diminué, et cette marche vers la guérison fit de si rapides progrès qu'au huitième jour de la médication les plus petites papules avaient disparu. Au quinzième jour, les plus grosses étaient également parties, sans laisser d’ulcération. On avait employé 65 grammes d'onguent gris. A leur place il ne restait qu’une légère injection des vaisseaux. Pendant ce temps, les autres manifestations s'étaient atténuées, de même que le catarrhe qui les accompagnait.

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OSERVATION X VII

(De Rothschild, Revue générale d'ophtalmologie, mars 1895.)

Syphilide papuleuse de la conjonctive prés du bord de la cornée, par H. de Rothschild, externe des hôpitaux de Paris,

Femme, vingt-six ans, bonne santé, devenue syphilitique au commencement de 1893. Pas de traitement jusqu’au mois de mars, époque à laquelle elle présenta une éruption papulo-squameuse sur la plus grande partie du corps. Une cure de pilules mercurielles et de bains de sublimé ne produisant pas d’amélioration, la malade entra à l'hôpital Broca, où elle fut d’abord soumise à un traitement par le protoiodure de mercure pendant trois semaines, sans effets sur la maladie cutanée. On prescrivit alors des pilules de phénate de mercure, et les syphilides, dont le corps était couvert, se trausformèrent en ce sens que les squames disparaissaient, laissant des plaques rouges irrégulièrement rondes, variant de la grandeur d’une pièce de 50 centimes à celle d’une pièce de 5 francs. C'est alors que, vers le milieu de septembre, la malade se plaignit de son œil droit; elle y éprouva une grande gêne, du larmoiement, mais peu de douleur. A l’examen on constata un léger catarrhe de la muqueuse palpébrale, et près du bord externe de la cornée, dans la conjonctive, une grosseur de couleur gris rougeâtre d’à peu près 2 centimètres de longueur, sur 1 em. 1/2 de hauteur, à bords escarpés et présentant une surface irrégulière, légèrement bosselée. Cette grosseur était couverte de nombreux petits vaisseaux, et entourée en haut et en bas dequelques gros vaisseaux conjonctivaux qui se dirigeaient vers l’angle externe de l'œil et s’y perdaient dans le eul-de-sac. Ajoutons tout de suite qu'un peu plus tard il s'est formé un second bouton, absolument pareil, au bord supéro-interne de la cornée, séparé du premier par une conjonctive, tout à fait saine. Les deux boutons, dont la

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consistance était assez ferme, s'étaient d’abord arrêtés au limbe, mais ils ont fini par s'étendre à la surface de la cornée jusqu’à quelques millimètres de son bord. À part le larmoiement et un léger catarrhe de la muqueuse conjonctivale déjà mentionnés, il n’y avait aucun symptôme d'inflammation ou de sécrétion exagérée.

Etant donné l’état général de la malade, on admit le diagnostic de papules syphilitiques.

A la sortie de l'hôpital Broca, traitement continué au dispensaire de L. de Rothschild à Berck : frictions mercurielles et iodure de potassium à l’intérieur,

A partir du 1% octobre, l’affection oculaire commença à s’améliorer ; la syphilide de l’œil diminua progressivement de volume, s’affaissa et prit une teinte tout à fait grisâtre. Cependant, à plusieurs reprises, lorsque la malade s’exposait au vent, elle reprenait son aspect primitif, se congestionnait, se vascularisait, de sorte qu’on se décida même à pratiquer une injection sous-conjonctivale de sublimé, qui d’ailleurs n’amena pas de bon résultat:

Le 16 novembre, retour à Paris. L’œil est encore congestionné, mais les papilles sont affaissées, avec une opacité de la cornée qui présente une certaine tendance à l’envahissement, sous forme de traînées opalescentes,

Quatre jours après, elle fut présentée à la clinique du D' Meyer. A l'endroit de l’affection décrite, se trouvait une tache grisâtre qui occupait la conjonctive et la cornée voisine. Avec un fort grossissement, on reconnaît que l’opacité est formée par une membrane très mince, qui recouvre la conjonctive et la partie périphérique de la cornée, comme un ptérygion sans plis et sous la forme caractéristique de celui-ci. Dans cette opacité, on voit un réseau de stries blanchâtres, irrégulièrement enchevétrées comme dans certaines formes de kératite infectieuse. La malade présentait encore de nombreuses taches de syphilis en partie squameuses, de couleur cuivrée, disséminées sur tout le corps, des papules syphilitiques près des commissures des lèvres, et une violente inflammation de l'oreille gauche qui était considérablement gonflée et le siège d’une sorte d’eczéma sécrétant.

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